Et si on définissait ce qu’est vraiment la pauvreté, avant de faire des plans

Dans ce domaine, Macron Premier tombe dans l’absurdité et le plus grande hypocrisie qui soit. Jusqu’à maintenant, aucune civilisation, aucun pays n’a réussi à éradiquer la pauvreté. Mais définissons ce qu’est la pauvreté ou voyons qui peut être considéré comme pauvre ?

Les définitions sont multiples mais si on veut les résumer en une seule phrase, on peut dire que « la pauvreté est la situation sociale d’un individu qui ne peut subvenir à un minimum de prestations pour mener une vie décente ».

A cette vue, il faut évidemment ajouter que l’état de pauvreté se calcule selon les cultures et les régimes sociaux. Etre pauvre en Afrique ou en Asie n’a pas les mêmes conséquences qu’être «  pauvre » en Europe ou aux Etats-Unis, régions où l’on imagine mal cette notion tellement les pays sont «  riches ». Mais ayant roulé ma bosse un peu partout à travers cette planète, ne pas avoir toutes les facilités pour bien vivre est courant pour plus d’un milliard de la population mondiale. Se trouver au fin fond du Kenya, de la Bolivie ou de la Malaisie est vivre une expérience que même en France on a du mal à trouver. Sans ressources, pas d’eau courante, pas de toilettes, pas de lit, juste une tôle sur la tête pour la nuit, paraît comme un cauchemar à nous privilégiés du monde occidental. De plus aucune prestation sociale ne vient apporter une aide à ces familles totalement démunies.

Nous sommes loin de cette misérable situation en France même si les camps de migrants apparaissent comme des plaies géantes dans notre culture. Mais les associations sont là pour apporter réconfort et nourriture.

Pourtant la «  misère » est présente mais souvent dissimulée par les autorités. Dans nos villes, nos banlieues, nos villages, survivent des familles qui ne connaissent que les privations et la précarité. Arrivées vers le 20 du mois, les comptes sont vides et on se serre la ceinture pour arriver jusqu’au prochain versement soit salaire, soit aides sociales.

Mais dans cet état des lieux, il apparaît beaucoup plus difficile d’accepter une telle situation en France qu’en Bolivie ou en Tanzanie. Pourquoi ? La raison majeure de cette cassure est que le «  pauvre » chez nous est entouré, exposé à milles tentations. Il voit autour de lui des magasins qui débordent de marchandises, s’entend proposer par la publicité mille offres de technologie qui ne peut que soulager son quotidien. Mais il n’a que les yeux pour regarder car ses poches sont vides. Alors les jeunes sont tentés de se servir gracieusement dans les rayons quand l’opportunité se présente.

Je parle par expérience car pendant la guerre, en 1942, habitant gamin le quartier de Ménilmontant, nous formions dés six ans, des gangs pour partir à la recherche de bouffe et de bois pour se chauffer l’hiver. Ma bande dirigée par un certain Mark repérait l’arrivée de nourriture dans les magasins vides et  en nombre nous abordions la boutique permettant ainsi par cette divergence, à quelques uns d’entre nous de piquer des œufs ou des légumes. Puis on se dispersait comme des moineaux sans être pris, la police étant plus occupée à s’intéresser aux juifs qu’à nous. Un incident montre comment nous devions nous débrouiller pour se procurer ce qui nous manquait et que l’on ne pouvait acheter. Ma mère était seule à élever quatre garçons et n’avait pas grand chose à nous donner. Un jour, sur le boulevard de Belleville, nous avions repéré une charrette tirée par un cheval efflanqué. Sur la remorque, des sacs de charbon. Mark prit un couteau et courant derrière, éventra plusieurs sacs. Le charbon se répandit sur la chaussée et tels des rapaces, nous nous jetâmes sur les morceaux au sol. Le conducteur tenta avec son fouet de nous chasser. En vain ! Je rentrai chez moi avec 4 à 5 morceaux de charbon roulés dans mon maillot. Ma mère ne me dit pas un mot sur la propreté du vêtement mais me félicita d’avoir rapporté de quoi nous réchauffer.

La pauvreté et le manque de marchandises nous poussèrent à devenir délinquants. Je ne justifie pas cet état d’esprit mais il faut étudier la situation avant de condamner.

Or la Banque mondiale décrit la pauvreté comme suit :

La pauvreté, c’est avoir faim. La pauvreté, c’est être sans abri. La pauvreté, c’est être malade et ne pas pouvoir voir un médecin. La pauvreté, c’est ne pas pouvoir aller à l’école et ne pas savoir lire. La pauvreté, c’est ne pas avoir de travail, s’inquiéter de l’avenir et vivre au jour le jour. 

La pauvreté a de nombreux visages. Elle change de lieu en lieu et avec le temps. Elle a été décrite de maintes manières. Le plus souvent, la pauvreté est une situation à laquelle les gens veulent échapper. La pauvreté est donc un appel à l’action – pour les pauvres comme pour les riches –, un appel à l’action pour changer le monde pour que beaucoup plus de gens aient assez à manger, un logement décent, accès à l’instruction, à des soins de santé et à la protection contre la violence, ainsi qu’un mot à dire par rapport à ce qui se passe dans leur collectivité.

Autre définition : La pauvreté est « l’état, la condition d’une personne qui manque de ressources, de moyens matériels pour mener une vie décente » (Trésor de la langue française).

Enfin vue par le Quart Monde : « La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins grave et définitive. Elle conduit le plus souvent à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle tend à se prolonger dans le temps et devient persistante, qu’elle compromet gravement les chances de reconquérir ses droits et de réassumer ses responsabilités par soi-même dans un avenir prévisible . »

Se battre pour éliminer la pauvreté a toujours été une intention généreuse de nombreux dirigeants. Les écrivains qui ont touché au sujet en promettant des mondes meilleurs avec leurs idées sur ce que pouvait être une «  Utopie » sont à ramasser à la pelle. Votre auteur a lui aussi caressé ce projet avec «  Caltécor 5127 » publié en 1978 à Paris ( Pensée Universelle). Dans sa recherche il incluait l’idée du «  revenu universel » cher à Hamon.

Macron notre prince touche à tout, croit, de sa parole magique, faire disparaître la précarité donc la pauvreté de notre pays. Il a même dit qu’à la fin de 2017, plus personne ne dormirait dans les rues. On est loin du compte !

Mais pour sa pensée unique, la «  dèche » ne peut s’effacer que si chacun se prend en main, trace un parcours dans le monde du travail, de l’innovation et que finalement chacun devrait devenir son propre patron en créant son emploi. Cette solution qui s’implante peu à peu dans l’esprit des Occidentaux (ex USA où chacun rêve de créer son entreprise) peut réduire le niveau de pauvreté à condition que au niveau de l’éducation, cette nouvelle notion de revenus soit inculquée dans la tête des élèves. Si elle apparaît évidente en Amérique, on en est encore loin en France car la recherche du bien être de l’existence ne peut se trouver que dans la garantie de son poste, éloignant au plus le risque possible de se lancer dans le vide entrepreneurial.

Mais pour équilibrer la répartition des richesses, Macron a choisi de récompenser uniquement ceux qui réussissent. Privilège aux privilégiés car seuls ceux-là méritent sa considération.

C’est le tort de Macron car beaucoup ont besoin d’un sacré coup de pouce soit par des encouragements, soit par des aides sociales, soit par une simplification des freins administratifs pour s’extraire du niveau de pauvreté. Or Macron a pris le chemin inverse dû à son éducation et à sa propre expérience qui l’a conduit à être élu le plus jeune président de la Ve République. Alors il brandit dans ses discours une panoplie de mesures qui ne peuvent toucher qu’une faible proportion de la population : d’abord les riches, les chefs d’entreprises, les innovateurs qui percent, les hautement éduqués qui se casent dans des postes élevés, les artistes (pas tous) et l’exemple de ces jeunes banlieusards qui sortent du 93 en tapant dans un ballon va nous être collé sous le nez si la France gagne la coupe du Monde. Pour Macron, il se roulera dans ce succès, en fera son credo et finira par nous culpabiliser si nous n’y arrivons pas. On comprend alors pourquoi un match de foot passe avant cette préoccupation. Macron préfère la victoire au dépotoir de la misère. Il ira à Saint-Petersbourg plutôt qu’à Nantes ou Saint Denis !

D’où délai du sujet : les pauvres peuvent encore attendre, pas les footeux !

Macron l’a répété : si l’on est pauvre, c’est qu’on ne fait rien pour s’en sortir et nous sommes responsables de notre sort.

Sans compassion, avec mépris, Macron a déjà classé les Français selon leur degré de réussite : d’un côté les bons à soigner et de l’autre côté les mauvais ceux qui méritent l’Enfer. On se retrouve dans l’ambiance Moyen-Age où à la droite de Dieu Macron, les bons qui sont au Paradis et à gauche, les méchants qui brûlent dans les flammes. Quel retour en arrière pour notre civilisation, jamais je n’aurais pensé me retrouver dans cette situation sociale abjecte !

André Girod

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21 Commentaires

  1. Peut-être que se prendre en main serait possible si notre monde du travail n’était pas aussi codifié et verrouillé.
    Quel que soit l’emploi il est nécessaire d’avoir un contrat et de faire des tas de déclarations, ce qui a tué beaucoup de petits boulots qui de toute façon ne sont plus compétitifs face aux aides et allocs .

  2. « A chacun selon ses besoins »… Vieille formule…
    Les besoins de la Sté de Cons..ommation explosent !
    L’Etat a trouvé la recette ! La Redistribution (780 Mds, 36 % du PIB…)
    Offre et demande de travail ? Terminé ! Technique, compétence, formation.
    « Avance des Réalités sur les Mentalités »
    Salauds de Pauvres ! Chacun le deviendra… question de temps…

  3. Et pourtant des pauvres,des démunis des déshérités, des miséreux, des précaires, des sans dents, des moins que rien, ont traversé toute l’histoire de l’humanité de Clovis à Zola, de Victor Hugo à Charles Dickens ou Michel Houellebecq. Ces pauvres qu’ont met en avant servent de caution solidaires pour justifier pourquoi le système vous plume en silence.

  4. Parfaitement d’accord avec votre brillante analyse. Si Jupiter pouvait la lire il sera sûr de ne pas mourir ou finir idiot à défaut d’etre Pauvre et précaire. Aux antipodes de ces deux qualificatifs il me semble incapable comme bcp de chefs de comprendre votre analyse.

  5. Ne pas confondre pauvreté et misère. je suis résident à Madagascar depuis vingt ans et si nos politiques et penseurs voyaient ce qu’est la misère ils penseraient autrement. Quand on dit que des gens n’ont rien ici, c’est vraiment rien ! Aucun rapport avec les pauvres de l’occident qui auront toujours de quoi manger et récupérer des fringues par les associations. Mais en faisant entrer des millions de pauvres d’ailleurs cela va les soulager temporairement en en créant de nouveaux, les autochtones

    • N’ont qu’à se recadrer le gland! Dès que faire se peut vos chérubins sont rattrapés par une natalité incongrue, stérile! N’importe quel reportage en Afrique vous mets en condition de réceptivité sociologique! Des gosses partout… sa pullule du feux de Dieu et rien à bouffer sauf tendre sa sébile aux blancs! Ils sont responsables de leur état! Pascale Sevrant disait fort justement: l’Afrique creuse sa tombe avec sa bite (A méditer)

      • Joël: en voilà de bien belles paroles, j’ai toujours penser que ceux qui enfantes doivent s’en donner les moyens et assumer leurs actes être responsables ce qui n’est pas le cas de beaucoup de procréateurs intensif !!!!!..

    • j’ai vu des malgaches trimer comme des bêtes de somme dans les champs, et toujours avec le sourire!
      il ne brulent pas les voitures, les commerces et encore moins les bibliothèques!

  6. Abjecte est bien le mot,le monde que nous codifie,cette tete pensante de Macron,est bien l’avenir que je decris tres souvent,face a cette mondialisation,ou NOM,tout est fait pour que dans un avenir tres proche les pauvres se foutent sur la gueule,comme si les plus que pauvres en France avaient besoin,de voir tout cet assistanat,deverser,seulement au nouveaux arrivant,qui n’on jamais rien fait chez eux,,le francais n’a rien compris,le collabo d’aujourdh’ui,sera le pauvre lui aussi de demain.

  7. la pauvreté en afrique c’est le problème des africains, deja occupons nous des vrais Francais dans la misère et la pauvreté, on balance assez de fric dans ce continent de merde pour enrichir quelques « emirs, présidents a vie ou rois, qu’ils se déméerdent, nous on a nos démunis a nous bien Frncais qui eux ne foutent pas la merde partout, ne protestent pas et souvent qui bossent eux!
    alors les africains demerdez vous et reprenez vos dechets qui débarquent chez nous a pleins rafiots pourris.

    • Tout à fait!!! Ils ne cessent de faire endosser la responsabilité de leurs tares à la Blanche Europe! C’est à dire là où il y a de la production de richesse fruits de travail et de rigueur! Les Africains ne sont que des cueilleurs et non des bâtisseurs! Ce sont des peuplades fertiles de gens fatigués frustrés de leurs incapacité à apprivoiser la nature! Ils savent ce qu’ils valent et viennent se faire prendre en charge avec l’aide de qui vous savez(…)

  8. le freluquet crétin qui prétend pouvoir éradiquer “la pauvreté“ (avec un vaccin ?…) est frappé de la même imbécillité que celui qui a décrété l’idiotie « Liberté.Egalité.Fraternité.“

    l’un et l’autre n’ont rien pigé à la race humaine (cette pourriture, cette erreur de la nature).

    Cioran, au secours !

  9. Votre billet m’incite à vous raconter une petite histoire :
    Frais émoulu d’une grande école d’ingé,j’ai pu devenir membre d’un golf parisien huppé.
    Après qq temps et connaissances, le baratin du « bar du commerce » a eu lieu après quelques bières bien méritées et nous partions sur des considérations politicosociales.
    C’est alors que l’un d’eux me dit : « les pauvres, faudrait tous les tuer ».Ourf, dur à entendre alors que je devais avoir 26 ou 27 ans !
    Maintenant que j’en ai 60 c peut être vrai

    • Je crois que celui qui vous a dit ça était probablement le père putatif du maqueron, où l’un de ses « frères »…..

  10. Il mange du riz et des platanos à satiété, et des pattes de poulet 3 fois par semaine. Son horizon dépasse à peine le lendemain. Et si on lui vole sa moto (son outil de travail), il tombe encore plus bas .
    La 1/2 de sa vie les pieds dans l’eau dans sa propre maison ! Ca c’est la pauvreté ! Les riches là bas sont aussi riches qu »ici, et il a une vieille TV pour voir toute cette richesse dont il n’aura jamais rien. Pauvre en France, c’est super riche en RD. Pauvre en RD, ça c’est la pauvreté!

  11. Mon copain Miguel , motoconcho a San Cristobal, vit avec sa famille de 5 personnes dans une baraque de 30 m2 de parpaings bruts et tole ondulée, qui lui coûte un tiers de ses maigres gains. A chaque grosse pluie, disons une fois par mois, il a 8 cms d’eau dans sa maison. Electricité peu chère, mais maxi 2 heures par jour, eau courante intermittente, pas d’assainissement. Absolument zero aide sociale, ni aide au logement, ni chomage, ni retraite , ni couverture santé, rien.

    • Rien? NON!! Il a engrossé sa femme au moins trois fois sous sa tôle ondulé non? Moi je connais de belles femmes Françaises Blanches qui n’osent pas faire d’enfants du fait de se savoir dans l’impossibilité de leur offrir un avenir décent!! C’est ça la différence entre une Européenne émancipée et une matrone! Elle pouvait s’arrêter à 1 gosse NON???? C’est mieux la misère à 5 sans doute! Allez… des excuses!

  12. La pauvreté en France ? Quelle blague! En France les pauvres ont la télé, des téléphones portables, mangent trois fois par jour, ont la CMU c’est à dire une couverture santé intégrale gratuite, les restos du coeur, les transports gratuits, des revenus sociaux garantis , des logements décents subventionnés , des allocations pour les gosses, école et livres gratis, etc etc, etc la liste est infinie. Allez donc faire un tour en république dominicaine pour comprendre ce qu’est la vraie pauvreté.

    • FAUX!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! De toutes façons, nous n’avons pas à être comparés à des populations extra Européenne! Nous en France et en Europe, nos ancêtres ont par leur travail fait de la France et l’Europe un jardin pour que leurs enfants puissent continuer de la sorte envers leurs progénitures! Avec un QI de 100 les Européens ont bâtis le monde Blanc! Vos Dominicains on s’en tape!

    • Parfois la pauvreté nous oblige à nous sortir les doigts , hélas si je prends toutes les choses que vous avez évoquées dans votre commentaire , ça ne favorise pas l’envie de se dépasser . La pauvreté en France n’est pas une fatalité . Quand on a du courage et de la dignité on arrive parfois à s’en sortir mais tout cet assistanat est un frein à l’envie d’avoir envie .

  13. La pauvreté, c’est prioritairement celle des citoyens français qui devraient faire l’objet de toutes les attentions et de toutes les mesures d’urgence dont ils sont actuellement privés au seul profit des envahisseurs choyés par nos politiciens véreux…

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