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Et si on enseignait l’histoire à l’école ?

Les Blancs rougissent de honte devant toutes les horreurs qu’on leur raconte sur les colonisations, l’esclavage, les conduites peu charitables de leurs ancêtres en Afrique et ailleurs. Vivant richement sans toujours devoir se fatiguer, ils voient le contraste entre leur existence et celle de tous ces malheureux colonisés et esclaves qui ont dû se tuer au travail pour que eux, Blancs, puissent se la couler douce… et ils ont honte, veulent réparer les crimes de leurs ancêtres. 

Ils croient que leur vie facile a été celle de l’Européen depuis et grâce justement à l’esclavage, à la colonisation. Ainsi, quand on parle de l’esclavage à l’école, on se limite trop souvent à la traite atlantique et on « oublie » que l’esclavage est permanent depuis des milliers d’années.

 

L’histoire n’a pas commencé au XVIe siècle ! Observons l’évolution extraordinaire qui a mené l’humanité des guerres perpétuelles, de l’esclavage, des famines et des épidémies à une paix – certes relative – qui nous permet une vie digne et intéressante. Cette vie digne où chacun a ou devrait avoir droit à l’enseignement, aux soins de santé, au minimum pour vivre… n’est pas possible depuis bien longtemps et c’est l’Occident qui, le premier, a décidé de mettre fin à l’esclavage.

Lisez Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell. Ce livre nous raconte la vie réelle, vécue par l’auteur, à cette époque où « le colonisateur criminel » était censé piller, tuer au travail les malheureux colonisés et je dois bien dire n’avoir jamais entendu parler, pour l’Afrique, d’une vie aussi horrible, indigne que celle menée par Orwell et des centaines de milliers d’autres Parisiens, Londoniens, habitants de grandes villes européennes, à la même époque.

À l’époque d’Orwell – il y a moins d’un siècle – il n’y avait ni aide sociale ni allocations de chômage ni écoles gratuites pour tous. Faute de nourriture convenable et suffisante, de soins médicaux… le pauvre était laid et tordu, pouvait mourir de froid ou de faim dans l’indifférence générale. C’était l’époque où les colonisateurs tant critiqués osaient faire travailler les colonisés, se montrer peu intéressés par leurs besoins spécifiques… dans l’indifférence générale.

Un jeune Occidental qui apprendrait à l’école qu’il a une chance inouïe de vivre maintenant serait reconnaissant à ses ancêtres qui ont tant travaillé, continuerait leur œuvre en se formant le mieux possible. Un jeune de pays actuellement en difficulté serait déterminé à devenir un « ancêtre » puisqu’il apprendrait que l’évolution est possible grâce au travail et aux richesses extraordinaires présentes sur et sous la terre, et ceci particulièrement en Afrique. Cette évolution ne sera pas facile – dans beaucoup de pays d’Afrique les gens intelligents et entreprenants sont tués, emprisonnés ou doivent fuir – mais elle est possible, elle commence.

Oui, enseignons l’enchaînement des évènements, enseignons  toute l’histoire, pour que non seulement les élèves se fassent une idée du chemin parcouru – chemin parcouru grâce au travail – mais pour qu’ils se rendent surtout compte de ce que rien n’est définitivement acquis et qu’ils ont des efforts à fournir. Ces efforts leur donneront une réelle dignité et un vrai bonheur de vivre. Et, à ceux qui veulent se renseigner, je suggère la lecture du livre de Kakou Ernest Tigori, L’Afrique à désintoxiquer. Sortir l’Europe de la repentance et l’Afrique de l’infantilisme.

Mia Vossen