1

Et si Zemmour était une chance pour Marine ?

« Marine Le Pen est de gauche. Tous ses réflexes sont de gauche. Elle l’est beaucoup plus que certaines personnes au Parti socialiste ».

Ainsi Zorro avait-il imprimé sa marque en 2017.

Amertume d’un souverainiste déçu par une colonelle préférant la tactique à la stratégie pour faire oublier les rodomontades et dérives du vieux cyclope ?

Dédiaboliser un parti sulfureux pilonné par la vindicte politico-médiatique n’était pas gagné d’avance. Mais ratisser large est un risque majeur pour la vraie droite. Giscard puis Sarko l’ont appris à leur détriment. On ne gagne pas une voix chez ses adversaires, mais on en perd beaucoup chez ses partisans. Surpris, irrités puis désabusés.

À la différence des gauchards, en désaccord sur tout mais unis pour conquérir ou confisquer le pouvoir, les patriotes ont des principes. Et s’accommodent mal des petits arrangements entre amis, ennemis de la veille.

Mais s’il s’agit de promouvoir une image, qui va l’emporter de l’être ou du paraître ?

Du diable à la sainte en passant par ses diablotins

 Toutes les études sérieuses démontrent que, pour le grand public, le RN est perçu désormais comme un parti « raisonnable ». Presque semblable aux autres. Ses couleurs tranchées devenues de doux pastels, peut-on parler de perte d’identité ou simplement d’un habillage moins voyant de sa spécificité ?

En tout cas, bien peu de Français l’associent aujourd’hui au racisme, à l’antisémitisme et à la xénophobie. On doit un grand merci aux indigénistes et aux mahométans qui ont révélé le vrai visage de la haine. Comparés à ces énergumènes, les patriotes passeraient pour des centristes.

Encore moins de Français perçoivent dans le FN devenu RN un danger pour la démocratie. Cette formation a toujours respecté les institutions et les élections. Et ses membres ne menacent, ne molestent, ni n’assassinent personne. On ne leur reproche que des délits d’opinion « cousus main » réprimés par des commissaires politiques élevés dans les amphis trotskistes.

Quant aux compétences virtuelles de Marine, on se dit qu’il lui serait difficile de faire pire que Macronescu qui a ruiné le pays, ridiculisé par ses frasques la fonction  présidentielle, humilié la France à l’étranger, et porté gravement atteinte aux libertés publiques garanties par la Constitution.

Apparaître comme une candidate « normale », est-ce un avantage pour Marine ? Dans l’immédiat, pas encore. Les régionales ont prouvé que l’alliance des punaises rouges, des cafards verdâtres et des larves blêmes de la fausse droite tenait bon contre vents et marées. Mais à terme, entre détestations personnelles, procès en corruption et mesures délirantes, ces mariages contre-nature ont-ils un avenir ?

Pour vaincre ce bestiaire hétéroclite, elle a encore besoin de rassurer.  Et pour cela Zemmour dans la course à la présidentielle, adoptant un positionnement plus radical sur l’insécurité et l’immigration, la fera passer pour une candidate consensuelle.  Qui ne souffle pas sur des braises susceptibles d’enflammer un conflit ethno-religieux en comparaison duquel les guerres de l’ex-Yougoslavie passeraient pour de simples querelles de voisinage.

Cette crainte retient la main de beaucoup d’électeurs, exaspérés par la chienlit actuelle, mais trop pleutres pour se libérer de 40 années de matraquage télévisuel immigrationniste.

Néanmoins les édulcorants (sans jeu de mots) de Marine n’entament pas la perception de sa crédibilité sur  son aptitude à régler les problèmes qu’on dit pudiquement « de société ».

Ainsi sur la question de l’invasion migratoire, 21 % des Français croient que Macronescu pourrait agir pour l’enrayer, quand 55 % considèrent qu’elle ferait mieux que le dictateur en culottes courtes. Le différentiel est identique sur l’enjeu de la sécurité des biens et des personnes.

Sur ces thèmes, Zemmour affiche des scores légèrement supérieurs. Mais ceux-ci sont compensés par sa prétendue méconnaissance de l’économie. Les médias serviles lui font le même reproche qu’à Marine, quand Macronescu, lui, serait une pointure dans le domaine de la finance. Ce qui est vrai lorsqu’il sert ses amis.

L’autre handicap de Zemmour est sa réserve naturelle. Il n’a rien d’un démagogue. Flatter des masses incultes gorgées de propagande, débattre avec des imbéciles et faire des promesses en l’air ne doit pas être sa tasse de thé.

Or la populace qui confond débats politiques et matchs de catch considère courtoisie et argumentaire étayé comme des preuves de faiblesse.

Enfin, Marine et Éric sont dans les cordes lorsqu’il s’agit de l’Eurocrature. Entre la soumission aux gnomes de Bruxelles, à leurs diktats et leurs tribunaux, et filer à l’anglaise, il y a une multitude d’options. Pas besoin de jeter le bébé avec l’eau du bain. Après avoir dénoncé Schengen, on peut conserver les accords qui fonctionnent dans le domaine économique, technologique et culturel, et poser des ultimatums pour modifier les dispositions défavorables à la France. Assortis d’un bref délai à l’issue duquel on claquerait les portes. L’une après l’autre.

On aimerait que nos héros soient plus diserts sur ces sujets. Car quoi qu’en disent les juristes de fête foraine, un État a toujours l’option de dénoncer unilatéralement les traités désavantageux. On ne peut le contraindre à s’y soumettre que par la force. J’imagine mal la comtesse Ursula Von der Leyen à la tête de ses panzerdivisionen pour mater les rebelles.

Un bémol sur la dictature sanitaire

Difficile de comprendre la timidité de nos duettistes sur ce sujet-là aussi. Un boulevard s’ouvre à eux où ils pourraient déployer leurs blindés rhétoriques. Au lieu de cela, ils critiquent le conducator certes, mais dénoncent mollement ses crimes sanitaires et semblent avoir toujours un train de retard pour appuyer des mesures curatives efficaces. N’étant scientifiques ni l’un ni l’autre, ont-ils peur de se tromper ? Pourtant, pas besoin d’être Ph. D pour trier les infos, observer les dégâts d’une politique de Gribouille sur la santé et le moral des gens, et  exposer des solutions de libre choix, respectant les dispositions du Code de la santé français et du Code international de Nuremberg.

Bien modestes sont leurs protestations contre la séquestration arbitraire à domicile, les ausweis, les couvre-feux et les muselières, les amendes illégales, avanies provisoirement adoucies en rappelant que ça peut reprendre à tout moment, puisque les pouvoirs paranormaux du conducator et de ses séides leur permettent se savoir plusieurs mois à l’avance ce qui va se passer. Ils voient le retour des virus à travers les murs. Comme Greta voit et sent le CO2 dans les nuages.

Bien mesurée est leur indignation contre les décisions du pouvoir d’instaurer une discrimination entre les vaccinés (à leurs risques et périls, les labos dénient toute responsabilité !) et les réfractaires à la potion magique de Big Pharma qui n’auront le droit de sortir de chez eux que sous le contrôle strict de la milice, avec passeport intérieur, interdiction d’utiliser les moyens de transport en commun, interdiction d’accéder aux bars, cinémas, théâtres, restaurants, concerts et autres lieux de convivialité (comme les Noirs au temps de la ségrégation en Amérique ou de l’apartheid en Afrique du Sud) et interdiction d’exercer certaines professions (comme les Juifs au temps du Maréchal).

Bien légère est leur révolte contre la censure des médias et des réseaux sociaux, cramponnés à leur névrose vaccinatoire comme une tique au cou d’un chien. Qu’il serait grand temps d’extirper. Au besoin en arrachant quelques poils.

Car qu’adviendrait-il de ces propagandistes si la majorité de la population réalisait que le virus du pangolin n’est rien d’autre qu’une méchante grippe, comme on en a connu des tas avant. Et qui ne justifie en rien les mesures arbitraires de contrôle, d’humiliation et de racket dont sont exemptés les exogènes « sans papiers » entrés illégalement. Car parmi toutes ces tribulations, on n’oublie jamais d’appliquer la préférence étrangère, repentance oblige !

La prétendue prophylaxie sanitaire n’est qu’un leurre pour dompter un peuple considéré autrefois comme frondeur et à l’esprit critique trop développé, et lui faire accepter les mesures décidées par les nababs du Nouvel Ordre Mondial afin que Big Pharma puisse continuer à accumuler ses super-profits.

Ne relèvent pas des caprices d’un psychopathe immature, mais bien d’une volonté crapuleuse,  les interdictions sous diverses menaces de soigner les covidés avec des remèdes peu onéreux qui ont fait leurs preuves dans plus de 50 pays, sauf en France, comme l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine. Et naguère la promotion par la caste politico-médiatique d’un produit douteux comme le remdésivir (assonance de LREM + Désir Viril diraient des lacaniens)

Avec d’autres potions magiques, panacées et poudres de perlimpinpin, qui se succèdent en fonction de la créativité et de la pugnacité des publicitaires, et dont on oublie les noms sitôt entendus. Quant à l’ivermectine, on nie son efficacité contre la grippe pangoline en rappelant que c’est un antiparasitaire… Qu’on aurait déjà dû essayer contre les inutiles au pouvoir.

Pourquoi pas un partage des tâches ?

Le préalable des 500 signatures peut être un obstacle difficile à franchir par Zemmour car s’il a des millions d’aficionados parmi les téléphages avertis, on y compte peu d’élus locaux, clé de voûte de toute candidature. Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson auraient proposé leur concours. Quel est leur poids politique réel ?

Mais il ne manque pas de Machiavel de poche, chez les « en même temps » pour imaginer que permettre à notre polémiste favori de se présenter, au nom d’un pluralisme qu’ils détestent par ailleurs, serait un moyen de torpiller Marine.

Le calcul des vases communicants est trop simpliste. Quand deux candidats se disputent un créneau politique fermé, si l’un monte, l’autre descend automatiquement. À l’inverse, lorsque les candidatures sont plus complémentaires que concurrentes, tout l’espace politique visé peut se développer de façon protéiforme.

Zemmour a peu de chances de figurer au second tour, mais il peut contribuer à agrandir le territoire électoral des patriotes. Et être bénéfique à Marine pour la lutte finale, sous réserve de reports de voix corrects.

Je verrais bien Marine à l’Élysée pour prendre des grandes décisions, intérieures et internationales, insuffler des lignes directrices nouvelles pour redresser le pays. Rendre à la France sa place dans le monde, assainir les finances publiques en commençant par supprimer les subventions abusives et les aides sociales indues, mettre au pas les banksters et les eurotocrates.

Et Éric à Matignon pour mettre en œuvre rapidement des mesures efficaces pour neutraliser la voyoucratie, reconquérir les enclaves étrangères hostiles, fermer les frontières aux clandestins, expulser les perturbateurs et rappeler aux juges que leur job consiste à appliquer les lois, pas à les changer ou les accommoder en fonction de leur idéologie.

Christian Navis

https://climatorealist.blogspot.com/