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Et un soir de janvier, Macron présenta sa démission aux Français…

L’allocution fut solennelle, brève et claquante : « N’ayant réussi en rien, je repars à zéro ».
C’est en ces termes, appelés à rester gravés dans toutes les mémoires, que le président Emmanuel Macron présenta sa démission un soir de janvier.
Cerné par la contestation populaire, éclaboussé par les affaires, torpillé par ses accointances sulfureuses, le chef de l’État dut se résigner : il n’avait d’autre choix que rendre son tablier.
Et c’était parti pour de nouvelles élections.

Avec quelques surprises de taille au soir du premier tour :
– Embourbé dans l’affaire Chikirou, Jean-Luc Mélenchon, très loin de la formidable campagne réalisée lors de la précédente édition, se vit décerner un modeste 14 % qui le rendit fou de rage ;
– Jean-Christophe Cambadélis, sacrifié sur l’autel d’un PS à l’agonie, réalisa un score indécent et, le soir même, prononça la dissolution de son mouvement ;
– Éric Drouet, leader des Gilets jaunes et longtemps considéré comme challenger potentiel, vit fondre son capital sympathie après avoir signé un ticket avec Francis Lalanne ;
– Yannick Jadot, candidat écolo, se prit une veste monumentale pour avoir dû constater que l’énergie nucléaire générait beaucoup moins de CO2 que les centrales à charbon ;
– Avec ses 23 suffrages obtenus sur l’ensemble du territoire national, Philippe Poutou (NPA) se suicida en direct devant les caméras ;
– À l’inverse, François Asselineau (UPR), bien que n’ayant guère fait mieux, se déclara satisfait, l’essentiel pour lui étant de faire passer son message ;
– La candidature marginale et symbolique de Jean Lassalle n’était guère de nature à influer sur les résultats définitifs ;
– Nicolas Dupont-Aignan, en hausse constante dans les sondages, vit son audience décroître en fin de parcours, suite à une campagne de communication déficiente et trop lisse ;
– Laurent Wauquiez, longtemps donné favori de l’épreuve, vit sa candidature plombée par celle, dissidente, de Nadine Morano et échoua d’un cheveu pour la qualification au deuxième tour ;
– Marine le Pen, en dépit d’un précédent entre deux tours effroyable, réussit néanmoins à aimanter la grogne générale et termina très largement en tête du premier tour, se qualifiant sans problème pour la finale.

Finale qu’elle perdit.
Face à Emmanuel Macron, candidat à sa propre succession.
Toujours entouré de sa garde rapprochée, n’ayant pas perdu l’appui indispensable de ses parrains occultes, bénéficiant du matraquage subliminal et quasi-hypnotique de BFMTV sans oublier une oligarchie restée aux commandes du drone téléguidé, celui-ci, outre une abstention record des deux tiers des électeurs, l’emporta avec 53 % face à sa rivale.

Jacques Vinent