Etats-Unis : Pourquoi les médias seraient-ils moins soumis aux puissance d’argent qu’en France ?

Publié le 2 juillet 2013 - par - 773 vues
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A Pierre Lefranc qui a perdu la Foi.

http://ripostelaique.com/la-france-ressemble-a-la-decheance-de-rome-cest-foutu.html

Tout ce que vous dites est juste. Je suis d’accord avec tout. Sauf deux choses : l’origine des problèmes et le renoncement.

Vous avez écrit à des journaux américains, convaincu que vous vous adressiez là au Saint des Saints de la démocratie. Votre démarche, qui devait être faite, est estimable. Mais êtes-vous sûr que l’image que vous vous faites de la presse américaine n’est pas illusoire ? Que les discours grandiloquents sur la Démocratie et la Liberté correspondent à la réalité, et qu’ils sont mis en application par l’ensemble du monde médiatique américain ?  Pourquoi voulez-vous que les médias américains soient moins soumis aux  « puissances d’argent et de pouvoir » qu’ils ne le sont en France ? Ne  serait-on pas  même en droit  de penser qu’ils le sont plus, étant encore plus proches des très grandes multinationales qui pèsent de tout leur poids sur la vie économique et politique de la planète, avec des arrière- pensées dont le public n’a qu’une connaissance très parcellaire mais  déjà très inquiétante ?

pensee_unique3Les médias libres, c’est-à-dire indépendants, sont tenus, comme Riposte laïque, principalement par des bénévoles. Ils peinent à trouver des financements et une audience. Sans moyens, ils obtiennent des résultats remarquables. Mais ils ne  parviennent pas à contrer les médias de masse. Quel est le poids des contre-informations de RL sur la mort de l’antifa Méric, par exemple ?

Dans ma ville, une manifestation organisée par le comité « Ras’l’front » et ses acolytes, dont la LDH, le MRAP, Attac, EELV, le PCF, le Collectif citoyen musulman local, le NPA, la CGT, la CFDT, et beaucoup d’autres, ont manifesté jeudi en distribuant un tract titré « Stop à l’extrême-droite ! Stop à la haine et à la violence ! » avec un encadré : « le 5 juin 2013, des militants néo-nazis ont tué Clément Méric  18 ans, syndicaliste étudiant et militant antifasciste.  Ce meurtre nous indigne et nous révolte. »

Ces déclarations mensongères mériteraient de faire l’objet d’un procès en diffamation.  Mais en attendant, ce sont elles qui sont diffusées dans la population, et on le sait « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. »

Les grands médias sont depuis longtemps la propriété de grandes banques   http://archives.polemia.com/article.php?id=4771

Qui ont mis en application les principes analysés par Joly

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_aux_enfers_entre_Machiavel_et_Montesquieu

et encore (censément) développés par Chomsky

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-verschoore/011010/les-dix-strategies-de-manipulation-de-masse-noam-chomsky

( http://www.noam-chomsky.fr/a-propos-des-dix-strategies-de-manipulation-de-masses-faux-texte-attribue-a-noam-chomsky/ )

En fait, dans l’impossibilité de vérifier  l’information,  nous sommes tous des gogos  qui croient que les paroles correspondent aux actes et aux pensées. De plus, la contrainte de l’immédiat, ou la cupidité, font  oublier ou écarte le souci du long terme ou du bien commun. De sorte qu’avec une certaine naïveté, nous avons tendance à faire confiance à des gens dont il ne nous vient pas à l’esprit de nous méfier.

Par exemple, depuis la mort de Mitterrand en 1996, son cynisme et le caractère suspect de certaines morts qui se sont produites durant ses mandats sont sortis de l’ombre. Mais pas assez pour éveiller les anesthésiés de la gauche, tout juste dressés à brailler « la drouate, la drouate ! », et encore plus « l’extrême-drouate ! ».

L’idée d’une liberté de la presse est donc une illusion, déjà démontrée par Maupassant dans « Bel-Ami ». Elle ne tient que par le consensus moutonnier. Mais quiconque essaie de sortir du discours majoritaire, servant des intérêts qui ne sont pas forcément ceux du peuple, rencontre vite des obstacles, parfois infranchissables. Ce dernier  n’est même pas  le faire valoir de la liberté, car il fait la démonstration de son absence. Il doit donc être abattu.

Joly et pseudo-Chomsky montrent que le sentimentalisme est un des moyens les plus puissants pour la manipulation. Il se double d’un manichéisme divisant le monde en gentils et méchants. La foi en la République n’échappe pas à ce concept. Elle est réputée vertueuse et humaniste, pour avoir apporté « les Droits de l’Homme », qui sont : la Liberté, la Propriété, la Sûreté et la Résistance à l’oppression. Pourtant, elle les a tous violés, et s’est établie sur un bain de sang, avec des procédés immondes et barbares.  (Exemple :  l’accusation d’inceste de la Reine, le projet de « dépopulation » , c’est-à-dire de génocide, de la Vendée, décrit par Gracchus Babeuf, considéré comme « le père du communisme » publié par R Sécher : http://www.reynald-secher-editions.com/gracchus-babeuf-guerre-vendee-systeme-depopulation-p-61.html  ) De plus, elle a privé le peuple du droit d’association avec la loi Le Chapelier. Il a fallu un siècle pour le lui restituer…

Donc, s’indigner du caractère moutonnier des hommes – voir « La ferme des animaux » de Orwell , ou Baudelaire :

«  Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile, »

n’est pas très innovant, et  abandonner après deux ou trois (ou vingt) essais infructueux n’est pas très lucide ni très courageux.

Croire qu’ « en face », il n’y a que Hollande et consorts,  c’est avoir une vision très réduite des forces en présence et de leur pouvoir. Déjà sous la Révolution française, que Marx appelait « bourgeoise », pour indiquer qu’elle était une révolution de financiers et grands capitalistes déjà internationaux, la manipulation était le principal moteur. Aujourd’hui, alors que nous avons augmenté de toutes sortes de façons le pouvoir des banques supranationales –par exemple en répondant à la publicité célèbre « votre argent m’intéresse »- , cette manipulation en vient à menacer notre mode de vie, notre civilisation même.

L’objectif est de nous faire travailler et consommer, de tout payer, y compris l’air que nous respirons, pour qu’une hyperclasse mondiale, réduite à quelques poignées de personnes ayant en main la totalité du pouvoir financier, n’ait pour toute occupation que de savoir de quelle façon elle pourra utiliser des fortunes au montant inimaginable.  Comme dans « Métropolis » de Fritz Lang…

Le pape Benoît XVI a publié un texte sur le travail gratuit et la gratuité en général. La portée de cette démarche, qui m’a paru au prime abord incongrue, est au contraire essentielle.  Elle  explique que les attaques soient, depuis deux siècles et plus, centrées sur l’Eglise catholique.  Et que le pape n’est pas, comme le disait Montesquieu, « une vieille idole qu’on encense par habitude », mais un des rares susceptibles d’opposer une voix, de plus en plus faible, à ceux qui oeuvrent pour marchandiser l’homme et tout son environnement.  Même Jacques Philarchein y voit une entreprise satanique, c’est dire.

Nadia Furlan

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