Étude critique du lien de causalité dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi

La Méthodologie en science criminelle étudie les processus du passage à l’acte, les motivations et le lien de causalité dans le meurtre de Sarah Halimi. Les faux critères de causalité montrent le danger qu’il y a à attribuer une signification causale à des notions arficielles. En dernière analyse, ce n’est pas l’hypothèse elle-même, mais les éléments contenus dans la scène de crime qui sont la cause véritable du meurtre de Sarah Halimi. Lorsqu’il s’agit de déterminer des critères concrets de causalité, on gagne en compréhension si on fait l’analogie avec un problème logique, en l’occurrence celui de la relation, comme entre le crime et la mort, entre l’hypothèse supposée de la Bouffée délirante et le comportement criminel réel de Kobili Traoré.

Dans ce cas, l’hypothèse de la Bouffée délirante supposée n’a jamais mis en évidence de corrélation entre la cause supposée selon l’hypothèse de la Bouffée délirante et le comportement criminel observé. C’est pourquoi les critiques de l’hypothèse de la Bouffée délirante lui reprochent d’être purement imaginaire !

Aussi, des experts psychiatres, intervenant longtemps après les faits, ne se compliquent pas la tâche en inventant des critères de causalité supposée, comme l’hypothèse arbitraire de la Bouffée délirante.

C’est que le problème de l’hypothèse de la Bouffée délirante peut-être utile aux psychiatres parce que la non-causalité n’est pas facile à prouver par les juges de l’affaire du meurtre de Sarah Halimi. Pour établir la causalité, le juge doit forger une chaîne logique (association entre la réalité de la Bouffée délirante, lien causal direct et certain avec l’aliénation par l’obscurcissement total de la conscience dans le temps de l’action, et non artificialité de la maladie mentale supposée, vérifiée par l’évolution des troubles mentaux dans la durée).

Ce dernier point est affaibli par le fait que les psychiatres déclarent Traoré totalement sain d’esprit.

La question de la causalité du passage à l’acte criminel est affaiblie par le fait que les psychiatres sont incapables de rendre compte, d’abord de la réalité de la Bouffée délirante, ensuite de la réalité de l’aliénation mentale par l’obscurcissement total de la conscience de Kobili Traoré dans le temps de l’action. Malgré cela, pour établir la non-causalité, il suffit de démontrer l’absence de preuve de la réalité de la Bouffée délirante !

Le problème de la vérifiabilité et de la falsifiabilité de l’hypothèse de la Bouffée délirante est sûrement l’affaire des juges qui doivent tout mettre en œuvre pour faire réaliser les expertises de vérification-falsification par des spécialistes de psychiatrie médico-légale et de criminologie clinique. En fait, il est très difficile pour les juges d’établir un rapport causal avéré, entre le trouble mental et le passage à l’acte criminel de Kobili Traoré dans le temps de l’action, en l’absence de toute démonstration scientifique et sur la seule base de l’hypothèse non prouvée de la Bouffée délirante ayant soi-disant troublé l’esprit de Kobili Traoré dans le temps de l’action.

On lit, dans de nombreuses expertises psychiatriques, des affirmations de l’irresponsabilité pénale qui sont erronées. Certaines le sont parce que les psychiatres ont mal ou n’ont pas utilisé les faits sur la base des témoins directs du comportement criminel réel de Traoré, présents sur les lieux au moment des faits, cités par les enquêteurs. Et cela parce que les psychiatres laissent entendre l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, par la seule possibilité non prouvée de la Bouffée délirante, justifiée par la seule indépendance des experts.

Mais, dans la plupart des cas, l’erreur vient de ce que les psychiatres ont invoqué un faux critère de causalité. Et probablement parce que les affirmations de causalité de la Bouffée délirante sont plus faciles à alléguer qu’à démontrer. Et les juges leur accordent beaucoup d’attention, même quand elles sont fausses.

La conclusion selon laquelle la médiocre qualité des expertises psychiatriques n’est pas une cause de tromperie repose sur l’affirmation d’indépendance artificielle des experts. De nombreux facteurs souvent cités comme des causes ne sont en fait que des facteurs concomitants : Cum hoc ergo propter hoc, ce qui signifie, à propos de deux faits distincts, que en même temps où après que correspondrait à la cause, à cause de, en prétendant sans preuve que les deux faits sont corrélés de cause à effet. Il s’en suit que la possibilité non prouvée de la Bouffée délirante n’est pas une cause du passage à l’acte criminel au sens où sa disparition entraînerait une disparition de la délinquance de Traoré. D’après ce point de vue, cela signifie que l’hypothèse de la Bouffée délirante et la réalité du passage à l’acte criminel ne sont que deux phénomènes juxtaposés.

Pour prouver que l’hypothèse de la Bouffée délirante est la cause du passage à l’acte criminel, il faut montrer que leur association et leur concomitance ne sont pas artificielles, qu’elles sont en relation comme les effets et les causes. Comme la prise présumée de drogue de type cannabis a précédé manifestement le passage à l’acte criminel, le seul moyen légitime de prouver la causalité est de rechercher par des dosages de drogue de type cannabis des taux significatifs suffisants pour modifier le comportement. Quoi qu’il en soit, l’hypothèse de l’intoxication par une drogue de type cannabis comme cause du passage à l’acte criminel peut être suffisante sans devoir recourir en plus à l’hypothèse, à la possibilité non prouvée, de la Bouffée délirante.

Dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, les experts, qui ont retenu l’intoxication par une drogue de type cannabis comme cause possible du passage à l’acte criminel, ne semblent pas avoir démontré la réalité de la Bouffée délirante, ni même conclu explicitement à la causalité directe et certaine de la Bouffée délirante supposée, ni même tenté de prouver le lien de causalité par des arguments scientifiques incontestables.

Le meurtre de Sarah Halimi exige la critique de l’hypothèse de la Bouffée délirante aiguë provoquée par l’intoxication aiguë au cannabis. Dans la Bouffée délirante aiguë, cette notion de la psychiatrie française, l’éclosion du délire est soudaine, de manière polymorphe. Les hallucinations et les troubles du comportement sont présents dès le début. Le mécanisme est à base d’hallucination auditive ou psychosensorielle. C’est un délire variable en intensité d’un jour à l’autre. Si le délirant n’est pas confus, il conserve ses repères dans le monde extérieur. La Bouffée délirante aiguë entraîne des troubles de l’humeur et/ou une agitation maniaque.

La forme confusionnelle toxique due à l’intoxication aiguë par le haschich montre une désorientation spatio-temporelle marquée avec troubles de la mémoire et non-reconnaissance de l’entourage. Ce qui n’est pas le cas de Kobili Traoré qui a parfaitement identifié Sarah Halimi comme sa victime, et aussi les témoins qui étaient en bas de l’immeuble et avec qui il a conversé de façon logique, si on s’en tient à son état d’esprit criminel annonçant l’hypothèse du suicide de sa victime avant de la précipiter dans le vide. Ainsi, agitation et Bouffée délirante aiguë constituent deux syndromes différents, qu’il s’agit de définir séparément.

Dans le cas de Kobili Traoré, il est difficile de distinguer entre agitation sous l’effet de l’intoxication par le haschich et l’hypothèse de la Bouffée délirante aiguë car ces cas ne sont pas systématiquement associés.

La psychose aiguë toxique fait référence au fait de perdre tout contact avec la réalité. Les symptômes manifestes sont les hallucinations et le délire. Les symptômes d’une psychose aiguë toxique se résorbent au plus tard quelques semaines après l’arrêt de la consommation. Agitation et Bouffée délirante aiguë constituent deux syndromes indépendants. Même si une intoxication aiguë par le cannabis peut provoquer une agitation et/ou une Bouffée délirante aiguë, la plupart des hypothèses donnent souvent lieu à controverses, à cause de l’interprétation tardive des données cliniques rapportées par des tiers, ce qui peut mener à une argumentation faussée et à des conclusions erronées concernant la discussion du lien entre la consommation de cannabis et la Bouffée délirante aiguë. La similitude entre les symptômes de l’intoxication aiguë par le cannabis et de la Bouffée délirante aiguë entraîne parfois une erreur logique basée sur un raisonnement inductif par l’effet de l’analogie ou par un raisonnement fallacieux délibérément adopté pour des raisons purement idéologiques.

Dans le cas de Kobili Traoré, l’hypothèse du lien de causalité entre l’intoxication aiguë par le cannabis et la Bouffée délirante aiguë pose le problème que cette argumentation n’est soutenue par aucune évidence.

On a affaire à un argument fallacieux du type conclusion générale et hâtive, car la prise habituelle de cannabis cause un effet de tolérance durable chez les drogués appelé accoutumance, ce qui les protège des complications aiguës par le cannabis. Dans le cas des effets du cannabis, on peut formuler l’hypothèse que la consommation régulière de cannabis crée une tolérance aux effets psychogènes et a donc un effet protecteur.

Le problème posé dans la discussion médico-légale, sur lien entre la consommation de cannabis et la Bouffée délirante aiguë, est la confusion fréquente entre la corrélation ou la concomitance et la causalité.

Deux événements peuvent être reliés, corrélés, sans forcément avoir des rapports de cause à effet.

Cette confusion entre corrélation et causalité est favorisée par la notion de risque hypothétique. Un facteur de risque, comme une consommation importante de cannabis, crée un risque statistique de psychose.

Il indique qu’il y a un risque, mais il ne dit pas que le cannabis en serait la cause certaine, car c’est juste la capacité de prédiction d’un risque statistique de psychose. La consommation de cannabis fait prédire le risque de développer une psychose, mais ce n’est pas une certitude. Quoi qu’il en soit, le risque ne devient jamais automatiquement une réalité. La similitude entre les symptômes de l’intoxication au cannabis et de la psychose entraîne une erreur logique en partant de l’hypothèse contestable que le cannabis serait la cause certaine de la psychose aiguë toxique ou de la Bouffée délirante supposée dans le cas de Kobili Traoré.

La constance avec laquelle la causalité du cannabis est postulée pour tenter d’expliquer ou d’excuser le passage à l’acte criminel pose la question éthique des motivations idéologiques de certains experts.

Les rapports des experts psychiatres ne montrent pas que ce soit réellement à partir des faits qu’ils ont pu exposer leurs conclusions. Mais ils proposent seulement une explication hypothétique de l’intoxication par une drogue de type cannabis comme cause possible non prouvée du passage à l’acte criminel.

L’hypothèse, la possibilité non prouvée de la Bouffée délirante, n’est qu’un rideau de fumée tant que les experts psychiatres affirmeront que Kobili Traoré était totalement sain d’esprit au jour de leur examen.

Les rapports des différents experts psychiatres ne démontrent pas la réalité de l’aliénation mentale par l’obscurcissement complet de la conscience de Kobili Traoré dans le temps de l’action. C’est pourquoi la défense doit pouvoir établir aisément la non-causalité en dénonçant dans les rapports des experts psychiatres l’absence totale de preuve de la réalité de la Bouffée délirante dans le temps de l’action, alors même qu’ils ont examiné Traoré à distance des faits, un homme qui était totalement sain d’esprit au jour de leur examen !

De plus, enfin et surtout, and last but not least, les rapports des différents experts psychiatres doivent tenir compte du fait que Kobili Traoré était un consommateur aguerri et habitué à de fortes doses de drogue de type cannabis, ce qui doit faire mettre fortement en doute l’explication hypothétique de l’intoxication aiguë !

En clair, l’hypothèse de la Bouffée délirante signifie que seule la manipulation psychiatrique artificielle de la réalité permet de conclure de façon totalement arbitraire à la causalité de la Bouffée délirante imaginaire dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi. C’est dire que l’observation d’une association qui n’existe pas et qui n’a jamais existé pas entre les deux phénomènes, l’hypothèse de la Bouffée délirante et le meurtre de Sarah Halimi, n’est que le premier pas dans la recherche d’un lien de causalité qui n’a jamais été solidement établi.

Le psychiatre qui s’efforcerait de ne pas vérifier ces critères de non artificialité n’a pas un travail facile.

Comme le suggère la critique de la psychiatrie médico-légale, la voie la plus utile pour arriver à une meilleure analyse du comportement criminel est de se fonder sur le témoignage des observateurs, ceux qui ont été les témoins directs du comportement criminel réel de Traoré, ceux qui étaient là présents en personne sur les lieux au moment des faits. C’est la meilleure attitude médico-légale et psychiatrique, qui reste toujours possible si on veut s’appliquer à améliorer l’approche concrète de la causalité du comportement criminel.

Après cela, la thèse bienveillante de l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré tombe d’elle-même.

Thierry Michaud-Nérard

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7 Commentaires

  1. Cela parait invraisemblable que des assassins de cette sorte soient dans des hôpitaux psychiatriques. Les mauvais peuvent dormir tranquille car il y a de plus en plus de psychiatres, d’avocats et autres jean-foutres pour leur trouver des excuses et leur permettre de vivre aux dépens de notre pays. La méchanceté et le désir de meurtre trouve donc grâce aux yeux de certains ce qui va faire des émules à n’en plus finir.

  2. Merci pour ce trés bel article montrant la « fragilité » extrême des expertises psychiatriques fondées sur le mental du praticien et sur des hypothèses purement spéculatives. On le voit souvent, ces expertises sont devenues un outil d’une certaine idéologie. Dans le cas relaté c’est une évidence crasse !… .

  3. je n’ai pas oublié qu’au moment de ce drame, amis et meme famille refusaient qu’on en parle de peur de faire monter l’estèmedroaaate.

    • Je m’en souviens aussi, et j’en étais choquée.
      De même pour la fille du dessinateur Wolinski, tué avec ses collègues de Charlie Hebdo par les frères Kouachi.
      Mademoiselle Wolinski a dit:
      « Je ne veux pas que l’assassinat de mon père et de ses collègues donne raison à l’extrême-droite ».
      Le cadavre de son père n’était même pas froid que déjà elle s’inquiétait de la hausse de popularité du R.N.

  4. la bouffée délirante, voilà la dernière trouvaille des islamogauchistes
    sarah halimi n’est pas la seule…
    – Vendredi 19 août 2016, Jean-Louis (Chalom) Levy, sexagénaire français juif, était agressé gravement au couteau par Mehdi Kerkoub, délinquant franco-algérien multirécidiviste, aux cris de « Allahou Aqbar » (Source, Véronique Chemla)
    Le 12 septembre 2019, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Colmar déclarait l’agresseur pénalement irresponsable.
    Le 30 décembre 2019, Jean-Louis Levy décédait à l’âge de 65 ans.
    dreuz info du 19 janvier20

    • Au vu de ces assassinats de juifs, ne serait-il pas temps que les juifs médiatisés arrêtent leur militantisme immigrationniste ?
      Sacrifier des juifs et des non-juifs afin que la France soit envahie et islamisée me semble une attitude déshonorante.

  5. Aussi, des experts psychiatres, intervenant longtemps après les faits, ne se compliquent pas la tâche en inventant des critères de causalité supposée, comme l’hypothèse arbitraire de la Bouffée délirante.
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    Quand il s’agit de se renseigner sur les droits a la CAF ils n’ont pas de bouffées délirantes ni besoin d’un psy …..!!!! le meurtre de cette dame comme celui de madame Knoll est une honte pour nos institutions qui laissent dans la nature , logent et nourrissent des individus dangereux (nous avons assez de nos tordus comme fourniret sans avoir besoin d’en faire venir de l’étranger)

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