Eurabia : craintes justifiées et théorie superflue

Publié le 26 mars 2012 - par - 1 579 vues
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J’aime trop mes amis de dreuz.info et de Riposte Laïque qui se tiennent aux côtés de l’état d’Israël dans sa lutte pour survivre, pour être reconnu et puis espérer être définitivement accepté au Proche-Orient. C’est de cette contrée que proviennent les sémites – dont les Arabes font partie – et c’est bien là que les premiers juifs sont apparus. C’est cette amitié qui fait que je n’ai jamais hésité à leur dire ma petite vérité sur la théorie de la dhimmitude sous le califat d’Eurabia. Autant cela faisait sens aux temps où Israël, les États-Unis et la dissuasion nucléaire n’existaient pas, autant cette construction théorique ne peut que faire sourire tout premier venu qui prend en compte la force de frappe dont le monde arabe est démuni et dont font usage ses protagonistes à chaque fois que c’est nécessaire ou tout simplement pour prévenir la construction d’une réelle menace. Mais cela ne veut pas dire que « le faible » musulman n’a pas d’autres forces et ressources, autrement plus redoutables qu’il n’y parait à première vue.

Nicolas Ier - Calife d'Eurabie et de Libye

Je n’ai certainement pas la force de conviction d’une Bat Yé’or, puisque je n’arrive pas à persuader mes amis que son hypothèse d’Eurabia n’est pas nécessaire pour mener à bien notre démonstration : il nous suffit d’observer la pratique islamique la plus basique et la plus quotidienne pour comprendre que la France et l’Europe sont en passe de ne plus être les nations comme Ernest Renan les a définies. Mais il est vrai que la nation dans ce sens-là n’a plus rien à voir avec celle fondée ou refondée sur une quelconque appartenance, réelle ou supposée, juive, chrétienne de Russie ou bien sur un schisme ou un autre de l’islam.

Il est vrai qu’en plus d’être séduisante, la théorie de Bat Yé’or a tout l’air d’être vraisemblable : pétrole contre islamisation de l’Europe et sacrifice par la même occasion des juifs et d’Israël. C’est de cette façon que Philippe Grimberg présente ce new deal euro-arabe où des (ir) responsables Européens sont présentés comme des gens suicidaires, veules qui ont vendu et leur Europe et Israël aux « Puissances arabos-musulmanes ». Mais il me semble que nous pouvons nous passer de cette hypothèse pour appréhender la gravité de la situation dans laquelle se trouve la France et l’Europe face à l’islam qui est, justement si bien conçu, pour pouvoir fonctionner de façon efficace sans avoir besoin d’une autorité planificatrice, consciente et centralisée. Il nous suffit de regarder les faits et le fait accompli tels que Michèle Tribalat ou Christopher Caldwell, par exemple, nous les donnent à méditer[1] pour ne pas s’encombrer de considérations politiques et diplomatiques fluctuantes. A mon avis, la théorie dénommée Eurabia peut même nous égarer et nous faire rater la vraie cible et donc retarder la recherche de la bonne thérapie.

Comme je l’ai maintes fois répété à mes amis de Riposte Laïque, il n’est absolument pas nécessaire d’imaginer une quelconque coordination ou projet d’ensemble d’un Monde arabe tout à fait incertain pour se rendre à l’évidence qu’avec l’islam, il y a péril en la demeure européenne et française. Mais ils se trouve que bien des personnes préfèrent les constructions théoriques qui désignent des entités et des agents qui seraient derrières  nos maux. Cela donne au spectre une forme cohérente et fait croire que c’est là que se loge le Mal. Or non, le mal est plus banal que cela : il se niche tout simplement dans la religion et dans ses pratiques les plus quotidiennes et les plus basiques qui commencent par séparer les êtres, par les distinguer les uns des autres et puis par les désigner comme sujets de salut et les autres comme objets d’égarement si ce n’est comme ennemis voués à la perdition.

Mais notre époque souffre d’une certaine bienséance qui s’apparente à de l’hypocrisie. Nous nous inventons mille et une raisons pour éviter de revisiter et critiquer les fondements philosophiques des religions monothéistes. Elles sont pourtant clairement séparatistes, ségrégationnistes et misogynes. Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre que les monothéismes n’ont jamais apprécié ni les Vénus, Isis et Apollon, ni les civilisations païennes et polythéistes qui, tout le monde le reconnaît aujourd’hui, sont au fondement-même de nos civilisations méditerranéennes, continentales  et moyen-orientales.

Les craintes de Bat Yé’or et d’Israël sont justifiées

Ceci étant, il faut reconnaître que les craintes et le combat d’idées que mène l’Égyptienne de naissance Bat Yé’Or (Fille du Nil) sont salutaires et bien justifiées. L’Histoire au long court nous démontre que tant que nous n’avons pas vaincu et renvoyé à son Moyen-âge cette immonde idéologie coranique qui s’est toujours permis de catégoriser les êtres à raison de leurs convictions et de leurs religions pour les assigner à un statut inférieur (la dhimmitude) si ce n’est les vouer aux enfers d’ici-bas, tant que cette idéologie coranique est vivace, nous aurons de bonnes raisons d’en avoir peur et le devoir de la combattre. « L’épuration religieuse », si bien nommée par Nicolas Sarkozy, a lieu, sous nos yeux, au Proche-Orient. Elle en est la preuve la plus horrible et la plus tangible.

Mais c’est aussi là que mon diagnostic diverge de celui de Bat Yé’Or : c’est la religion elle-même qui constitue la maladie dont souffre, en premier, les musulmans et puis leurs voisins et concitoyens. Il nous faut la combattre pour en guérir ses victimes transformées en vecteurs-reproducteurs, en combattants actifs et passifs pour dominer et pour persécuter des juifs, des chrétiens et des non-musulmans. On ne peut vivre en paix avec l’enseignement quotidien du Coran et de Mahomet accompagné de bénédiction et de vénération. C’est ce virus idéologique qu’il nous faudra combattre et désagréger comme nous avons su le faire pour l’idéologie communisme et bolchevique.

La Fille du Nil ne peut complètement adhérer à mon analyse puisque qu’elle est engagée dans un combat politique et non pas vraiment religieux et idéologique. Elle aimerait toujours croire, comme tant d’autres de par le monde, que les animosités judéo-islamo-chrétiennes ne seraient pas le cœur du réacteur qui couve bien des malheurs au Moyen-Orient.  Mais je crains qu’à force de ne pas vouloir nommer l’innommable qui est au fond de notre histoire commune, européenne et méditerranéenne, nous sommes condamnés à échafauder de brillantes théories qui ne résolvent rien puisqu’elles ne s’attaquent pas au buisson ardent qui, de ses braises, a toujours alimenté les trois religions sœurs-ennemies.

Je me demande si nous ne nous fabriquons pas de brillantes théories et de séduisantes illusions pour nous distraire ; dans le sens pascalien du terme.

Pascal Hilout, né Mohamed

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[1] ) Michèle Tribalat, Les Yeux Grands fermés – l’immigration en France, Denoël. Christopher Caldwell, Une révolution sous nos yeux- comment l’islam va transformer la France et l’Europe. Editions du Toucan.

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