Européennes : relativisons le résultat des Verts

Les élections européennes livrent désormais leurs résultats, analyses et commentaires.
Ils s’accordent, tout d’abord, sur le pari perdu d’Emmanuel Macron, compte tenu de sa deuxième place derrière le Rassemblement National, pour souligner aussitôt le coude à coude entre sa formation « LREM » défendue par Nathalie Loiseau, et Jordan Bardella, le porte-drapeau, du RN avec, pour conclusion, «  LREM » au centre de l’échiquier politique.

Macron Machiavel, Macron funambule pour reprendre les titres de certains quotidiens !
Ils notent, ensuite, la percée des Verts, voire leur triomphe, avec 13,2 % des suffrages et 3 050 000 voix.
Puis, relèvent « l’ancrage » de LREM, par son honorable résultat, eu égard au climat social délétère entretenu depuis six mois par la crise dite des Gilets jaunes et la stabilité du RN voire son léger effritement en suffrage exprimés mais… non en voix, par rapport aux élections européennes de 2014.
Ils pointent, enfin, la défaite cinglante du parti de la droite et du centre «  Les Républicains », mené par François Xavier Bellamy et soutenu par Laurent Wauquiez.

Et pour conclure, relèvent la déroute de la liste PS conduite par Raphaël Glucksmann et la débâcle de LFI représentée par Manon Aubry et son parrain J.-L. Mélenchon.
Si ces propos sont globalement objectifs, ils masquent une certaine réalité.

Premièrement la victoire des Verts mérite quelques bémols et le titre de prince des yoyos.
En effet, sur 9 consultations aux élections européennes, les Verts créent la surprise quatre fois : en 1989 avec Antoine Waechter (10,5 %) en 1999 avec Cohn-Bendit et Voynet (9 %) en 2009 avec Cohn-Bendit (16,3 %) et aujourd’hui avec Yannick Jadot (13,6 %).
En bref, un millésime une fois tous les dix ans, les années en 9 de surcroît !

Entre ces années, beaucoup de vaches maigres avec pour exemples :
Les présidentielles de : 1988 (3, 78 %), 2002 (5,25 %) ,2007 (1,57 %) et 2012 (5,46 %),
Les législatives de : 1993 (4,05 %), 2002 (5,46 %), 2007 (3,25 %), 2012 (5,46 %) et 2017 (0,13 %),
Les régionales, le tableau est identique malgré un scrutin à la proportionnelle, dit plus favorable, à l’exception de 1992 (14,6 %) et 2012 (12 %),
Les municipales, sauf quelques points d’ancrage en province, notamment dans le Nord, l’Est et aux abords des sites nucléaires ; l’émergence et l’enracinement de cette formation s’observent essentiellement dans les grandes agglomérations.

Toutefois, cette percée demeure encore fragile, à titre d’exemple, Paris :
2001, 76 000 voix et 12,5 % avec pour tête de liste Yves Contassot,
2008, 46 880 voix et 6, 78 % avec pour tête de liste Denis Baupin,
2014, 60 234 voix et 8,56 % avec pour tête de liste Christophe Najdovski.

En bref, des résultats modestes placent cette formation à Paris en 3e position avec trois fois moins de voix que les partis dominants, mais suffisamment représentative pour jouer le rôle d’arbitre des élégances avec le concours appuyé du monde associatif et des médias.
Avec une base électorale au mieux d’1 500 000 électeurs en France, il est permis, à l’instar de nombreux commentateurs, qui relativisent le succès RN en comparant 2014/2019, d’atténuer la percée des écologistes par rapport à 2009, dont la progression est au mieux de 200 000 voix contre près de 500 000 pour le RN avec son socle électoral multiplié par cinq.

Deuxièmement les souverainistes-populistes-conservateurs au confluent des droites, pour une victoire future.
Au vu des résultats, un seul parti doit retenir l’attention, le RN ex-FN.
Sur trente ans, on observe non seulement sa progression régulière mais encore son décollage en 2002 puis son envol en 2012 comme en attestent les résultats ci-après :
Présidentielles de : 1988 (14,4 %), 2002 (17,7 %), 2012 (17,9 %) , 2014 (20 %) et 2017 (21,30 %) pour 7 678 000 voix. Un trou d’air en 2007 (10,4 %) contre Nicolas Sarkozy. En bref, une moyenne de 5 500 000 voix.
Législatives, le scénario est à l’identique, avec un réel et unique revers en 2007 (4,29 %).
Régionales, d’une régularité constante, il fait un bond en 2015 pour atteindre 6 000 000 d’électeurs soit 27 % des suffrages exprimés, doublant ainsi ses résultats par rapport à 2012.

Européennes : sur l’ensemble des consultations, une stabilité remarquable à l’exception de 1999 (6,7 %) pour une poussée en 2014 (24,80 %) et 2019 (23,5 %) des suffrages exprimés avec un gain en voix d’un demi-million soit au total 5 201 000.

Cependant, au regard des chiffres ci-dessus, cette progression marquerait le pas depuis 2015 compte tenu d’un contexte politique très favorable : attentats, flux migratoires, violences urbaines et crise économique exprimée à travers les Gilets jaunes.
Le retour aux fondamentaux s’impose, tant sur le plan sociétal qu’économique.

Phase de récupération naturelle avant rebond ou plafond de verre éventuel, un électorat semble-t-il acquis dont l’assiette pour l’emporter est encore insuffisante dans les grandes agglomérations et faute d’alliance.
Pour exemple Paris :
Municipales : 2001 : 21 490 voix (3,47 %) ; 2008 : 21 000 voix (3,17 %) ; 2014 : 42 560 voix (6, 26 %).
Européennes : 2014 : 57 908 voix (9,31 %) ; 2019 : 53 729 voix (7,2 %).

Des résultats à rapprocher de ceux des Verts !
Concernant les alliances, les Municipales sont à l’évidence une occasion à saisir. Elles doivent concerner tous les partis attachés à notre identité, nos racines chrétiennes, à notre souveraineté et liberté en faisant fi des ego.
Au niveau national, les résultats montrent depuis 2002 une érosion de la droite républicaine, à l’exception de 2007, dont une partie profiterait au RN et l’autre à LREM.

L’ambigüité de la droite républicaine et du centre depuis 2002, suite à la création de l’UMP, à choisir entre identité et souverainisme, mondialisme et libéralisme, est à l’origine de ce hiatus et des déconvenues électorales récurrentes et de revers humiliants.
Une ligne claire serait, en l’espèce, un atout et l’espérance d’un sursaut.
La liste LR aux élections européennes affichait cette ambivalence par la présence dans le trio de tête d’Agnès Evren, proche de Valérie Pecresse, d’Arnaud Danjan, un moment « Macron compatible » et de F.-X. Bellamy déclarant préférer «  Macron à Marine Le Pen » ! Le résultat parle de lui-même.

Pas de clerc, peut-être, pour un jeune candidat doté d’un réel courage, de réelles qualités humaines, d’une grande urbanité, mais probablement sous influence de sa famille politique et de ses courants.
Cette clarté des lignes doit aussi s’imposer sur la question écologique et affirmer l’intérêt du nucléaire pour sa production la plus décarbonnée, le coût des énergies renouvelables sur nos factures, le non-sens de la voiture électrique et des mesures prises pour bannir la voiture à essence et rappeler que le respect de l’environnement commence en priorité par la propreté, l’hygiène et la salubrité. Des principes de base inconnus du maire de Paris.

Pour conclure sur les élections européennes, il est à noter que l’Allemagne, pays européen où la représentation écologiste est la plus importante, est le plus pollueur depuis l’abandon de ses centrales nucléaires au profit de ses centrales à charbon. Ce paradoxe n’a pas été soulevé.

Une autre vérité doit être rétablie : si les Verts au Parlement européen représentent 9 %, les populistes- conservateurs en cas d’union pourraient représenter entre 15 % et 23 %, soit l’égal du PPE.

Pour finir, je rappellerai qu’au regard de la concomitance sur l’entrée sur la scène politique des Verts et des mouvements nationaux (RN), l’un connaît une progression constante pour s’imposer comme une véritable force en Europe, l’autre une croissance beaucoup plus erratique dont le socle est jusqu’à présent soumis à l’humeur de l’instant.

Éric Fouace

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21 Commentaires

  1. Nous aimerions tous manger bio ,et respirer de l’air pure ….Jadot est il pret a sacrifier voiture et voyage ,a payer ses légumes sa viande et son poisson trois fois plus cher (plus de poisson d’élevage ,plus d’engrais chimiques )exportation de céréales divisées par trois avec une population parasite et improductive qui ne cesse de croitre . Jadot trouvera ou l’argent a distribuer aux chomeurs de notre industrie moribonde pour se nourrir ??? il n’y a que jésus qui a multiplié les pains (et encore je n’etais pas là pour le voir)

  2. ne relativisez rien du tout! les chiffres bruts sont là, point barre
    lorsque les sansdents, les « qui ne sont rien » iront voter…

  3. Le vainqueur toutes catégories reste Y. jadot : en plus il change de compagne pour prendre une jeune de 10 ans sa cadette et sans enfants. Bien joué Yannick. Pour donner un conseil à Macron qui voit sa Brigitte entrer dans le quatrième âge à grands pas!

  4. Je déplore l’idéologie immigrationniste des verts MAIS le nucléaire n’est pas défendable même si on ne peut pas en sortir pour le moment. Quant au bio, je le défends, il faut passer au bio pour tous et non bétonner nos terres pour accueillir toujours plus de migrants. Les pesticides nous rendent malades, tuent les abeilles et on ne peut pas se passer d’abeilles. L’écologie est une discipline conservatrice et respectueuse de nos terroirs. Elle est en très mauvaises mains avec les écolos-bobos-mondialistes du parti des Verts. Le RN a commencé à la reprendre à son compte avec Hervé Juvin, et il a bien fait.

    • Les centrales à charbon allemandes sont-elles plus défendables, nous dans les hauts de France nous en subissons les effets tous les jours, en particulier par temps venteux

  5. Très bon article mr Fouace
    En fait les mous du casque qui savaient pas quoi voter on voté ecolo ….

  6. EELV allié au vert islam est la pire calamité depuis Attila, Staline puis Pol Pot

  7. Le mépris de la Nation, de la France, de sa culture, de ses valeurs est sidérant chez « ces verts là »!
    Hidalgo, l’opportuniste mégalo de Paris vient d’interdire à TOTAL, l’une des 3 plus grosses entreprises françaises, de sponsoriser les JO qu’elle a réussi à imposer aux frais des parisiens et des Français, pour soigner son ego. Total pourra utiliser ces sommes perdues pour l’hidalgo-macronie, à renforcer ses pôles électricité renouvelable et c’est tant mieux!
    Ce n’est pas TOTAL, (7% du pétrole mondial), qui pollue la planète avec un « total » (pardon Mr Pouyané) de 4 MILLIONS de barils de kérosène DÉTAXÉS par JOUR et ses 450 millions de TONNES de CO² par an!
    L’action Total devrait remonter et celle d’hidalgo baisser fortement!

  8. Ce grand décérébré se comporte comme s’il avait gagné les élections, alors qu’il a simplement bénéficié des bulletins de tous les hurluberlus paumés et à la ramasse comme lui!.

  9. Le bonheur est dans le pré ou à Grenoble ville écolo….?

  10. Analyse remarquable d’Eric FOUACE. Les écolos en France n’ont jamais eu de socle électoral durable….et c’est un électorat plutôt volatile et en partie par défaut …Il y a eu aussi un effet mode avec une campagne médiatique attirant l’attention sur « l urgence écologique » qui a marqué un peu les esprits notamment des jeunes…mais qui est à la mode se démode…

  11. Ce grand con se prend deja pour un president de la republique il v’a dechanter car les verts durent jamais longtemps pauvre simple d’esprit

  12. Tous ces verts sont de gauche extreme gauche et communites qui se servent de la connerie des jeunes qui avalent des couleuvres

  13. Très beau boulot !
    « L’Ecologie est la nouvelle religion d’une Civilisation désincarnée,
    Le Bio est son Hostie ! »
    La peur du Futur l’anime, les Jeunes en tête.
    Vérité incontournable ? La Démographie. La Fatalité s’impose…
    L’Ecologie n’est que balivernes incantatoires !

  14. Les vers de terre, donc…sous terre. Ils se font simplement une montée d’extase comme s’ils sont sous ectasy; la descente n’est jamais bonne, ne nous en faisons pas.

  15. Ce Jadot est l’agent le plus actif de Soros, en france. Macron en profite exploiter le filon, sur le dos des idiots-veautans …

  16. Tant que Marine restera aux commandes, Macron sera sûr d’être réélu !

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