Européens de l’Est, ne vous croyez surtout pas à l’abri dans l’Otan !

Les deux événements qui viennent de se produire, à un mois d’intervalle, ne sont vraiment pas faits pour rassurer les pays d’Europe de l’Est et notamment ceux qui ont une frontière commune avec la Russie ou ceux qui n’en sont pas très éloignés. Depuis des siècles, ces pays ont été la proie – pour ne pas dire les esclaves – des grands empires prussien, russe et austro-hongrois. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, tous se sont jetés dans les bras de l’OTAN, ou plutôt dans ceux des Américains (qui règnent sans partage sur cette institution), qu’ils ont perçus comme un père protecteur et désintéressé, ce qu’ils n’ont jamais été malgré certaines apparences trompeuses. Notons au passage que l’OTAN, en bonne logique, aurait dû être dissoute, le danger communiste ayant alors disparu. Ô naïfs Européens d’Europe de l’Est !!! a-t-on envie de dire, même si après tous les malheurs que vous avez subis, on peut vous comprendre.

Seulement voilà, partout où vos aimables protecteurs, les Américains donc, sont intervenus, que ce soit militairement ou économiquement, se faisant parfois adouber par l’ONU, cela n’aura été que pour foutre un bordel pas possible, c’est-à-dire faire d’un problème mineur au départ un problème de la plus grande importance dès qu’ils y mettent leurs grosses pattes de bourrins. Ce fut le cas au Vietnam, en Somalie, en Syrie, en Irak, en Iran et depuis peu en Afghanistan sans oublier leur action déstabilisatrice en Géorgie, en Ukraine et en Biélorussie. Or, à chaque fois, ils se sont pris une raclée magistrale. Et des moyens, pourtant, ils en ont consacrés à leurs interventions et à satiété qui plus est, jusqu’à les laisser à la disposition, non pas de leurs amis locaux, mais à celle de leurs ennemis. Les citoyens américains qui financent à chaque fois ce gâchis doivent vraiment s’en réjouir ! Il fallait les voir en août, à Kaboul, prendre la poudre d’escampette, la queue entre les pattes, de vrais lapins et pas bien sûr des lapins blancs. Elle est fraîche, la soi-disant première armée du monde !

Alors, les Européens de l’Est ont de quoi avoir de sérieux doutes quant à la capacité militaire de ce pachyderme à les défendre contre… une invasion russe, invasion russe qui n’est en fait que le fruit calculé de l’imagination égoïste de l’oncle Sam pour élargir et asseoir sa zone de domination. D’autant que les moyens qu’il met en place à leurs frontières sont cette fois des plus ridicules… ce qui au passage est symptomatique du désintérêt qu’il leur porte. Je ne suis même pas certain que l’OTAN ait déployé un millier d’hommes dans les pays baltes dont 300 Français. Les Russes, eux, en ce moment de l’autre côté, alignent 200 000 soldats dans le cadre de l’opération Zapad. J’ai entendu dire qu’il ne faudrait que 48 heures aux Russes pour occuper l’ensemble des pays baltes. Pauvres petits soldats français, petits poulbots de l’OTAN et qui seraient tous massacrés. Car de deux choses l’une : ou on met le paquet, ou on reste chez soi. Donc, nullité militaire américaine répétée à plusieurs reprises, nullité couplée à l’insignifiance des moyens employés pour faire barrage. Mais il n’y a pas que ce facteur fait pour inquiéter les Européens d’Europe de l’Est.

Il y a également cet immense défaut qui affecte par nature les Anglo-Saxons. Car oui, par nature, les Anglo-Saxons et donc les Américains sont de fieffés faux-jetons. Les Américains, ce sont des muzz avec leur taqîya, puissance 1000 !!! Les Français, pourtant membres de l’OTAN, viennent d’en faire les frais avec l’affaire du contrat des sous-marins conclu avec les Australiens (qui sont des Anglo-Saxons)… sous la pression des Américains dont la devise, répétée à l’envi par Trump est « America first », devise que les Français, qui sont de doux rêveurs, seraient bien inspirés d’adapter en ayant constamment à l’esprit « La France d’abord ». Mais cette devise américaine s’avère être un sacré handicap pour ceux qui se rangent aveuglément et en toute confiance donc, derrière leur bannière… comme justement les Européens de l’Est. La question arrive alors vite à l’esprit : comment un pays qui se prend depuis 50 ans, déculottée sur déculottée et qui agit comme le premier des faux-jetons avec ses soi-disant amis en rompant ses engagements pour servir égoïstement ses seuls intérêts, viendrait-il au secours de pays devenus la proie d’un envahisseur ? C’est là où on mesure à quel point l’article 5 de la charte n’est qu’un bien triste leurre qui n’a qu’une qualité, ô paradoxe inimaginable !… endormir la méfiance desdits Européens de l’Est et ainsi, par voie de conséquence – osons le dire – encourager l’ennemi héréditaire à mettre en œuvre l’horrible tentation… celui-ci étant quasiment assuré de la non-intervention des Américains. Les soi-disant démocraties occidentales semblent sujettes au mirage bienveillant de non-intervention. Il suffit de se souvenir de la guerre civile espagnole.

C’est donc bien une nouvelle vision des relations internationales que doit engager l’Europe, cette fois dans son ensemble. Pour ce qui est de l’Europe de l’Est, il devient fondamental pour elle d’envisager la Russie, sinon de manière bienveillante – ce qui est encore bien trop tôt – du moins de manière pragmatique : quand on est un nain et qu’on a comme voisin un géant qui peut d’un seul coup de poing vous anéantir, on fait en sorte de tisser des liens qui servent les intérêts des deux parties et on tourne 7 fois sa langue dans sa bouche avant d’éructer. L’Europe n’est pas une puissance militaire et elle aura du mal à le devenir car il n’y aura jamais de réel consensus en ce sens. Mais elle peut être un facteur essentiel contre la bipolarisation USA/Chine qui devient de plus en plus évidente et peut nous mener de nouveau à une conflagration pire que la précédente ! Elle a tout intérêt à construire, étape par étape, sans précipitation donc, un ensemble allant des Sables-d’Olonne sur l’Atlantique à Magadan sur le Pacifique. Mais elle a également tout à gagner – bien sûr en défendant fermement ses intérêts – à contracter avec la Chine dans le cadre des Routes de la Soie en faisant en sorte cependant de ne pas se faire entourlouper comme se sont fait entourlouper des pays comme le Sri-Lanka, Djibouti ou autres pays d’Afrique… Car les Chinois, eux aussi, sont de grands faux-jetons, mais eux… avec subtilité. L’Europe jouera alors un rôle d’apaisement, de réducteur des tensions. Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec la vision américaine de domination unilatérale du monde qui n’est qu’un vulgaire archaïsme de barbarie primaire. Je suis prêt à parier que le général de Gaulle aurait souscrit à ce nouveau rôle de l’Europe.

Philippe Arnon

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4 Commentaires

  1. Là , pour raconter des fadaises , vous êtes médaille d ‘ or !! Prétendre que les pays voisins de la Russie n ‘ ont pas à craindre ses velléités belliqueuses , c ‘ est du grand n ‘ importe quoi : allez demander à ces populations ce qu ‘ elles pensent de trois siècles de « colonisation russe » . Lors de mon escapade en Estonie , j ‘ ai vu avec quelle joie ils fêtaient le jour anniversaire de l ‘indépendance : »encore un an de GAGNÉ » , « pour l ‘ année prochaine , on ne sait pas  » . Il existe une minorité russe importante dans les pays baltes , jusque 40 % , et certains partis politiques russes réclament ouvertement le retour à la « mère patrie russe » …………

    • Avec en plus un fou furieux comme Jirinovski qui revendique la Pologne et la Finlande…

  2. la chine sait faire du commerce sans avoir l’air de coloniser
    les américains savent faire du commerce en nous colonisant
    la russie de poutine est exclue du commerce européen

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