Excisions en France : silence on mutile !

Publié le 1 juillet 2012 - par - 1 596 vues
Share

Le 1er juin dernier, les Assises de Nevers ont condamné les parents de deux fillettes de 11 et 13 ans excisées. Les deux filles aînées (aujourd’hui majeures) de ce couple de tortionnaires d’enfants avaient déjà subi le même épouvantable sort et été hospitalisées respectivement en 2005 et 2009. Plusieurs questions se posent donc, et on peut compter sur les pouvoirs publics pour ne jamais y répondre ainsi que sur les médias bien-pensants pour ne jamais mener l’enquête :

– pourquoi la justice n’a-t-elle pas condamné à de la prison ferme ces parents monstrueux après la découverte des premières mutilations ? Faut-il y voir de la lâcheté ou de la complaisance à l’égard de pratiques culturelles et religieuses associées à l’islam ?

– pourquoi les services sociaux ont-ils laissé la garde des deux filles cadettes aux Thénardiers islamistes qui leur servent de parents ? Pourquoi aucune responsabilité n’est ciblée au sein desdits services sociaux qui ont abandonné des petites filles encore intactes aux mains d’adultes barbares et sanguinaires ?

– à l’heure où les parents sadiques et assassins de la petite Marina ont été condamnés (justement) à 30 ans de prison, comment expliquer l’incroyable clémence de la justice française à l’égard des parents exciseurs ? En effet le « père » écope de 2 ans fermes tandis que la « mère » sera quitte au bout de 18 mois. Peines qui pourront être « aménagées » par le Juge d’Application des Peines, selon les propos du président du tribunal après l’annonce du verdict. Président du tribunal qui a ajouté qu’il « n’était pas certain que monsieur et madame aillent en prison », sensible sans doute à l’avocat des parents qui arguait d’une séparation dommageable de la famille en cas d’incarcération. Qu’attend donc monsieur le président du tribunal pour enfermer les découpeurs de fillettes? Que ces géniteurs adeptes du rasoir égorgent leurs filles si elles ont l’audace d’aimer un jour des garçons non-musulmans, c’est-à-dire impurs et impies ?

– pourquoi ce silence généralisé à gauche ? Où sont les partisans de l’égalité des sexes? Que font  les associations féministes et celles défendant les droits de l’enfant ? Pourquoi tant de pudeur alors que des enfants sont torturées en France ?

 
 Il semblerait que le drame de l’excision ne suscite guère l’intérêt d’une gauche pourtant si prompte à se mobiliser pour l’égalité et contre les discriminations dans d’autres circonstances. On en déduit donc que beaucoup d’associations « humanistes », professionnelles de l’indignation sélective, considèrent les écrits de Riposte Laïque ou d’Eric Zemmour infiniment plus dangereux que la mutilation d’un sexe d’enfant à l’aide d’une lame de rasoir ou d’un morceau de boîte de conserve…

 Notre gauche, de plus en plus vidée de sa substance laïque et féministe, est devenue l’idiote utile de l’intégrisme musulman. Elle souffre de schizophrénie idéologique : en effet, comment désormais concilier le combat pour l’égalité des sexes (vraie valeur de gauche) et le respect sacré de l’altérité (fausse valeur politiquement correcte)? Par conséquent, nombreux sont ceux qui, à gauche, préfèrent éluder et ne pas réagir, un peu par embarras, et surtout par crainte d’être taxé de racisme, ou pire : d’islamophobie. Islamophobie et islamophilie étant devenus les seuls et uniques critères de sélection entre le mal et le bien, selon l’échelle morale manichéenne en usage dans les médias.

 C’est ainsi qu’on en arrive à un triomphe sémantique (qui précède toujours le triomphe sur le terrain de la réalité) des intégristes promoteurs de l’excision: en usant de l’arme redoutablement subversive du relativisme culturel, ils sont parvenus à créer un réflexe conditionné d’autocensure chez les sympathisants de gauche. Désormais, tout partisan de l’égalité des sexes se retrouve déchiré entre la nécessité du combat féministe et la terreur de l’excommunication pour racisme islamophobe. La seule solution à ce dilemme se trouvant d’abord dans le mutisme lâche, ensuite dans l’acquiescement veule.

  On commence même, dans certains milieux bien-pensants pétris de relativisme culturel et d’antiracisme subverti, à justifier le port du niqab ou de la burqa…au nom du féminisme! Autrement dit, il serait liberticide d’empêcher les femmes qui le souhaitent de s’exhiber avec le grotesque costume de Batman, symbole de leur soumission/infériorisation. On peut raisonnablement penser que la même démarche va s’appliquer à l’excision et à la lapidation. En d’autres termes, le tabou qui se met doucement en place concernant la critique de la prison de tissu du voile est en train de s’étendre à d’autres traditions machistes issues directement de l’islam (comme la lapidation) ou encouragées par l’islam (comme l’excision). Bientôt (et plus tôt qu’on ne le croit), tout féministe traditionnel qui osera dénoncer mutilations et tortures pratiquées au nom d’une hypothèse-dieu sera mis au ban de la société pour blasphème civique, c’est-à-dire pour racisme/islamophobie/intolérance (la trinité démoniaque du politiquement correct). N’est pas loin le temps où le partisan de l’égalité des sexes rasera les murs et taira ses idées, de peur d’être accusé de fascisme…

 Le pire est sans doute que ces (pseudos) bons sentiments suintent finalement d’un racisme sournois : en effet, si les fillettes martyres avaient été blanches et de souche, le scandale n’aurait pas été étouffé et au contraire relayé par les médias, dans le but de susciter l’émotion et l’indignation de l’opinion publique. Mais là, il s’agit de petites filles guinéennes et de culture musulmane… Alors on les oublie, alors on oblitère leur douleur, on soulève le tapis de notre lâcheté pour y dissimuler ces vies réduites en poussière, on cache leur martyre comme s’il s’agissait d’une obscénité, comme si c’étaient elles les coupables ! Paradoxe et abjection terminale de l’antiracisme dévoyé en France : on laisse des petites filles Noires nées en France et françaises être martyrisées au nom du respect de l’altérité et de la tolérance religieuse. Surtout ne pas être islamophobe ! Cela justifie tout. Y compris le déterminisme culturel (base du racisme) et la torture des enfants.

La terreur verbale précède toujours la terreur politique.
Au commencement était le verbe.
A la fin sera le silence, autrement dit la censure.

Marc Nièvre

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.