1

Exclusif : à Paris, au milieu des agriculteurs, qui se battent pour ne pas mourir

C’est étrange et fascinant que de voir ces centaines de tracteurs aux abords de Paris. Je dis aux abords car la Macronie avait pris ses précautions pour empêcher ces « fauteurs de troubles » de pénétrer dans les entrailles d’une ville que cette caste au pouvoir voudrait sanctuariser pour ceux qui sont tout… financièrement parlant s’entend !


Cantonnés à une portion du périphérique intérieur – offrant là un spectacle inédit aux Parisiens qui se pressaient pour le voir –, tandis qu’ils auraient pu fondre sur la ville sans que les forces de police et de gendarmerie puissent les en empêcher, les agriculteurs ont donc laissé leurs engins et ont rejoint à pied les Champs-Élysées et plus particulièrement le temple du pouvoir informel – mais bien réel –, « martyr » pleuré en mars 2019 par la bourgeoisie parisienne progressiste, j’ai nommé le Fouquet’s !

 


Initialement, il était question pour les tracteurs de remonter l’avenue Foch, mais celle-ci était barrée par des grilles sur toute sa longueur ainsi que les allées parallèles, et tenue par la gendarmerie, fort bien élevée au demeurant. Petit écueil tout de même, les agriculteurs ont été sommés de jeter leurs drapeaux syndicaux dans une poubelle avant de fouler la « plus belle avenue du monde ». Même tarif que pour les Gilets jaunes, en moins violent !
Mais les agriculteurs, à moins d’être poussés par un désespoir irréversible, sont assez dociles et surtout : soumis à des syndicats qui ne leur veulent pas toujours du bien ; ce n’est que mon avis… Une docilité qui leur a fait accepter sans broncher, et sous la pluie, d’être nassés par les CRS plusieurs heures entre le Fouquet’s et Louis Vuitton, dont certains clients ne cachaient pas leur air quelque peu dégoûté de voir ces culs-terreux envahir leur paradis luxuriant. Les touristes, cependant, s’amusaient de la situation. L’atmosphère était bon enfant puisque CRS et agriculteurs parlaient bien volontiers ensemble.

La seule dégradation notable dans ce lupanar bobo que sont les Champs-Élysées – lupanar souvent partagé avec l’engeance des cités – consistait en un dépôt de paille au milieu de l’avenue, ramassé ensuite pour ne pas donner l’impression d’un chaos insoutenable ! À noter le soutien discret d’une poignée de Gilets jaunes sur place.

 

Les agriculteurs ont donc été fort convenables, eu égard au nombre de suicidés dans leur profession ; à leur précarité ; aux injures proférées par les enfants de bobos qui hurlent leur courroux (coucou !) contre une agriculture intensive – qu’on leur a tout de même imposée jadis, ne l’oublions pas – mais ne s’inquiètent pas trop de savoir comment leur téléphone portable ou leur jean a été produit ! Ces mêmes baby bobos qui chouinent hypocritement sur la souffrance animale sauf quand elle est halal !

D’accord pour faire évoluer l’agriculture mais pas en écrasant de mépris, voire de haine, une profession qui crève sur pied ; une profession qui ne fait pratiquement jamais parler d’elle ; une profession, enfin, qui mérite qu’on se penche sur son désarroi. En effet, pas besoin d’importer de « pauvres migrants » pour savoir ce qu’est la misère. Allez dans les campagnes, regardez ces enfants de paysans – pour moi ce mot est plein de noblesse – qui se contentent de peu parce que leurs parents ne peuvent rien leur offrir de mieux. Ces enfant-là ne brûlent pas de voitures, n’ont pas d’associations pour se pencher au chevet de leurs malheurs !

 


Alors oui, en parlant avec quelques-uns d’entre eux, et tout en étant convaincu que l’agriculture doit abandonner le leurre intensif, je n’ai pu m’empêcher de voir dans l’opprobre jeté sur cette profession – qui fait pourtant beaucoup plus d’efforts que nombre de leurs confrères européens – une nouvelle forme de détestation de la France. Car ce sont là gens de terroir ; ce terroir honni par ces adorateurs du Veau d’or mondialiste et son cortège d’abominations. Oui, ils ont raison de protester contre le Ceta et autres accords aberrants qui, malgré les propos fallacieux de la caste médiatico-politique, les étrangleront encore plus.

Dernier point, et que cela plaise ou non : je suis libre de filmer et photographier ce que je veux, même si je ne suis pas un journaleux autorisé ! Ceci s’adresse à un jeune motard de la police qui faisait beaucoup de zèle, hier, sur le périphérique tandis que ses collègues, plus âgés, m’avaient laissé passer sans problème. Décidément, je vais finir par croire ce que m’a dit un vieux briscard de la police, à savoir que les jeunes recrues sont formatées pour obéir aveuglément au Nouvel ordre mondial, dont la France est un valet consentant. C’est dit…

Charles Demassieux

(Photos & vidéo : Charles Demassieux pour Riposte laïque)