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Exclusif : ce qui se passe vraiment à Calais et dans la "jungle"

panneau-Calais
Banderole-SOS
Avec mon acolyte Guy Sauvage, qui proposera une vidéo dans les prochains jours, nous nous sommes rendus dans ce qu’on appelle « la jungle » de Calais.
Ce qui frappe d’emblée lorsqu’on arrive à Calais ce sont ces doubles barbelés qui entourent la ville sur des kilomètres. Manifestement ils sont neufs, le métal brille encore. Calais est donc une sorte de vaste prison à ciel ouvert dont il semble qu’il soit plus facile d’y entrer que d’en sortir.
barbeles
A l’approche du lieu, le symbole était déjà là : quatre CRS se trouvaient à l’entrée d’une rocade, tandis que sur le trottoir d’en face, sous un pont, devisaient une huitaine de clandestins absolument pas préoccupés par la présence policière.
La jungle a quelque chose d’un peu inquiétant pour le visiteur de prime abord, et surtout pour la visiteuse d’ailleurs, mais très vite l’inquiétude a laissé place à la curiosité et à la stupéfaction devant une telle situation aussi inédite que funeste. Il fallait se mettre dans la peau d’un gauchiste bienveillant, jouer le jeu en prenant une mine décontractée, voire encourageante. Le fait est qu’il n’y a pas eu d’agressivité notable, si ce n’est quelques désapprobations à l’allumage de la caméra mais rien de plus. L’ambiance était plutôt bon enfant dans l’ensemble avec quelques sourires, des saluts. Malgré tout, il était palpable que ce calme était très fragile. Mieux valait s’arrêter de filmer quand on nous enjoignait à le faire.
Entre frénésie organisée et nonchalance assumée, le camp s’organise comme une ville, une sorte de grand Babaorum, en nettement plus crade. Quelques tentes affichaient les couleurs du pays de leurs occupants, faisant penser aux bâtiments des différents pays de la Cité Universitaire, les bâches en plus.
tentes-par-pays
A l’emplacement de l’actuelle jungle située au beau milieu des dunes se trouvait un site protégé pour sa faune et sa flore. Désormais le site est dévasté et les Calaisiens n’ont plus le droit d’aller s’y promener. L’enrichissement migratoire aura eu raison de la protection. Au diable les oiseaux !
Vue-de-haut
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Les écologistes protestaient en juin dernier de ce que Calais se bunkerisait mais n’ont pas semblé émus de ce qu’un site naturel protégé soit entièrement dévasté, jonché de détritus en tous genres.
Sur ce site se trouvait également un centre aéré nommé « la Vie Active » qui accueillait chaque année depuis 1964 les enfants de familles calaisiennes aux revenus modestes. Si la Vie Active a bien subsisté, elle a quelque peu changé d’activité depuis…
Entree-vie-active-avant-et-apres
 

Le plus frappant était la quasi absences de femmes et d’enfants. Nous n’en avons vu qu’une quinzaine environ, des chrétiennes. Pas de musulmanes. Celles-ci seraient parquées dans un autre camp à part. Dans un article de la Voix du Nord de novembre 2011, il était expliqué que « la semaine dernière encore, 50 femmes ont quitté la jungle de Tioxide parce qu’elles s’étaient fait taper dessus ».
Il y aurait, aux dires d’une femme d’une ONG, une centaine de femmes pour plusieurs milliers d’hommes. On se dit forcément qu’il va falloir que ces hommes dans la force de l’âge se fournissent en Calaisiennes pour pallier le manque à gagner… La jungle possèderait aussi son réseau de prostitution. Quant aux enfants, j’ai vu un petit dans les bras d’une chrétienne d’Ethiopie et un gamin d’une douzaine d’années, en près de trois heures de temps. Ce n’est sans doute pas un hasard si dans un coin des paquets de couches neufs ont été jetés par terre.
Couches
Dans le camp se trouvent des poteaux électriques mobiles tout neufs. Durant des années de présence du centre aéré la mairie avait refusé d’implanter de semblables poteaux en raison du prix jugé trop prohibitif. Les occupants illégaux auront donc eu plus de chance et de pouvoir de persuasion que les enfants des contribuables calaisiens. Et, un bonheur n’arrivant jamais seul, le chemin des Dunes devra être prochainement goudronné. C’est qu’ils sont bichonnés nos petits clandos !
poteau

poteaux
Les poteaux électriques alimentent tout le camp

Un clandestin nous a relaté son périple depuis l’Afghanistan pour se rendre en Angleterre d’où il s’était déjà fait refouler une fois. Selon lui la police la plus dure était la bulgare, et la plus « cool, very good » la française, nous affirmait-il le pouce levé avec un franc sourire, certain que cela ne pourrait que nous réjouir et nous rendre fiers.
Calaisiens-en-colere
 
Dimanche matin, nous avions rendez-vous avec le collectif des Calaisiens en Colère qui nous ont raconté leur ras-le-bol, agrémentant leurs propos d’anecdotes édifiantes, notamment des agressions, comme celle de cette femme qui retirait de l’argent et qui s’est retrouvée avec le nez en sang mais à qui on a refusé de prendre la plainte parce que les mains courantes évitent les mauvaises statistiques. Comme celle encore d’une journaliste de Valeurs Actuelles alors qu’elle filmait les barrières de la jungle, ou celle d’une personne âgée frappée dans sa voiture alors qu’elle était arrêtée à un feu rouge, sans oublier les attouchements sexuels. Mais les médias n’en disent mot.
Le jour de la visite de Manuel Valls, un routier a tenté d’éviter environ trois cents clandestins qui montaient dans les camions armés de pierres et de barres de fer au niveau de la rocade des cars ferries. Il a accéléré, touchant quelques voitures et manquant de tuer les automobilistes. Les clandestins montent pendant que les camions roulent et certains routiers les laissent faire car ils ont peur des représailles. Et si jamais ils s’arrêtent c’est encore pire, ils sont encore plus nombreux à monter. Ce n’est qu’une fois arrivés au ferry qu’ils font signe aux forces de l’ordre qu’ils ont des passagers.
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D’après la maire des Républicains Natacha Bouchart, plusieurs entreprises de logistique ont repoussé leur projet d’implantation en raison de la multiplication des intrusions dans les camions. Or Calais, commune de 75 000 habitants, souffre du chômage dont le taux est évalué à 16 %.
Des commerçants ont perdu leur commerce à la suite de trop nombreux vols et agressions, ou par abandon de leur clientèle. Certains font appel à des sociétés de gardiennage, d’autres ont installé une sonnette pour sélectionner leurs clients. N’ayant pas de papiers, les clandestins s’ils sont pris ne risquent évidemment rien.
La police a les pieds et poings liés mais sans elle, nous racontait une Calaisienne, Calais serait à feu et à sang. Les policiers reçoivent l’ordre de laisser faire, n’ayant que le droit de se prendre eux-mêmes des coups. La presse a parlé il y a quelques mois de violences policières sur un clandestin contre une glissière, mais d’une part personne n’a cherché à savoir ce qui a précédé ce geste, et d’autre part le policier ne l’a pas frappé mais seulement poussé, comme le montrait très bien la vidéo.
 
Une minuscule poignée de policiers se tiennent aux abords de la jungle mais n'y pénètrent pas. En cas de problème, ils ne peuvent rien faire, ils sont trop peu et ont des ordres….
Une minuscule poignée de policiers se tiennent aux abords de la jungle mais n’y pénètrent pas. En cas de problème, ils ne peuvent rien faire, ils sont trop peu et ont des ordres…. 

Cela fait des années que les clandestins posent problème à Calais. Il y a quatre ans ils n’étaient encore que cinq cents, ce qui restait à peu près gérable, nous disent les Calaisiens en colère, même s’ils squattaient des maisons en ville avec l’aide des gauchistes. Mais aujourd’hui ils sont environ quatre mille et les problèmes se sont démultipliés.
Les nationalités ont changé aussi. Il y a dix ans c’était des Maliens, des Kosovars. Aujourd’hui ce sont des Erythréens, des Soudanais, des Afghans. En ville, lorsqu’ils sortent du camp, ils urinent sur les murs des maisons. Derrière un supermarché les services de nettoyage ont ramassé quatre-vingt-treize tonnes de déchets, sans parler des risques sanitaires que cela implique pour la population. Leurs caddies sont souvent pleins de canettes de bières, et le directeur d’un supermarché a dû embaucher trois ou quatre personnes rien que pour la sécurité du magasin.
Il y a eu des rixes aussi, notamment une en octobre 2014 impliquant deux cents hommes à seulement quelques pas de la mairie. Les policiers sont arrivés à la fin pour ramasser les blessés. « On nous parle du vivre ensemble mais même eux n’arrivent pas à vivre ensemble », conclut désabusé l’un des Calaisiens.
Il y a une quarantaine d’associations d’aide aux clandestins qui touchent 100 000 euros de subventions. « C’est avec notre argent, mais on ne nous a jamais demandé si on était d’accord pour ça ». « Certains viennent là alors qu’il n’y a pas de guerre dans leur pays. Une fois il y avait un Algérien, une autre fois un Turc. Il y a la guerre en Algérie ? », demande t-il.
A la Poste, ils ont leur propre guichet avec un traducteur attitré. Quant au bureau des demandes d’asile, il se trouve en centre ville accolé à un collège. Les parents inquiets ont demandé à ce que l’entrée de l’établissement soit déplacée pour ne pas risquer des confrontations. Certains, inquiets, ont carrément désinscrit leur enfant. Un garçon s’y est fait agresser et une jeune fille a subi des attouchements sexuels.
Mais si les Calaisiens ont le mauvais goût de se plaindre de la situation, ils sont aussitôt dénigrés et traités de racistes, ce dont ils se défendent catégoriquement.
La veille de notre venue un mariage avait lieu à la mairie où les mariés ont pour habitude de descendre les marches du perron quand ils sortent. Mais ce samedi-là, les clandestins manifestaient sur ces marches pour réclamer un deuxième repas journalier, des logements en dur et l’ouverture des frontières. Les jeunes mariés ont donc été contraints de sortir par une porte dérobée, comme des voleurs. La mariée était en larmes. Cela aurait dû être le plus beau jour de sa vie, il restera à jamais entaché par ce mauvais souvenir…
Manif-devant-mairie-2
Manif-devant-mairie
Madame Bouchart, qui affirmait en novembre dernier que « les Calaisiens ont droit à la sérénité »,  refuse de prendre le problème à bras le corps. Elle qui réclamait il y a deux ans que soient dénoncés les squats, prétend que les Calaisiens en Colère ne sont qu’une minorité et que ces clandestins sont une richesse pour sa ville. Elle refuse par ailleurs catégoriquement de rendre visite à Nadine, cette femme qui vit l’enfer depuis l’installation de la jungle dont elle est la plus proche riveraine. Nadine vit avec la peur au ventre et doit prendre des médicaments, elle ne peut plus prendre sa voiture car on guette ses allées et venues, il lui faut faire ses courses avec des amis.
Securite-Nadine
Nous nous sommes rendus chez cette femme qui vit depuis plus de quarante ans dans une jolie maison autrefois entourée de dunes paisibles et verdoyantes. La maison de Nadine est aujourd’hui un bunker, une prison. Sa fille et son gendre ont dû débourser la coquette somme de seize mille euros pour l’installation d’un portail électrique, d’une caméra vidéo, d’un talus de plusieurs mètres de haut, d’un grillage. Des volets roulants suivront bientôt. Et elle est connectée en permanence à un ordinateur montrant des images de vidéosurveillance. Toutes les minutes un signal retentit.
Est-il normal et acceptable de vivre ainsi ? Est-ce qu’une femme d’une ONG du camp accepterait de voir sa propre maison devenir une prison entourée de barbelés ?
Sa fille, excédée de ne pas voir la police venir à l’aide de sa mère quand sa maison se faisait caillasser et que les agresseurs étaient armés d’armes blanches, avait voulu pointer leur inaction en menaçant de prendre une arme pour défendre sa mère. Suite à cela, elle a eu un rappel à la loi, on a pris ses empreintes ADN et elle a été fichée pour trois ans comme un malfaiteur, pour avoir « menacé les migrants d’un crime » !
Avant cela, ses relations avec la police étaient très bonnes. Mais voilà, les policiers ont des ordres d’en haut pour laisser pourrir la situation. L’un d’eux a dit à Nadine qu’on pouvait avoir une altercation avec un blanc mais qu’il ne fallait jamais en avoir avec un des clandestins, car sinon c’est elle qu’on emmènerait…
La Vie Active s’engageait en 2011 à « donner de la tranquillité aux habitants de Calais » et précisait « nous serons gestionnaire de cet accueil à condition qu’il soit correct et que les conditions de sécurité soient assurées ». Où est donc passée cette belle promesse de tranquillité et de sécurité ? Mieux vaut ne pas se poser la question, sous peine d’être aussitôt taxé de raciste.
Nadine a trouvé perché dans un arbre de son jardin un clandestin qui coupait des branches. Elle a eu également neuf vols de bois de chauffage. Les policiers lui ont répondu « ce n’est que du bois qu’on vous vole »…
Il n’est pas rare que Nadine assiste également au spectacle d’hommes en train de se masturber ostensiblement devant elle, le pantalon sur les pieds.
Comment réagiraient les femmes des ONG si des hommes faisaient de même devant leur porte ?
A plusieurs reprises des techniciens de chez Orange sont venus faire des modifications dans le boîtier de sa rue. Lorsqu’elle a demandé à l’un d’eux ce qu’il faisait, l’homme lui a répondu que la Vie Active leur demandait à chaque fois toujours plus de débit, et que pour compenser il fallait réduire le débit des riverains.
Et ce dimanche matin, alors que Nadine se trouvait dans son jardin, deux femmes d’une ONG sont passées devant sa maison en disant « c’est elle qui emmerde le monde, c’est elle la connasse »…
Caroline Alamachère
PS : n’hésitez pas à encourager les Calaisiens en Colère pour leurs actions et leur vigilance, ils sont très courageux et fort sympathiques. Je les remercie vivement pour leur accueil chaleureux et leurs témoignages. (https://www.facebook.com/pages/Les-Calaisiens-en-Colère/479803612168266?fref=ts) 
Panorama de la jungle :
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Panorama-1
Panorama-2
Panorama-5
Panorama-7
 
Une ville dans la ville :
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Les douches
friture
 
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lavage
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On fait sécher son linge

 
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Les affichages informatifs :
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Les ordures :
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Les sacs de pommes de terre sont jetés avec leur contenu
Les sacs de pommes de terre sont jetés avec leur contenu

 
Le culte :
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eglise-2
 
Les clandestins :
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caddie-2
 
Quelques femmes éthiopiennes chrétiennes sont dans le même camp que les hommes
Quelques femmes éthiopiennes chrétiennes sont dans le même camp que les hommes

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Des Afghans interviewés
Des Afghans interviewés

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La distribution :
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Que des hommes…

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jeans
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voiture

matelas-tapis
tapis
objets
camionnette