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Exposition León Ferrari à Beaubourg : la haine anti-chrétienne en marche !

À propos de L’Assommoir, de Zola – roman assez abject qui exprime sa détestation du pauvre, forcément paresseux et bourré de vices –, l’écrivain dandy, et non moins prodigieux, Jules Barbey d’Aurevilly écrivait ceci : « Zola a voulu travailler exclusivement dans le Dégoûtant. Nous avons su par lui qu’on pouvait tailler largement dans l’excrément humain […] M. Zola croit qu’on peut être un grand artiste, en fange, comme on est un grand artiste, en marbre. Sa spécialité à lui, c’est la fange, Il croit qu’il peut y avoir très bien un Michel-Ange de la crotte » (extrait d’une critique parue dans Le Constitutionnel, 29 janvier 1877).

Eh bien, León Ferrari, ci-devant artiste conceptuel argentin, décédé à 92 ans en 2013 – c’est vous dire s’il a eu le temps de produire ! –, est lui aussi un artiste en fange. Mais pas seulement ! Parce qu’à la différence de Zola – qui eut des moments de grâce romanesque indéniables, avec des romans tels qu’Une Page d’amour ou Le Rêve –, le sieur Ferrari ajoute sa haine obsessionnelle et quasi mystique du christianisme. Et il le fait bien savoir, notamment à travers des « œuvres » comme La civilisation occidentale et chrétienne – proposant un Christ en croix sous les ailes d’un avion de chasse, associant l’un à l’autre –, ou Le Jugement dernier, qui consiste à faire déféquer des oiseaux sur une reproduction de la fresque éponyme de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine, au Vatican.

Car, pour León Ferrari, comme tant d’autres et sans originalité, l’Occident est automatiquement coupable de tout. Et qui dit Occident, dit évidemment christianisme. Peu importe qu’il y ait eu de par le monde – et qu’il y ait encore ! – d’autres religions bien plus belliqueuses que le christianisme, peu importe encore que ce soit précisément en Occident que la conscience des crimes contre l’humanité ait vu le jour, suivant une capacité à l’autocritique dont sont incapables la plupart des autres civilisations qui coexistent : la Chine s’excuse-t-elle, par exemple, des crimes contre le Tibet ?! Mais León Ferrari ignorait ces choses-là. Sa pensée se résumait à ceci : le général Videla – qui prit le pouvoir en 1976, en Argentine à la suite d’un coup d’État – était un catholique nationaliste ; donc les catholiques sont tous des tortionnaires en puissance. Il oublie que dans son pays la junte militaire s’en prit aussi à des catholiques fervents, dont ces deux religieuses françaises de l’Institut des Missions étrangères de Notre-Dame de la Motte, assassinées par Alfredo Astiz, surnommé « l’ange blond de la mort ».

León Ferrari fait aussi des collages, en tâchant de nous faire croire que Hitler et le nazisme c’est comme le Christ et ses fidèles. Encore une belle preuve d’ignorance, quand on sait à quel point Himmler et nombre de dignitaires nazis était anti-chrétiens et voulaient subsister au christianisme une religion néo-païenne qui puisait entre autres dans les croyances nordiques. « Mieux », les Nazis prétendaient que le Coran annonçait la venue d’Hitler ! Mais c’est le doigt du Dieu chrétien – peint par Michel-Ange, dont León Ferrari doit secrètement jalouser le génie tellement il l’accable ! – qui pointe son doigt vers… Hitler !

 

Sinon, le Centre Georges-Pompidou oserait-il commettre une exposition sur les caricatures de Mahomet, qui valurent à Charlie Hebdo un attentat sanglant et à bien d’autres de vivre sous protection policière à vie ? Il est vrai qu’ils ne risquent rien. Nous, les chrétiens, nous contentons de nous faire insulter en silence. Et à celui que me parlerait des crimes de l’Occident chrétien, qu’il me cite une seule civilisation qui n’ait pas de crimes à se reprocher. Ah, si, il y a les Bisounours, mais c’est un programme pour enfants !

Aussi, cette rétrospective des déjections de León Ferrari dans un musée français – donc occidental – me fait penser à cette phrase de Pascal Bruckner (in La tyrannie de la pénitence) : « Rien n’est plus occidental que la détestation de l’Occident, cette passion à se maudire, à se lacérer. » Mais plus on se déteste, plus on incite les Autres à nous détester et nous vouloir tout le mal possible. Et l’exposition León Ferrari y participe activement.

Tout ça se déroule sous les auspices macronistes, où l’est trop occupé à traquer l’islamophobie pour se mêler de cette christianophobie institutionnelle…

Charles Demassieux