Fabius est-il le porte-parole des Frères musulmans ?

Publié le 1 août 2013 - par - 1 650 vues
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Tariq Fabius : libérez Morsi !!!

C’est une question que je ne dois pas être le seul à me poser : de qui Laurent Fabius est-il le porte-parole ? Du peuple français ? Surement pas !

En effet, ce matin, la télévision nous a passé et repassé un Laurent Fabius, l’air malade, maussade, triste, contrarié, bredouillant, cherchant quoi dire, pour conclure, toujours en faisant montre d’une absence totale de conviction : (que le chef de la dictature de la charia constitutionnalisée, l’ex Président Morsi)  « (…) doit être remis en liberté »…

De quoi je me mêle ?

De quoi, en effet, ai-je commenté, indigné par cette honteuse conclusion, du chef en titre du quai d’Orsay. Le peuple égyptien, veut, en 2013, renouer avec le progrès politique et social qu’il avait pensé trouver avec la révolution de 1952 chassant la dynastie albanaise issue de Mehmet Ali, mais pour Monsieur Fabius, il  ne doit pas. A l’inverse, le peuple égyptien doit laisser en liberté et devenir un étendard, un centre de ralliement, un chef politique exécré par la majorité. La dite majorité devant ainsi renoncer à ses aspirations à la liberté politique collective et personnelle, en laissant libre d’aller et venir un homme unifiant la chouannerie égyptienne pro-djihadiste. Pas mal, comme ouverture d’esprit ?

Ri7Fabius lècheOuverture d’esprit, ou sabotage conscient et délibéré des aspirations égyptiennes à une vie libre et meilleure ?

Visiblement, la hantise du Quai d’Orsay et de son chef c’est : que les Frères musulmans ne disposent plus de ce moyen politique – Morsi – légitimant leur constitution liberticide entravant la marche vers la souveraineté populaire dans une Egypte qui pourrait enfin être celle de tous ses habitants, les croyants autant que les incroyants, les pratiquants autant que les non pratiquants, les musulmans (d’origine arabe et/ou autochtone) autant et pas plus que les autochtones Coptes  (chrétiens).

Laurent Fabius est paraît-il socialiste, et même un républicain, un démocrate de progrès…

Manifestement, son socialisme, son démocratisme de progrès, son républicanisme, le rapprochent intimement et paradoxalement des idéologues de l’opium du peuple version totalitaire.

Curieux, ne trouvez-vous pas ?

Cette connivence avec Morsi et les hommes qui prétendent asservir la femme au nom de Dieu, n’a-t-elle pas un rapport direct et intime avec la politique intérieure française de ce gouvernement ?

La politique extérieure, étant la politique intérieure avec d’autres moyens, comme la guerre est la politique extérieure avec d’autres moyens, on peut en effet se demander : si un pouvoir normal qui baisse pavillon à Trappes devant un converti au salafisme, -étrangleur de policier-, qui étale une indulgence coupable et idéologisée face à des incendiaires de biens publics et privés parce qu’en période de ramadan il conviendrait de calmer le jeu…, n’est pasun pouvoirqui a renoncé à exercer toute autorité, sauf sur ses concitoyens n’arborant pas le pavillon d’une idéologie religieuse qui disposerait de la suprématie reconnue lui permettant de s’opposer -par tous moyens- aux lois débattues et votées par le parlement.

En d’autres termes, si Laurent Fabius n’est très certainement pas devenu membre de la « fraternité politico-religieuse » des Frères musulmans, son hostilité à la révolution nationale en Egypte, accouchant d’un cardénisme*1 égyptien, a probablement des liens politiques avec les relations qui unissent son gouvernement à Tariq Ramadan, Tarek Obrou, l’UOIF et d’autres succursales et amis de la secte rejetée par la nouvelle phase de la révolution nationale démocratique en Egypte.

Derrière la revendication de la remise en liberté de Morsi se tient, à peine tapie, outre la plus noire réaction en Egypte, la clique de la chefferie du Hamas, se tiennent aussi les djihadistes syriens devant lesquels Laurent Fabius fut si fier, sous prétexte de combattre les Assad, d’intimer à la république syrienne de « se casser » pour céder la place aux partisans du Califat islamique en Syrie.

En prenant cette position pro-Morsi, Laurent Fabius combat la démocratie en Egypte et sape, tout aussi directement, ce qu’il reste de République dans ce pays, la France.

Alon Gilad

*1 Lazaro Cardenas était colonel de l’armée du Mexique, membre du PRI (le parti révolutionnaire institutionnel né de la grande révolution mexicaine des Maximiliano Zapata, Francisco Villa). Cardenas s’opposa aux grandes compagnies pétrolières « yankees » qu’il nationalisa. Devenu Président du Mexique, Cardenas s’opposa aussi à la lâcheté politique généralisée face au satrape sanglant de Moscou (Staline) qui avant de le faire assassiner, avait expulsé Trotski en même temps qu’il s’arrogeait le droit de lui interdire de trouver un refuge dans un autre pays, en se livrant à toutes sortes de chantages sur les différents gouvernements. Ce fut l’époque de « la planète sans visa », pour le grand révolutionnaire fidèle aux idéaux de socialisme fondé sur la démocratie ouvrière.

A l’époque, le DNA (le parti ouvrier norvégien), l’ancêtre de la social-démocratie norvégienne, se signala par sa misérable poltronnerie. Le DNA jouera même le rôle d’auxiliaire de police et de valet pour le compte de Staline et de son GPU. La social-démocratie norvégienne n’a guère changée, toujours aussi veule, sauf qu’au lieu de servir le tyran moscovite elle se plie désormais en quatre devant les exigences liberticides des multiples tyrans et tyranneaux de la charia.

A l’inverse des autres lâches chefs de gouvernements de l’époque, le Président Cardenas offrit à Trotski un véritable asile, avec liberté de parole et de mouvement, sauf pour ce qui concernait les questions mexicaines. Le colonel Cardenas poursuivit avec fermeté le commando de tueurs staliniens -membres et cadres du parti communiste mexicain-, formé autour du peintre David Alfaro Siqueiros, qui avait tenté d’assassiner Trotski. Cette tentative se soldera par l’enlèvement et l’assassinat d’un jeune trotskiste américain garde du corps du révolutionnaire. On sait que Staline ne renonça pas et qu’il fit effectuer sa vengeance politique au moyen en faisant recruter un assassin parmi les staliniens espagnols, Ramon Mercader.

Le cardénisme égyptien, s’incarnant aujourd’hui dans la personne de Sissi, le chef de l’armée nationale égyptienne, -comme son homologue turc qui  s’incarnait dans la personne de Kemal Pacha Atatürk-, représente une phase du mouvement historique d’émancipation politique et sociale. Il est un bonapartisme progressif.

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