Face à l’islam, la médecine traditionnelle ne suffit plus : il faut amputer

Publié le 4 octobre 2010 - par
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Voilà maintenant des mois que dure une polémique stérile, un dialogue de sourds ponctué d’invectives, entre les rédacteurs de Riposte Laïque et leurs ex-camarades de l’Ufal. Ces derniers, pour Riposte Laïque, ne sont que des « idiots utiles » de l’islamisme ; pour l’Ufal en revanche, Riposte Laïque est devenue une dangereuse officine d’extrême-droite qui n’ose pas dire son nom. Le fond du problème est pourtant simple : Les deux mouvements ne se situent pas dans le même contexte. Les collaborateurs de l’Ufal sont de bons théoriciens de la Res Publica, qui prônent des positions politiquement correctes, conformes à un idéal de civilisation et de démocratie. Ceux de Riposte Laïque sont des militants qui recherchent des méthodes fortes pour défendre efficacement nos valeurs contre l’offensive islamiste, dans un contexte de violence très concret et bien éloigné de l’idéal ci-dessus.

Un chirurgien intervenant sur le lieu d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle ne peut pas utiliser les mêmes pratiques, voire la même déontologie, que ses collègues travaillant en métropole dans le confort d’un centre hospitalier bien équipé. En situation de crise et dans l’urgence, il faut sauver ce qui peut l’être et pour cela, faute d’avoir les moyens d’une chirurgie réparatrice, pratiquer si nécessaire l’amputation d’un pied déchiqueté avant que la gangrène ne s’y mette. Car si l’on hésite trop longtemps, c’est au niveau du genou qu’il faudra alors amputer si l’on ne veut pas que le blessé se retrouve, dans toute son intégrité physique certes, mais entre quatre planches… Or ce blessé, c’est notre Res Publica elle-même, déjà touchée par la gangrène islamique !

La démarche politiquement correcte de l’Ufal est, bien entendu, nécessaire au maintien de nos repères fondamentaux en matière de droits de l’homme et du citoyen (liberté, égalité, laïcité, etc.). Il est toujours bon de philosopher sur ces valeurs et sur l’équilibre qu’il convient de maintenir entre elles pour optimiser le fonctionnement de la société. En ce qui concerne plus particulièrement la laïcité, je me suis déjà exprimé – « Laïcité : lutte antireligieuse, combat social ?… Soyons clairs » (1) – en adoptant sur ce sujet des positions assez voisines de celles de l’Ufal et de la philosophie sous-jacente (2). J’ajoute que si, au cours des précédentes décennies, cette laïcité avait été appliquée par les pouvoirs publics avec toute la rigueur nécessaire, nous ne serions peut-être pas aujourd’hui dans le pétrin où nous nous trouvons, même si d’autres erreurs (immigration incontrôlée, culpabilité post-coloniale) y ont aussi grandement contribué.

Seulement voilà, ce pétrin, nous y sommes bel et bien, et la démarche politiquement correcte est devenue insuffisante, face à un Islam de plus en plus conquérant qui s’impose désormais dans certains quartiers par la force, et face à une délinquance qui, dans ces mêmes quartiers, s’installe de manière organisée donc particulièrement dangereuse. Pour défendre notre république, une résistance beaucoup plus musclée est nécessaire et je soutiens le mouvement qui en est porteur, tout en regrettant qu’il se soit donné l’appellation erronée de « Riposte Laïque » : « Riposte », oui, mais la laïcité n’a plus grand chose à y voir, et le nom de « Résistance Républicaine » choisi pour l’association issue de ce mouvement me paraît de ce point de vue beaucoup plus pertinent. Pis que cela, le libre exercice des cultes, pourtant garanti par la laïcité, ne peut qu’être remis en question, ainsi que diverses autres libertés d’expression et d’association, à partir du moment où l’ordre républicain lui-même est en danger.

Et c’est bien là le paradoxe devant lequel se trouve Riposte Laïque et auquel les pouvoirs publics seront confrontés tôt ou tard : devoir faire des entorses, voire des amputations, aux droits de l’homme et du citoyen (sous les cris d’orfraie de la « gôche » compassionnelle…), pour se donner les moyens, face à la menace islamiste, de sauvegarder ces mêmes droits. Et il y a urgence, et plus on attendra, plus la chirurgie devra être invasive… C’est cela que l’Ufal se refuse à regarder en face, préférant minimiser le danger et faire croire que des mesures sociales suffiraient à le supprimer. Mais c’est cela aussi que Riposte Laïque, sauf exception (3), n’ose pas dire ouvertement, préférant faire passer sa résistance contre l’Islam – au demeurant parfaitement justifiée – pour une démarche purement laïque, moyennant une vision très contestable de la laïcité que l’Ufal a beau jeu de qualifier d’ultra-laïcisme… Ainsi naît le dialogue de sourds, où, hypocritement et sous couvert des mêmes mots, chacun insinue son idéologie en se gardant bien de l’exprimer clairement.

Laissons donc les doctes mandarins de l’Ufal à leurs dissertations – fort intéressantes – sur la chirurgie esthétique de la laïcité, et ayons le courage, pour sauver l’essentiel de nos valeurs, de prendre le risque assumé – et exprimé sans ambages – de nous salir les mains.

Car le débat que soulève Riposte Laïque ne porte pas sur le raffinement de ces valeurs, mais au contraire sur leur élagage nécessaire. Quand des imams et des rappeurs propagent la haine et l’incitation à la violence, il faut les faire taire… et tant pis pour cette amputation de la liberté d’expression. Quand des prières publiques bloquent systématiquement la rue, il faut les interdire… et tant pis pour cette amputation du libre exercice des cultes. Et quand enfin des bandes organisées s’attaquent aux biens, aux personnes, et même aux forces de l’ordre, il faut les mettre hors de combat par les armes… et tant pis pour cette amputation des droits de l’homme. Que faudra-t-il de plus si les choses s’aggravent ? Restaurer l’exil, les bagnes, la peine de mort ?…

À tout le moins, notre pays n’échappera pas à une sérieuse remise en question de son identité et de ses valeurs, à une vraie rupture politique, et à une gouvernance forte qui devra s’imposer en limitant peu ou prou nos libertés individuelles, notamment vis-à-vis de la police et de la justice. Attendons nous donc à ce que cela provoque des violences – il y aura des répressions et du sang versé. Il est enfin probable que cela ne se fera pas sans perturber plus ou moins gravement nos relations internationales, tant au sein de l’Union Européenne que dans le cadre des Nations (dites) Unies, avec toutes les conséquences économiques que pourra entraîner l’hostilité de certaines de ces nations… Bref, nous devrons payer chèrement la remise en ordre de la France, et plus nous attendrons plus le prix sera élevé.

Je n’écris pas cela de gaieté de cœur, et je conçois fort bien que de nombreux collaborateurs de Riposte Laïque, issus de la gauche républicaine, rechignent à envisager l’avenir sous de tels auspices, et surtout à le dire publiquement. Mais le courage politique consiste précisément à dire la vérité, même et surtout si elle est désagréable, et à en tirer les conséquences – et si Riposte Laïque n’a pas ce courage, ce n’est pas l’Ufal qui l’aura…

On m’objectera que, contrairement aux membres amputés, les libertés perdues peuvent toujours être restaurées – avec prudence – une fois l’ordre républicain rétabli. C’est vrai en principe, mais dans la pratique, ce n’est jamais sûr. Si par exemple on interdit le dénigrement public de la Nation et de ses symboles, ne risque-t-on pas de donner des idées aux intégristes religieux qui souhaiteraient – sous prétexte de notre identité culturelle et de ses racines judéo-chrétiennes – faire condamner le blasphème ? Si l’on prohibe le port du voile islamique, symbole d’une tradition patriarcale profondément sexiste, combien d’autres signes vestimentaires exprimant des idéologies critiquables pourront également être frappés d’anathème ? Et si l’on développe une politique de répression musclée contre les exactions des bandes de délinquants et contre les démonstrations de force des communautés islamistes, le gouvernement autoritaire – forcément autoritaire – mis en place pour cela ne sera-t-il pas tenté de généraliser durablement cette méthode policière au « traitement » de toutes les manifestations protestataires et de leurs instigateurs ? Voilà pourquoi Riposte Laïque ne peut se limiter à la préconisation de mesures coercitives, mais doit aussi débattre de leurs inconvénients et des dérapages possibles, ne serait-ce que pour tenter d’y mettre quelques garde-fous.

Au cœur de ce débat, on retrouvera le vieux problème philosophique : Jusqu’à quel point la fin peut-elle justifier les moyens ? Face à des insurgés qui ne comprennent que la force, l’angélisme n’est plus de mise, mais si, pour échapper à l’emprise de la Charia et au désordre social, nous devons accepter une régression de notre civilisation en revenant aux méthodes anti-insurrectionnelles et au code pénal du XIXe siècle, ce sera quand même une petite victoire, sans doute de pure forme mais ô combien ironique, pour nos ennemis islamistes !

Jean-Marie Blanc

(Septembre 2010)

(1) http://www.laic.fr/albaredes/jean_marie_blanc_dec2007.pdf

(2) Voir notamment l’ouvrage de Catherine Kintzler : « Qu’est-ce que la laïcité ? », J.Vrin édit., 2007

Une exception remarquable, l’article de Philippe Landeux : « La Goutte d’Or qui fait déborder le vase » (5 juillet 2010),
http://www.ripostelaique.com/La-Goutte-d-Or-qui-fait-deborder.html

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