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Face au coup d’État vaccinal, Zemmour doit être le candidat des Libertés

Il est délicat de faire des propositions à un candidat à l’élection présidentielle. Toutefois, voici celle que je suggère à Éric Zemmour dont on me dit qu’il nous lit.

Le débat sur la Covid désormais recentré sur le seul terrain des libertés. Avec la quasi-obligation vaccinale, Macron a désormais déplacé le débat sur la seule question de la liberté et conjointement sur la tyrannie qu’il est en train d’instaurer.

La controverse scientifique sur le vaccin et sur son bien-fondé est désormais définitivement sortie du débat politique, le sujet a été quasiment vitrifié, l’opinion s’est départagée sur ce point, les gens ont pris parti et les positions des uns et des autres ne bougeront pratiquement plus. Il serait donc vain de s’y attarder. Ce serait même contre-productif. De mon point de vue, Zemmour n’a plus à chercher à convaincre sur ce thème, juste à exprimer sa position constante si la question lui est est posée. Réponse courte et invariable de rigueur.

Le premier tour déterminant. La question pour Zemmour sera de se qualifier pour le second tour, car s’il y parvient aucun de ses concurrents ne pourra plus le stopper. Attention donc. Il faudra convaincre dès le premier tour, c’est-à-dire faire sortir les gens de l’abstention et fédérer les mécontents. Attention, une stratégie qui consisterait à spéculer sur la seule addition des voix de la droite au premier tour serait perdante. Zemmour ne doit pas refaire la campagne de Fillon. Zemmour ne doit pas faire une campagne de sortant. Vouloir se contenter de jouer en cotes bloquées entre la droite orléaniste et le RN serait une erreur qui priverait Zemmour d’accès au second tour. Il lui faut donc trouver des terres vierges et des thèmes qui n’auront pas été piétinés par ses concurrents.

Le candidat de la liberté et de l’opposition à la tyrannie macronienne. Il me semble qu’à ce jour tous les autres candidats « majeurs » se sont plus ou moins coincé les doigts entre deux pierres sur ce terrain. Aucun n’a franchement dénoncé l’obligation vaccinale, beaucoup sont des covidistes déclarés et aucun n’a dénoncé la manœuvre tyrannique visant au contrôle social. Ce terrain est donc totalement libre et sans concurrence ; même si d’autres candidats marginaux de notre camp se prononceront sur ces thèmes. Certains l’ont d’ailleurs déjà fait de façon magistrale ; en particulier dans la rue et avec quel succès.

Or c’est sur ce terrain qu’un grand nombre d’électeurs de tous bords et surtout d’abstentionnistes attendent une réponse. Le succès des manifestations organisées – et avec quel mérite – par Florian Philippot, ouvre la voie et nous montre l’ampleur de l’attente populaire.

Nous sommes quelques-uns à avoir regretté que Zemmour ne se soit pas précipité sur l’opportunité historique de se positionner immédiatement en chef de file des défenseurs de la liberté et en premier adversaire la tyrannie macronienne. Il aurait tout à fait pu le faire depuis sa position de commentateur et avant même de se déclarer. Sa prestation télévisée a été décevante sur ce point. Zemmour doit se positionner comme premier opposant à Macron et à son système. Néanmoins, il est toujours temps d’y revenir et nous allons voir par quel biais.

Des millions de sceptiques et d’opposants au vaccins boxés par Macron. Les sceptiques victimes résignées et les jusqu’au-boutistes martyrisés sont très nombreux. Dès que Zemmour va se déclarer, il faut qu’il se positionne immédiatement sur ce terrain, quitte à avancer un peu sa déclaration. Beaucoup de résignés vont souffrir de la tyrannie du passe sanitaire. Certains reviendront en arrière et sortiront de la résignation pour basculer dans la révolte. Les licenciés, ceux qui auront perdu leur emploi, les gens qui auront dû se faire vacciner contre leur gré, ceux qui auront été sanctionnés attendront une revanche. Sans démagogie, il y a là un potentiel considérable qui ne doit pas être négligé.

Zemmour leader de la contestation dès son entrée en campagne. En se positionnant tout de suite sur ce terrain, Zemmour viendra au renfort de la colère populaire. Il mettra Macron très sérieusement en difficulté et le fragilisera pour la suite ; lui et les autres candidats quasiment tous sur la même ligne.

L’amnistie des punis et la réintégration des licenciés, une promesse de justice attendue par une très large partie de la population.

Ce thème ne divisera pas. Contrairement à ce que fait Macron, il ne s’agira pas d’opposer les vaccinés aux non vaccinés. Au contraire, par la position qu’il s’est ménagée sur ce point en s’exprimant sur la question vaccinale, Zemmour s’est laissé tout le champ totalement libre. Il est donc parfaitement titré pour proposer une solution de réconciliation, d’apaisement et de justice sociale. Zemmour porteur de réconciliation contre Macron porteur de division et de haine.

Je dirais même mieux, Zemmour porteur de réparation sociale. Premier opposant au contrôle social imposé par Macron, premier défenseur des libertés et réparateur social, c’est l’image publique qu’il faut créer en complément de celle de défenseur de l’identité et de la tradition.

L’élection présidentielle est un concours. C’est quitte ou double dès le premier tour, surtout pour un outsider. Il ne peut pas y avoir de petits calculs. 

La victoire viendra saluer la prise de risque. Pas de victoire sans prise de risque.

Zemmour doit maintenant sortir de sa zone de confort, sortir des terrains qu’il maîtrise.

Il doit montrer qu’il est à même d’appréhender le risque et de faire face à ce dont il n’a pas la maîtrise absolue.

C’est maintenant qu’il doit montrer sa dimension d’homme d’État en prenant la tête des défenseurs de la liberté et des opposants à la tyrannie.

Martin Moisan