Face au sectaire Joffrin, quel bonheur d’écouter Elisabeth Levy parler de la gauche olfactive…

Publié le 28 mai 2012 - par - 2 296 vues
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La faute aux  nouveaux réacs !

Ce samedi 26 mai à l’émission « Répliques » animée par Alain Finkelkraut, deux invités : Elisabeth Levy et  Laurent Joffrin. La première, qui vient de publier « La gauche contre le réel » répond au second qui l’a accusée il y a quelque temps de favoriser, elle et d’ autres intellectuels , la montée du FN avec ses idées sur l’identité et l’immigration. Identité, immigration,  mots tabous qui du seul fait d’être prononcés, vous rangent dans le camp des « réacs ». ’ Ca alors ! On a enfin trouvé les vrais responsables des 18% de MLP . Non, ce n’est pas le chômâge, l’immigration, les dérives communautaristes, le climat d’insécurité entretenu par des délinquants récidivistes sur l’origine desquels on jette un voile pudique, les diktats de la bien pensance.  Des détails, tout ça. Les vrais responsables de la droitisation du peuple de France, c’est  une poignée d’intellos « réacs » à la limite du « nauséabond », les deux mots s’enchaînant automatiquement. Dans le même registre on a aussi « les idées qui puent ». Véritable obsession dans le camp du bien, celui de Joffrin,  que cette hantise des mauvaises odeurs, qui va avec un souci pointilleux de pureté.

Elisabeth Levy a trouvé le mot juste pour désigner cette gauche, elle la baptise  « gauche olfactive », le flair en éveil sur tout ce qui fleure mauvais.  Le bien, le mal, nos « olfactifs » ne font que recycler à leur sauce les fondamentaux religieux. Mais il est vrai qu’ils ont exhibe enfin le revers de leur veste théoriquement athée, à doublure variable : haine du catho et vénération de l’islam.   Tout au long de cet échange entre nos deux débateurs, on notera le remarquable sang froid de dame Levy, que Joffrin interrompt systématiquement alors qu’il s’étale dans son verbiage convenu. Mais apparente nouveauté, le bonhomme se défend d’appartenir  à cette gauche que pourfend dans son livre E. Levy. Non, il n’a pas les mêmes positions que les InroKuptibles ou Mediapart. Oui, il est d’accord pour aborder les problèmes qui fâchent. D’ailleurs son chef Jean Daniel ( Nouvel Obs ) est un partisan de la nation. Ah bon ? Alors pourquoi accuser les intellos de réacs quand ils rejoignent sur certains points les thèses de MLP ?  Réponse : parce qu’ils exagèrent. Ils exagèrent les problèmes d’identité et d’immigration. Il y a quelques problèmes dans les quartiers, concède Joffrin, mais on est quand même pas à la veille de voir déferler sur la France une 5e colonnes de musulmans ! 

A cela Finkelkraut opposera une citation de Péguy « Il faut toujours dire ce que l’on voit et voir ce que l’on voit ». Nous voila au cœur du problème : voir ou ne pas voir. Deux attitudes possibles : prévoir ce qui va arriver en partant du réel, ou être dans le déni de ce réel. Elisabeth Levy fait remarquer le changement qui s’est opéré en France en 25 ans. Elle ne reconnaît plus comme tant d’entre nous, le quartier où elle est née. De cela elle déduit logiquement que dans 25 ans, ce sera pire. Exagération !  Parce qu’une réalité gêne Joffrin et les siens, ils  la refusent, parce qu’elle ne colle pas avec son panthéon imaginaire où trône Rousseau, il la déclare impossible  Elisabeth Levy ne va pas le lâcher. Ah bon, il n’a pas la gauche entre les dents ? Alors pourquoi dès le moindre désaccord sur les problèmes douloureux  s’arroge t il  le droit de la considérer comme moralement suspecte ?  Pourquoi cette disqualification morale de l’adversaire idéologique ? S’il n’est pas d’accord avec ses petits camarades qu’il qualifie d’extrême gauche, pourquoi ne dénonce t il pas leurs procédés ? Pourquoi du haut de sa position de journaleux en vue, ne déplore-t-il pas l’absence de débat sur les sujets litigieux ? Le mariage homo par exemple, on ne peut pas être contre. Par exemple les drapeaux étrangers à la Bastille, le soir de l’élection de Hollande. Pourquoi les journaux n’en ont-ils pas parlé ? Pourquoi s’arrangent ils pour ne pas voir ce qu’il faut voir ? Et chaque fois il est pris la main dans le sac . Rien à redire aux drapeaux étrangers, selon lui, il y aurait en France une tradition de double appartenance. Quant au ridicule des drapeaux « homosexuels », il faut comprendre que ces gens là si longtemps ostracisés, ont besoin de cet affichage. Quant à la question de l’intégration, il considère que l’ancien modèle républicain d’assimilation n’est plus viable. Il faut tenir compte de la double appartenance. Comment ? Ca il ne le dit pas, pas plus qu’il n’a de solution pour reconquérir les territoires perdus de la république. Ah ! si, il faut punir ceux qui font la chasse aux non respectueux du  ramadan.  Quant à savoir si la France est un hôtel, sans plus,  où on apporte son manger, il ne se prononce pas .  Bref, Joffrin n’a pas changé, non il n’a pas changé, comme le dit a chanson.     

Par contre , il fait bon écouter Elisabeth Levy. Elle dit ce qu’elle voit. La gauche est par tradition le camp du mouvement. Mais elle tourne à vide en s’opposant à quelque chose qui n’existe plus. De toute façon le mouvement n’est pas forcèment un progrès. La gauche me fait penser à un Don Quichotte déboussolé, c’est moi qui commente, qui prend les moulins à vent pour des géants. Elisabeth Levy distingue cependant la gauche politique de la gauche médiatico culturelle. C’est cette dernière qu’elle pointe du doigt. Celle qui fait l’opinion, celle qui culpabilise tous ceux qui pensent « de travers ». Cette gauche qui ne peut pas dire qu’elle hait le peuple, qui a osé voter FN, alors elle s’en prend maintenant à ceux qui seraient responsables de la montée de ce FN. La tactique du cordon sanitaire autour du FN, silence et bouche cousue, a foiré.  Il a quand même fait 18% !  Alors on essaye autre chose. Cherchez la faute. Qui a entraîné le peuple sur ces chemins tortueux ? Une bande d’intellos qui coïncident avec le FN sur les questions d’identité et d’immigration.  Infantile, non ?  Tout plutôt que d’admettre l’évidence. La France n’est pas un hôtel, où on apporte sa burka et ses épouses, par ici les alloc, sans aucune obligation, ni même de parler la langue. « Plutôt la racine que le voile » résume E. Levy dans une formule heureuse.   Laissons la conclusion à Desproges «  J’adhérerai à SOS racisme, quand ils mettront un S à racisme. »       

Anne  Zelensky

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