Fake news : trois médias d’extrême-gauche pris en flagrant délit

Publié le 31 janvier 2019 - par - 7 commentaires - 2 194 vues
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Un militant, pilier de la contestation anarchiste dans son secteur, de surcroît d’une minorité visible et sexuelle, hospitalisé dans une structure psychiatrique. Une fake new qui accuse ses parents de l’y avoir mis de force. Un média d’extrême-gauche confidentiel qui la reprend : il n’en faut pas plus pour que la nébuleuse d’extrême-gauche gobe le tout et se répande en calomnies sur la famille indigne. Tout en montrant comment ceux qui donnent le plus de leçons sur les fake news s’y vautrent le plus, et persistent, et signent.

Une brève qui fait pleurer dans les chaumières

C’est une brève du Monde Libertaire, reprise sur un autre site Libertaire.net et sur Indymedia Nantes, qui met le feu aux poudres : « J., lycéen sympathisant de la FA, région rennaise, et représentant syndicaliste de UNL-SD35 vient d’être interné ce samedi 26 à l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier à Rennes : suite à sa participation au mouvement lycéen (contre parcoursup, contre la réforme du bac et du lycée, contre le Service National Universel, etc), il a été viré définitivement de son lycée, le proviseur a également porté plainte contre lui pour « incitation à la violence ». J., black, bisexuel, fiché S (un haut placé dans la police habite dans son quartier, donc repérable plus facilement) a été interné suite à l’autorisation de ses parents (il a 17 ans) qui n’acceptent pas ses idées politiques. Il demande d’urgence un soutien pour sortir de cette « prison » ».

Selon cette brève, J. est donc l’archétype d’un militant « intersectionnel », puisqu’à l’intersection de plusieurs oppressions : politique (il est anarchiste), ethnique (il est noir – mais l’extrême-gauche est dans le camp du Bien, elle a le droit de dire « black »), scolaire (il a été viré de son lycée), sexuelle (il est bisexuel – l’extrême-gauche est dans le camp du Bien, elle a le droit de faire cet outing même si l’intéressé n’a rien demandé), familiale (ses parents ne seraient pas d’accord avec ses idées politiques), selon l’âge (il est jeune), etc. Bref, une perle rare, syndicaliste lycéen-anar de surcroît.

Le Monde libertaire retire, sans s’excuser ni démentir

Coup de théâtre. Publié dans la nuit du 27 au 28 janvier il est retiré le soir du 28 janvier par le Monde libertaire : « parce que nous préférons en vérifier le contenu tout simplement. Il parlait de l’internement d’un jeune. Merci à qui l’aurait relayé de faire de même. Bernard pour le CRML ». Et il n’existe plus – c’eût été trop demander d’avoir un démenti officiel et des excuses, c’est bon pour la presse bourgeoise, ça. L’extrême-gauche, elle, est dans le camp du Bien, donc pas de démenti, pas de droit de réponse, pas d’excuses. C’est la loi des loups – malheur aux agneaux.

Indymédia persévère malgré l’avis de ses propres lecteurs

Mais Indymedia Nantes persiste. Malgré plusieurs commentaires qui demandent le retrait. Ainsi L, la mère de J. : « Cet article est repris du Monde libertaire. Qui vient de le retirer. Fausses informations. Diffamation. Le titre de votre journal est « Solidarity ». Faites-en preuve, ne rajoutez pas de la souffrance à une famille dont l’enfant est hospitalisé ».

Elle rajoute : « En tout cas, vous m’accusez, moi sa mère d’avoir fait hospitaliser mon enfant parce que je ne partageais pas ses opinions politiques. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous diffusez par ce copié-collé ? Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu ces derniers temps. De voir son enfant qui va mal. D’attendre l’ambulance qui n’arrive pas assez vite. De le voir partir à l’hôpital. Je vais vous dire, dans ces moments-là, on n’en a rien à faire des opinions politiques. On souffre. De quel droit quelqu’un que je n’ai jamais vu peut-il écrire ce genre de choses ? Il y a plusieurs infos qui sont fausses dans ce texte. Ce qui est écrit à notre sujet s’appelle de la diffamation. Je vous demande de vérifier ce qui est écrit et de retirer ce qui n’est pas vrai. À la douleur s’ajoute encore depuis hier de la douleur. De la colère aussi. J’ai l’impression d’avoir des rapaces qui se délectent de notre pauvre situation ».

Un autre lecteur : « Quels journalistes ! Copier-coller, tissu de mensonges, et on clique ! Bravo ! » Et un autre : « Ha comment c’est facile de publier des choses sur un journal, sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Vous n’avez qu’une version des choses et les raisons citées sont fausses. Mais vous préférez croire sans savoir la vérité. Il est si facile d’embobiner les gens ». Et un autre : « On a l’impression que vous vous délectez de ce genre de situation: plus c’est trash plus ça vous plaît ou quoi? ». Et un autre encore : « là on reprend une info sans vérifier au motif que Indy n’est pas un média, ce qui excuse tout, c’est lamentable. Ce qui gêne est censuré et ce qui va dans notre idéologie Indy publie sans recul ».

Le frère de J. donne des leçons de journalisme à bon droit : « Sachez qu’il faut toujours vérifier ses sources, écouter plusieurs versions. Car le fameux J. est malade psychologiquement, suivi par plusieurs médecins ».

Pas de quoi émouvoir le modo invisible d’Indymedia

Le modo – guère transparent, puisqu’il ne s’affiche jamais – d’Indymedia n’en a rien à faire. « On est pas un journal, on a pas de sources qu’on vérifie ou pas », balaie-t-il d’abord, avant d’en rajouter une couche : « Indymedia est juste un espace de libre expression. Personne ne vérifie les informations qui y figurent. A part bien sûr les lectrices/eurs […] Si ce fonctionnement ne vous plait pas, vous n’êtes pas obligé.e.s de lire ce site ». Circulez, il n’y a rien à voir.

L’on comprend mieux comment Le Média a pu s’enferrer si longtemps avec son fameux étudiant de Tolbiac soi-disant mort… avec trois sources qui n’étaient autres qu’un SDF mythomane, une étudiante d’extrême-gauche qui a avoué avoir menti et un militant Insoumis et anar de Grenoble, connu pour nombreuses violences, qui accuse les CRS de violence et est filmé devant Tolbiac en train de les agonir d’insultes.

C’est sûr que l’extrême-gauche s’y connaît en termes de journalisme. Surtout en lettres de dénonciation, fichage d’opposants et fake news. Mais l’extrême-gauche est dans le camp du Bien, elle a le droit. Tous les autres sont des fachos. Ne l’oubliez surtout pas.

Emmanuel Goldstein

 

 

 

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Notifiez de
DUFAITREZ

Il faut vraiment connaitre… et comprendre…

hagdik

La première chose à faire pour se débarrasser de ces torchons est de cesser de les subventionner.
Quand ils n’auront comme rentrée de fonds que le pognon de leurs lecteurs, ils n’iront pas très loin…

Dupond

hagdik
Ils sont subventionnés !!!

patphil

inutile de faire trop long pour voir qu’à l’évidence les journaux aux ordres rabachent les mêmes inepties, idem pour les « journalistes » politologues et experts qui débattent sur les chaines d’info , même bouillie reprise en boucle par tous

BobbyFR94

Pris la main dans le pot à confiture, ou plutôt à  » déconfiture » …

Le camp du bien est a gauche, à l’extrême-gauche même, donc il a tous les droits !!! logique …

Dire que des crétins vont sur ce genre de site…

C’est là que l’on voit la différence avec des informations FACTUELLES, vérifiées, croisées, éventuellement avec une réserve si un élément semble ne pas corroboré les faits tels que décrits…

Raoulpierre

Excellent article. Au delà de la tristesse pour cette famille. Les zanards sont pas plus cool que les maos ou les trotskos. Tous des crétins utiles aux capitalistes. La cervelle engluée dans de l’idéologie obsolète et je m’y connais. Jeune j ‘ai eu ma période  »droguee » a leurs fadaises. Ouf j ‘en suis guéri. Ayant vu leur déconnexion totale sur le terrorisme islamique. Des  »autruches » des  »collabos ». Des  »islamo nazis »

Dupond

Je ne souhaite à personne de vivre ce que nous avons vécu ces derniers temps. De voir son enfant qui va mal. D’attendre l’ambulance qui n’arrive pas assez vite. De le voir partir à l’hôpital. Je vais vous dire, dans ces moments-là, on n’en a rien à faire des opinions politiques
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Je ne suis pas pour l’avortement ,mais dans votre cas madame il est certain que exeptionnelement on est obligé de mettre ses convictions de coté .