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Faudra-t-il voter pour Les Républicains ou le Front national ?

hollandevotefnLes élections présidentielles s’approchent. La situation en France est si mauvaise que ces élections semblent à certains être la dernière chance qui s’offre encore pour la sauver.

Pour tous ceux, pour qui la civilisation occidentale n’est pas une expression vaine, il va de soi
qu’ils ne voteront ni pour les socialistes, ni pour les communistes. Le véritable choix est seulement entre le candidat de la droite, dite modérée, du Parti républicain, et Marine Le Pen.

Quelles perspectives présente l’élection de l’un ou de l’autre? Bien entendu, aucune de ces candidatures ne nous garantit que nous ne serons pas déçus. Même si le président de la République a beaucoup de pouvoir, le degré de décadence de la société française est tel, qu’il n’est pas sûr qu’il pourra rapidement redresser la situation.

Pour mieux comprendre celle-ci, peut-être pouvons-nous commencer par une analyse historique.
S. E. le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, l’ancien archevêque de Paris, avait dit dans le temps que les révolutionnaires de 1789 étaient les ancêtres spirituels et moraux aussi bien des communistes que des nazis. Qu’ils aient été ancêtres des communistes est facile à comprendre. Les communistes eux-mêmes se sont désignés comme leurs héritiers. A une révolution anti-féodale devait succéder une révolution anti-capitaliste. Les nazis ne se sont pas désignés comme héritiers de 1789. Mais le fait est que les révolutionnaires français avaient attaqué et occupé l’Allemagne. Et les Allemands ont appris à leur répondre par leur langage.

Surtout, la révolution de 1789 avait mis par terre l’universalisme chrétien. Elle a érigé en valeur suprême la nation. Si les féodaux ambitieux se livraient de petites guerres, les nations se livraient de grandes guerres. Celles de la Révolution et de l’Empire, puis celle de 1914 qui a continué en 1939.

C’était suite à leurs horreurs que naquit l’idée de créer la Communauté européenne, dont l’U.E. est la continuation.

Marine Le Pen souhaite sortir la France de l’U.E. L’on peut dire qu’après la sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne, elle nous fait courir le risque de retourner aux divisions de l’Europe qui précédèrent la deuxième guerre mondiale.

Je ne me cache pas ce risque-là. Mais je pense aussi qu’il existe un autre risque, peut-être pire encore.

Le jeu de mots de l’U.M.P.S., par lequel le Front national désignait ses deux adversaires n’était pas tout-à-fait sans fondement. Dans son livre «Chevaucher le tigre», Julius Evola (1898-1974), en pleine guerre froide, établissait une proximité entre le communisme soviétique et le capitalisme occidental. Pour lui, les deux systèmes étaient des fruits de la révolution bourgeoise qui avait abattu l’héritage spirituel aristocratique de l’Ancien régime. Cet auteur, considéré comme un penseur néo-fasciste, ne semble pas loin de la pensée de J.-M. Lustiger, qui a perdu sa mère dans la Shoah.

Peut-être serait-il juste de dire qu’avant d’être proche du parti fasciste, Evola était avant tout un baron italien. Eduqué dans le catholicisme, il a fini par prendre ses distances avec l’héritage chrétien, mais ne concevait pas la vie sans des références spirituelles.

Ce sont peut-être surtout celles-là qui font le plus défaut à l’actuelle droite libérale, dite modérée. Celle-ci ne semble avoir qu’un idéal: la consommation des biens matériels.

Que l’on me permette de rappeler une tragédie de Pedro Calderón de la Barca (1600-1681), « El alcalde de Zalamea » (Le magistrat de Zalamea). Un paysan a tué un noble qui avait violé sa fille et refusa de l’épouser. Par coïncidence, le roi devra bientôt passer par là. L’on décide que le paysan sera jugé par le roi lui-même.

Devant son juge, l’accusé dit : »Al rey debemos la hacienda y la vida. Pero el honor es la propiedad de l’alma, y alma apartenece solamente al Dios. » (Au roi nous devons les biens et la vie. Mais l’honneur est la propriété de l’âme et l’âme appartient seulement à Dieu.) Le roi comprend et accepte ce raisonnement. Il acquitte le paysan et le nomme alcalde (magistrat).

Ce sont ces notions-là qui font sans doute le plus défaut aux sociétés occidentales actuelles. Le nationalisme n’est peut-être pas la valeur que l’on devrait ériger en absolu. Mais c’est quand même une valeur, pour laquelle de nombreuses personnes sont encore prêtes à faire des sacrifices.
La série d’actes de violences, qui ensanglantent maintenant la France, montre que tôt ou tard l’on s’acheminera vers une guerre impitoyable avec l’extrémisme islamiste. Cette guerre ne pourra pas être menée seulement par des mercenaires. Elle exigera une mobilisation générale de tous ceux qui ne voudront pas se soumettre à l’oppression des tenants de la charia. Une telle mobilisation pourra s’effectuer au nom de différentes valeurs, mais probablement avant tout au nom du patriotisme.

Est-ce utile de poser la question de savoir, lequel des candidats aux prochaines élections présidentielles est le plus apte et le plus décidé à promouvoir et à encourager les sentiments patriotiques?

Dr Martin JANECEK