Le CCIF démontre malgré lui que les musulmans sont fort bien traités en France

Publié le 1 avril 2011 - par - 889 vues
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Le Collectif contre l’islamophobie (CCIF) est l’une de ces multiples associations de police de la pensée qui fleurissent actuellement. Il est plus particulièrement obsédé par l’aspect statistique des choses, et il nous explique, à grand renfort de courbes, listes et tableaux, qu’il a recensé 188 « actes »  qu’il qualifie d’islamophobes en 2010.

A l’analyse, les « actes » relevés sont souvent de simples paroles, ou graffitis, ou mouvements d’humeur, ou même moins, et ils ne sont souvent pas criticables. On s’étonne, par exemple, de voir qualifier d’islamophobe l’attitude de fonctionnaires qui veulent voir le visage de l’administrée à l’occasion d’un acte d’état-civil. De tels non-sujets constituent la grande masse des « actes islamophobes » relévés. Si l’on y ajoute le constat que, parmi les 188 « actes » relevés, la plupart sont des faits minimes (tags, mouvements d’humeur), on déduit du rapport qu’il n’y a pas de problème et que les musulmans sont fort bien traités en France.

Ce qui n’empêche pas le CCIF de vouloir traduire devant les tribunaux les « auteurs » de ces « actes ». Son rapport commence par cette proclamation qui sonne comme une devise : « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit ». Un slogan qui en rappelle un autre : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.« . On est en pleine tentative d’amalgame entre l’islamophobie et le racisme.

C’est quand qu’on ouvre un goulag pour « islamophobes » ?

En réalité, pour le moment, ce n’est pas encore un délit d’être allergique à l’islam, du moins en théorie. L’islam n’est pas une race. Il n’est en principe pas protégé par les lois anti-racistes. Comme toutes les idéologies, il est soumis au débat et à la critique. Il est même possible de s’en moquer grossièrement : le blasphème n’est pas un délit en droit français.

Cette profession de foi procédurière montre bien jusqu’où de telles associations communautaristes voudraient pousser la répression de ceux qui les contredisent, qui les combattent ou qui opposent des refus à leurs revendications.

On le voit d’autant plus quand on parcourt la liste des supposés actes islamophobes entrés en statistiques par le rapport : il s’agit en général de remarques de personnes exaspérées, d’altercations, et même, dans des proportions importantes,  de simples rappels à la loi, venant qui plus est des autorités compétentes.

Plus inquiétant : il arrive aux super-mouchards d’être suivis dans leurs délires par les tribunaux ;  ainsi, trois étudiants sont convoqués pour le 5 mai devant le tribunal correctionnel d’Angers sous l’accusation avoir écrit « La charia hors d’Europe » et « Marianne ne portera pas le voile ».

Inquiétant aussi : des délires analogues sont également le fait du CFCM, qui a obtenu d’Hortefeux qu’un suivi statistique des actes prétendus islamophobes soit réalisé par le ministère de l’Intérieur.

Les Assises contre l’islamisation figurent évidemment parmi les actes « islamophobes » dénoncés, de même que des propos d’Oskar Freysinger et ceux de Marine Le Pen parlant d’occupation à propos des prières de rue.

Certains actes recensés comme islamophobes surprennent. Nous apprenons ainsi que le dessin d’un drapeau tricolore mérite une telle étiquette. Serons-nous demain traînés au tribunal pour avoir dessiné le drapeau de notre pays ?

Par ailleurs, les affaires dénoncées par le rapport sont rarement élucidées judiciairement ; les auteurs et les mobiles restent inconnus, et certains graffitis sont peut-être destinés à donner le change, comme ce bizarre « Israël vaincra » associé de façon inattendue à « Putain de juifs ».

Nous y avons aussi rencontré certaines affaires bidon bien connues de nous, comme ce vol sur chantier à Reims, devenu un acte islamophobe et même un incendie. Ou cette profanation de Tarascon, dont un des auteurs s’avéra d’origine maghrébine, ce qui conduisit le procureur a déclarer de façon comique que cet acte n’était « malheureusement pas raciste ».

Nous attendons avec impatience le rapport de l’an prochain pour voir si nous y trouverons l’affaire de Verdun, où un cambrioleur auteur de graffiti racistes a confié au tribunal : « Comme je suis arabe, j’ai peint des insultes racistes pour détourner les soupçons ».

Voici donc quelques exemples de ces terribles « actes islamophobes » pour lesquels le CCIF voudrait traîner nos compatriotes devant les tribunaux ; tous sont extraits de son dernier rapport :

Actions supposées islamophobes de personnes en charge d’une autorité ou d’une fonction :

  • Plainte du maire de Roubaix contre le Quick halal ;
  • Tract d’un syndicat de policiers protestant contre la présence de viande halal à la cantine ;
  • Refus de la maire de Saint Gratien de permettre des prières  de rue ;
  • Un ancien garde des Sceaux déclare : « Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ce ne sera plus la France » ;
  • Un formateur a fixé une élève voilée pendant le cours ;
  • Le maire de Marseille a qualifié de déferlement la présence de 15 000 musulmans sur la Canebière à l’occasion du match Egypte-Algérie
  • Un conseiller municipal déclare : « J’ai des convictions laïques » ;
  • Le CROUS d’Antony refuse une salle pour les prières  à des étudiants qui « sont contraints » de prier dans les couloirs (noter l’inversion accusatoire : en réalité, ce sont eux occupent illégalement un espace public)
  • A l’occasion de démarches d’état-civil, un fonctionnaire demande à une voilée de montrer son visage (plusieurs exemples) ;
  • Un conducteur de bus ne  marque pas l’arrêt quand un groupe de voilées est seul à attendre ; elles pensent qu’il fait exprès ;
  • Une agence bancaire exige de voir le visage de celles qui entrent dans ses locaux ;
  • Sihem Hachi veut porter plainte contre la liste du NPA qui présente une femme voilée ;
  • NPNS brandit des pancartes « Ni voiles ni burqas » et voile la statue de Marianne
  • A Agen, le Bloc identitaire réussit à empêcher la venue du prédicateur Tarik Oubrou (un radical qui veut conquérir Rome) ;
  • A Nantes, une conductrice est verbalisée pour avoir conduit en niqab ;
  • Un proviseur contraint une lycéenne à enlever son voile pour recevoir son diplôme ;
  • Un médecin refuse un arrêt de travail à une femme, pensant qu’elle n’est pas malade et cherche à pratiquer sa religion chez elle (plusieurs exemples) ;
  • Une femme amenant un enfant à l’hôpital est temporairement soupçonnée de maltraitance par l’équipe soignante ;
  • Un animateur est licencié d’un centre de loisirs pour y avoir effectué des prières avec les enfants ;
  • Benjamin Lancar attribue la débâcle de l’équipe de France aux tensions raciales et au rejet d’Emmanuel Gourcuff ;
  • Des femmes voilées sont empêchées de se baigner tout habillées dans une piscine ;
  • Un manuel scolaire des éditions Nathan souligne le peu de liberté des femmes musulmanes et les punitions qu’elles encourent ;
  • Robert Ménard a déclaré lors d’une de ses émissions « Il y a trop d’immigrés musulmans en Europe » ;
  • Le Maire de Montfermeil aurait traité les responsables de la mosquée de « parasites ».
Tags, graffitis, inscriptions, accrochages, lettres :

« Islam dehors » ; « La France aux Français » ; dessin d’une croix celtique ; dessin d’un drapeau français ; « Israël vaincra » (bizarrement associé à « Putain de juifs ») ; « Islam hors de France »;  » La France sans mosquées » ; « La charia hors d’Europe » ; « Marianne ne portera pas le voile » ; « Les barbus font la loi dans notre quartier » ; « Les fanatiques ne doivent pas dicter leur loi à la République » ; « Mosquée clandestine, la France décline » ;

Echanges écrits, verbaux ou gestuels :

  • Un homme se filme urinant sur le Coran (le CCIF ajoute qu’il défèque, ce qui est faux à notre connaissance) ;
  • Une tête de porc est accrochée à la mosquée de Dunkerque :
  • Lancement de déchets et de morceaux de cochon à l’emplacement habituel de prières de rue (illégales, bien sur)
  • « J’en ai parlé au maire, je ne comprends pas pourquoi ils obligent leurs enfants à porter le voile » ;
  • « Si j’avais su, je serais venu avec une croix ; c’est inadmissible de s’habiller de la sorte »
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