Ferrand mis en examen : l’arroseur arrosé !

Publié le 12 septembre 2019 - par - 909 vues
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«Affairisme», «présumé innocent» : la mise en examen de Richard Ferrand fait réagir (EN CONTINU)
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Richard Ferrand est finalement mis en examen pour  prise illégale d’intérêts dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Une casserole qu’il traîne depuis des mois et qui lui a déjà valu une démission de son poste de ministre lors de la première instruction.
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La première plainte de l’association Anticor ayant été curieusement classée sans suite par le parquet de Brest en 2017, c’est une seconde plainte de l’association qui a abouti à la mise en examen du président de l’Assemblée nationale, par trois juges d’instruction de Lille, où le dossier a été dépaysé.
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Même plaignant, même motif, mais deux décisions de justice diamétralement opposées ! Mystères de notre justice impartiale !
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Une mise en examen n’étant pas synonyme de culpabilité, et le gouvernement n’ayant pas autorité sur le 4e personnage de l’État, celui-ci a déclaré qu’il ne démissionnerait pas. D’où le tollé général dans l’opposition.
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Car des vieux tweets ressortent de la naphtaline.
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Suite au torpillage du champion de la droite François Fillon, au printemps 2017, Richard Ferrand ne s’était pas privé de jouer les chevaliers blancs de la morale politique et de participer à l’hallali.
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« Une droite voudrait que soit placé dans nos mairies et nos écoles le portrait d’un homme mis en examen, qui a perdu toute autorité morale. » ( 14 avril 2017 )
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« Nous disons à François Fillon qu’il a définitivement perdu toute autorité morale pour diriger l’État et parler au nom de la France. » (17 avril 2017 )
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En clair, Ferrand invoque pour lui la présomption d’innocence, alors que ses tweets faisaient de Fillon un présumé coupable ! Il faut oser.
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Évidemment, ça fait désordre. Comme le dit le député LR Julien Aubert :  « Aux yeux de tous, il est arrosé, comme l’arroseur, pour ne pas dire douché ou rincé ».
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Mais malgré le retour  intempestif du boomerang, Ferrand s’accroche à son poste, avec le soutien  de l’Élysée et de Matignon, qui prétendent nous vendre une république exemplaire et transparente.
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Refrain connu. On a vu avec l’affaire Benalla, les limites de l’éthique élyséenne…​
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« Pour nous, Richard Ferrand doit partir, en raison de l’équilibre des pouvoirs et de la manière dont les institutions doivent fonctionner », déclare l’avocat d’Anticor.
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Pour Nicolas Dupont-Aignan, « macronisme rime avec affairisme ».
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À droite, on modère son discours. « Juridiquement, il y a présomption d’innocence. Mais politiquement ? Comment présider, représenter l’institution, diriger des débats… dans ces conditions ?»
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Pour le PS, « La mise en examen ne signe pas la culpabilité mais la sérénité du débat public suppose que ceux qui exercent des fonctions institutionnelles nationales démissionnent en attendant la décision de justice ».
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Et au PCF, Fabien Roussel, rappelle que « les Français veulent que nous lavions plus blanc que blanc. C’est normal ». Et il conclut que le président de l’Assemblée nationale doit démissionner.
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On le voit, la position de Richard Ferrand va être difficile à tenir.
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En soutenant Ferrand, Emmanuel Macron montre une fois de plus que la morale élyséenne est très élastique.
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Car même si mise en examen ne signifie pas culpabilité d’une personne, cela signifie néanmoins « qu’il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d’une infraction. »
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Un sondage de 2017 donnait un résultat accablant pour la classe politique :
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« Les Français considèrent majoritairement que la plupart des hommes et femmes politiques sont corrompus (74 %) et agissent principalement pour leurs intérêts personnels (85 %). »
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Dans ces conditions, Richard Ferrand ayant lui aussi perdu toute autorité morale, une démission s’impose. Question d’éthique.
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Jacques Guillemain
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