Feuilleton de l’été RL : Le Retraité (épisode 25)

Publié le 30 août 2019 - par - 4 commentaires - 284 vues
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Pour ce mois d’août, Riposte Laïque vous propose un roman inédit de Marcus Graven : Le Retraité.
Vern Faulques occupe ses premières semaines de retraité à revisiter les dossiers dont il a été responsable à l’Institut français des études comportementales (Ifec), un institut qui a contribué à créer le désastre actuel et la mise à mort possible du pays dans les mois qui viennent.

Durant l’hiver, je voyageai en Europe du sud au hasard de mon humeur.
Je séjournais parfois une semaine dans un hôtel ou une maison d’hôtes à Barcelone, Lisbonne, Rome, Athènes. Le plus souvent, je ne dormais qu’une nuit au même endroit.
Partout c’était le même spectacle désolant de désarmement moral des autochtones, d’ensauvagement des centres-villes, de quartiers en sécession, de pillages de maisons et de magasins, d’incendies d’écoles et de centres sociaux, de débarquements sur les plages méditerranéennes.
Les associations étaient là pour venir en aide aux envahisseurs, leur offrant téléphone, passeurs et abris. Le Pape les considérait comme de nouveaux Christ ayant marché sur les eaux de la Méditerranée pour apporter le Salut aux Européens.

En Espagne, la police annonça la découverte d’une cache d’armes dans la province de Gerone. Plus de 10 000 fusils d’assaut, des milliers de pistolets, 400 obusiers, des canons, des grenades, des mitrailleuses antiaériennes, d’énormes quantités de munitions, des gilets pare-balles furent exposés.
« De quoi équiper une armée », constatait sans pousser plus loin une journaliste d’une chaîne madrilène.
Pour un dépôt d’armes révélé, combien n’avaient pas été mis à jour ?

Je roulais d’un point à l’autre du continent en ayant l’impression que j’étais un des rares Européens à comprendre ce qui se déroulait sous nos yeux. Le théâtre des opérations s’étendait d’Helsinki à Gibraltar, de Brest à Moscou.
La maladie empirait de jour en jour.
Mais l’Europe persistait à s’amuser. Les expositions, les festivals, les foires, les concerts ne désemplissaient pas. J’y diagnostiquais une mollesse mentale irréversible. Leur monde crevait et ils se divertissaient.

Au printemps, quand l’Europe s’embrasa, je me trouvais dans un village de Dordogne.

Chapitre quatorze

En ce début avril, venant d’Espagne, j’avais transité par Andorre, l’Ariège et le Gers. À Foix, une ville dominée par le Camp du Bien depuis des décennies, dans une ruelle sous le château de Gaston Phébus, trois Africains en vêtements de sport de prix et deux maghrébines habillées en pétasses s’insultaient. Les deux parties gueulaient qu’ils reviendraient avec une bande égorger leurs opposants. Il n’y avait qu’eux qui hurlaient. Les habitants se terraient derrière leurs volets.
Dans le centre-ville de Auch, des groupes d’immigrants (ceux que la propagande du régime appelait des  « réfugiés ») traînaillaient dans les rues. Pas d’hostilité ouverte, mais une nonchalance vindicative, une pression de meute contre des couples ou des personnes seules, une oppressante fixité du regard.

Le ministre de l’Intérieur avait annoncé qu’avec 36 000 communes, la France avait la possibilité de répartir les migrants sur l’ensemble de son territoire. Une pétition d’habitants de Vézelay (haut lieu du christianisme) avait demandé que chaque village du pays accueille au moins deux clandestins. Et le gouvernement l’avait fait. « Un repeuplement, disait-il, pour pallier la désertification rurale. »
« Mon village à l’heure musulmane », avait titré un journal aussitôt qualifié d’extrême droite. La photographie illustrant l’article montrait des individus en djellaba priant en direction de La Mecque.

Les esprits soigneusement ramollis par des années de bourrage de crâne, intoxiqués par le discours compassionnel des associations et des journalistes, n’avaient pas réagi.
Des fantômes soudanais, érythréens, éthiopiens, afghans, syriens, irakiens, kurdes, hantaient maintenant les villes et villages de tout l’Hexagone.

L’hôtel dans lequel j’avais retenu une chambre avait l’apparence extérieure d’un motel. Sauf qu’il n’était pas possible d’y cuisiner ni d’y dîner.
Je partis à la recherche d’une auberge ou d’un bistrot dans un village de villas peu entretenues, de pelouses et de massifs de fleurs abandonnés aux mauvaises herbes, de vieilles bagnoles stationnées le long des trottoirs. Le bourg ne respirait pas la richesse. Pas un restaurant. Uniquement une épicerie au rideau métallique descendu. En revenant vers l’hôtel, je traversai un pont métallique rouillé au-dessous duquel coulait une rivière aux eaux molles. Devant une église délabrée, quelques musulmans en qamis discutaient en arabe. Ils se turent lorsqu’ils détectèrent ma présence. Je compris qu’ils logeaient dans le presbytère.

J’entrai dans ma chambre en rêvant au petit-déjeuner du lendemain. Je l’avais payé en même temps que la nuitée.

Quand j’allumai le téléviseur, toutes les chaînes de télévision produisaient le même plan : au milieu de sa baie, dans le jour finissant, le Mont-Saint-Michel flottait sur la Manche comme un mirage au cœur du désert.
Une attaque terroriste était en cours. Plusieurs dizaines d’hommes déguisés en policiers avaient coupé le pont menant au site, d’autres djihadistes, eux-aussi en uniformes de la police nationale, s’étaient faufilés dans les ruelles de la minuscule cité et avaient commencé à tirer sur les centaines de touristes.
Pas d’images du massacre pour l’instant. Seulement la nuit qui absorbait le Mont.

Un homme témoignait. Il était filmé à hauteur du torse. « Terrorisme : un témoin », claironnait en lettres rouges la bande en bas de l’écran. Il y avait une semaine, il faisait sa balade du soir dans son quartier. Il avait pour habitude de grimper au sommet d’un ancien château d’eau transformé en plate-forme pour le point de vue sur le village et sur la Manche. Il emportait toujours ses jumelles pour, mentait-il, regarder le Mont dans le crépuscule et les bateaux de pêche. Plus sûrement pour balayer le village à la recherche d’une dame se dévêtant devant sa fenêtre.
Le préfet avait réquisitionné une grande maison bourgeoise pour loger une trentaine de « réfugiés ». Le témoin de la chaîne d’information en continu les avait espionnés avec ses jumelles. Ils étaient cinq ou six assis sur les marches du perron de leur logement. L’un d’eux avait reçu un coup de téléphone. Il avait couru en direction du portail en fer forgé de la propriété et l’avait ouvert à la hâte. Deux camionnettes blanches surgirent, le franchirent et s’arrêtèrent au pied du perron.
Aussitôt tous les hommes, des Maghrébins et des Noirs, déchargèrent des caisses des fourgonnettes et les portèrent dans la maison. Les portes arrière des camionnettes claquèrent et les véhicules repassèrent le portail, refermé par le même individu qui l’avait ouvert.
« Plus rapide qu’une livraison Fedex », dit l’homme.
Soudain, un type sortit de la maison en brandissant quelque chose. Le témoin dit qu’il avait d’abord pensé qu’il s’agissait d’un outil et très vite compris que c’était une arme. « Une kalache », prononça-t-il avec délice.
L’homme qui revenait du portail cria une phrase en arabe. L’autre fit demi-tour et disparut à l’intérieur de la demeure.
« Pourquoi n’êtes-vous pas allé à la gendarmerie pour signaler ce que vous veniez de voir ?
— Pour qu’on me rie au nez ou qu’on me traite de fasciste islamophobe, non merci ! »
On ne voyait pas le visage du témoin, mais son ricanement traversa l’écran.
Gommée par les ténèbres, la silhouette du Mont-Saint-Michel avait maintenant disparu.

Je songeai à la prophétie de Chateaubriand « Chassez le christianisme, vous aurez l’islam ».

(à suivre)

Tous les êtres, les lieux et les choses apparaissant dans ce roman, y compris les réels, sont purement imaginaires.

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Notifiez de
POLYEUCTE

Gros succès !

Anne-Marie G

Nos dirigeants comptent sur notre habituelle absence de réaction, en cas de massacre de masse, ils feront comme en Angleterre ou en Espagne : pas d’amalgame, faut pas stigmatiser.

Patrick Granville

Des reactions ! On va en annoncer a profusions à la rentrée… ça va barder….ça va péter.

joel (1)

L’inéluctable guerre ethnique se profile et à ce jour nous savons que c’est planifié par l’UE. Tous nous savons pertinemment que c’est notre triste destin et rien ne saurait déroger à ce projet. Même les polices participent à la planification du meurtre de leurs familles et propres enfants car ils obéissent aveuglement et font même du zèle pour ce faire! Ne vous laissez pas abuser par des remakes de « Nazisme » et autres état d’âme d’intellectuels soucieux de décodage sociologique. La guerre qui se construit chez nous sadiquement sera notre sort… Quant au roman ce dernier en développe les phases militaires qui sont certes intéressantes.