Feuilleton de l’été RL : Le Retraité (épisode 26)

Publié le 31 août 2019 - par - 1 commentaire - 384 vues
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Durant le mois d’août, Riposte Laïque vous a proposé un roman inédit de Marcus Graven : Le Retraité. Voici en ce début septembre, l’avant-dernier épisode.
Vern Faulques occupe ses premières semaines de retraité à revisiter les dossiers dont il a été responsable à l’Institut français des études comportementales (Ifec), un institut qui a contribué à créer le désastre actuel et la mise à mort possible du pays dans les mois qui viennent.

À l’aube, un immense drapeau noir carré avec l’inscription « Mohammed le prophète d’Allah » en arabe flottait au-dessus de l’abbaye.
Quelques survivants pleuraient devant les caméras. Il y avait des centaines de morts. Le sang avait coulé en torrent le long des ruelles pentues du Mont.

Les combats durèrent des heures. Les hélicoptères des forces spéciales ne parvenaient pas à approcher de la terrasse et du cloître. Quand les soldats réussirent enfin à y prendre position, des kamikazes se ruèrent sur eux en se réduisant en chaleur et lumière à leur contact. Aucun djihadiste ne se rendit. Les premières images du village après le remplacement du drapeau islamique par l’emblème tricolore étaient accablantes. Le crépitement coriace des fusils d’assaut s’était tu sur un paysage de maisons éventrées. Elles avaient été reconquises une par une jusqu’à l’abbaye. Les derniers islamistes furent abattus dans l’abbatiale au milieu des corps des visiteurs qu’ils avaient utilisés comme bouclier.

Des images tombaient sur les sites Web de réinformation. Dans les rues, les cadavres des victimes se chevauchaient, des visages anonymes, du sang en quantité d’abattoir.
La machine médiatique tenta d’atténuer le choc. Elle affirma qu’il n’y avait aucun lien entre les « réfugiés » disséminés sur le territoire et l’attaque du Mont-Saint-Michel.
« Pas d’amalgame », suppliaient les journalistes et les politiciens. Les premiers benêts étaient filmés avec leurs bouquets de fleurs, leurs bougies et leurs dessins simplets.
Le Pape ânonna son couplet sur la tolérance et l’amour chrétien pour tous ces hommes et ces femmes qu’il interdisait d’appeler « clandestins » parce qu’ils étaient avant tout des êtres humains sous la protection du Christ.
Les experts craignaient une réaction de « l’extrême droite » qui serait bien plus terrible pour les relations de l’Europe avec le monde musulman que la destruction du Mont. Certains exposaient que l’action de l’armée avait peut-être dépassé les limites de l’acceptable. Une commission d’enquête serait constituée.

Mais ses membres ne furent jamais nommés.
L’attaque du Mont avait été le signal du lancement de la guerre civile en Europe. Plus précisément du passage d’une guerre civile larvée, avec les prières de rues, les « intellectuels » musulmans défendant l’application de la charia et la lapidation des épouses adultères, les niqabs de plus en plus nombreux sur les trottoirs, la création de « no-go-zones » (territoires échappant au contrôle de l’État et obéissant à la charia), les profanations de cimetières chrétiens, les incendies d’églises, les cris de « Vive le prophète ! Vive l’islam ! Mort aux mécréants ! » après chaque attentat, les menaces en arabe sur les trappes à kérosène des avions de ligne, les policiers, les pompiers et les médecins lapidés lors de leurs interventions dans les quartiers perdus de la République, les camions dévorant les foules, les attaques de salles de spectacle et de stades, les mitraillages de terrasses de restaurants et de cafés, les viols massifs de « chiennes occidentales » durant des rassemblements festifs, les égorgements de passants, de policiers, de prêtres, à une guerre civile de haute intensité.

La reconquête du Mont-Saint-Michel avait caché l’insurrection des quartiers musulmans des grandes cités européennes comme celle d’individus isolés hébergés dans un village breton ou une petite ville de Scanie. Des commandos musulmans avaient investi les commissariats, les gendarmeries, des bases de l’armée de terre dont une partie des soldats étaient déjà secrètement aux ordres de l’islam conquérant. Quelques îlots de résistance, principalement dans l’armée de l’air.

Les journalistes top-modèles des chaînes d’info en continu présentèrent un sourire de plus en plus crispé et superficiel. Puis se turent.
C’étaient maintenant des caméras entre les mains de bons musulmans qui filmaient et des chaînes compatibles avec l’enseignement du Coran qui diffusaient les reportages sur les décapitations des réfractaires au nouvel ordre et les homosexuels jetés du haut des immeubles.
Un présentateur barbu citait le verset 51 de la sourate 5 à chaque nouveau massacre : « Ö les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les juifs et les chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. »

L’Ifec s’était intéressé à l’intrusion de l’islam dans les transports, à La Poste, à Air France, à la RATP, dans les compagnies de CRS, dans l’armée de terre, dans la marine…
Quand l’Institut étudia les prières des salariés musulmans sur les lieux de travail, j’avais constaté que ni les autres employés ni le personnel d’encadrement ni la direction ne bougeaient. Au contraire, beaucoup se convertissaient.
Les politiciens et les journalistes firent semblant de croire que le « vivre-ensemble » fonctionnait à merveille alors que le pays se délitait à une vitesse monstrueuse.

Le continent subissait le choc que je devinais en gestation depuis des années et pourtant j’étais sidéré.
Ma stupeur devait être la même que celle des Espagnols en 1936, des Libanais en 1975, plus récemment celles des Libyens et des Syriens qui, en quelques jours, s’étaient retrouvés errant au milieu de ruines.
Quand j’étais adolescent, je ne comprenais pas l’attitude des Juifs qui n’avaient pas fui l’Allemagne hitlérienne après les lois de Nuremberg ou après la nuit de Cristal. Pourquoi n’avaient-ils pas rempli une valise et grimpé sur un bateau ou dans un train ?
Parce qu’ils étaient comme moi. Derrière mon pessimisme maussade, mon cynisme de façade, ma conviction de la réalité du Grand Remplacement comme l’appelait Renaud Camus, je ne croyais pas réellement à ma conclusion : le basculement du pays dans une guerre civile qui se conclurait en soumission.
Était-ce le résultat de ma carrière de fonctionnaire à l’Ifec ? J’avais tant construit de scénarios malsains au sein desquels mes victimes demeuraient amorphes que j’avais fini par croire que le pire n’était jamais certain. Par bêtise. Par manque d’imagination.
Un juin 1940 de plus. Sans général de Gaulle, cette fois.

Je repris le volant par une journée printanière, fleurie d’aubépines et de cerisiers. J’espérais atteindre La Manche et embarquer sur un bateau pour l’Irlande. L’Angleterre vivait la même situation désespérée que le continent.
Des barrages tenus par des hommes armés de fusils de chasse et des gendarmes me stoppèrent à plusieurs reprises. Le SUV fut fouillé sans minutie. Les hommes m’indiquèrent des villes à éviter.
« Les muzz les tiennent et ils ont d’autres arguments que nos pétoires. »

(à suivre)

Tous les êtres, les lieux et les choses apparaissant dans ce roman, y compris les réels, sont purement imaginaires.

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Notifiez de
kounnar

 » Aucun djihadiste ne se rendit »
Faut voir les djihadistes cela se rend aussi , la preuve ? On ne sait actuellement pas quoi faire des trop nombreux djihadistes prisonniers en Irak ou ailleurs :-)