Feux de forêt et bracelet électronique

Publié le 10 juillet 2014 - par - 979 vues
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A priori il n’existe aucun lien entre les feux de forêts et notre magnifique système judiciaire que tout le monde nous envie sans jamais l’avoir copié. Exception culturelle française sans doute digne du régime des intermittents du spectacle qu’ils soient à Avignon ou à l’Elysée. Pourtant, quand on se pose la question, n’y aurait-il pas la possibilité … de faire entendre à notre ministre qui connait bien la forêt … qu’un bracelet électronique est bien moins efficace pour stopper un feu que d’encadrer une brigade de délinquants pyrotechniciens à ramasser les aiguilles de pins qui jonchent le sol de nos vastes pinèdes susceptibles de partir en méchant CO2 à la moindre étincelle ?

A lire les inlassables faits divers qualifiés par “bien connu de la justice” ou “défavorablement connu de la police” et les innombrables articles émouvants qui nous culpabilisent sur les conditions de détention inadmissible du violeur de votre filleule ou de l’égorgeur de votre petit-fils, il FAUT faire quelque chose. Taubira a sa solution dont tout le monde, et certainement elle même, sait que cela ne fonctionne pas et que le constat est déjà à la une des journaux.

La France n’a plus les moyens de relancer le BTP en construisant des cellules étanches, elle n’en a pas la volonté non plus. Oui, bon, c’est comme ça, on ne discute pas et puis on aide assez le BTP en construisant des stades de foot et des mosquées. Et comme la solution Taubiresque est plus que moins satisfaisante, il nous faut autre chose.

Fichtre, diantre ! Les détenus se plaignent de leur enfermement, les gardiens aussi, l’administration aussi, Taubira et Félicie aussi. Hé bien qu’on les mette tous au vert, tentes, lits de camp, cantine et outils de jardin pour les uns, fusil à pompe pour les gardiens. Dans certains états des States c’est une pratique. Le détenu fait un effort pour la nation, il est largement motivé par la possibilité d’être à l’air libre mais aussi par la présence de calibres 12 qui veillent au respect mutuel. Débroussaillage, nettoyage, création de barrière coupe feu, ce n’est pas ce qui manque comme travail.

Mais comme nous sommes en France, accessoirement le pays le plus sale de l’Europe de l’ouest, nous sommes incités par de zolies assossiations super-ventionnées chaque année à venir faire le nettoyage des fossés encombrés de canettes de bières. On vous donne un sac poubelle et l’itinéraire. Bon ce n’est pas encore obligatoire et vous aurez droit à une photo dans le canard local. Pour vos scolarisés d’enfants, c’est pour la plupart déjà obligatoire. Pareil, un sac poubelle, un itinéraire strictement encadré et pas de gants. Pas de gants ? Non l’éducation nationale n’a pas les moyens. Une paire de gants coûte pourtant moins cher qu’une mallette pédagogique de type ABCD. Quid des tessons de bouteilles, de l’acier rouillé d’une canette vidée pour fêter une victoire ou d’une seringue usagée bourrée de virus qui vous rappelle que vous êtes mortels même si vous n’êtes qu’au CM2 ?

Qu’en pensez-vous madame Taubira ? Bracelet électronique inefficace ou cette proposition. Quitte à remettre les multi-récidivistes en liberté conditionnelle, autant qu’ils sauvent le monde au lieu de le détruire. Certains détracteurs me rappelleront que les US ne sont pas une référence et que le ball-trap se pratique souvent dans les écoles et universités américaines. Je leur oppose que nous ne sommes pas exempts de ce type de comportement et que l’on trouve beaucoup trop de couteaux de cuisine dans nos classes primaires que n’explique pas la nécessité de la cantine et que, d’autre part, nous avons la fâcheuse tendance a appliquer en France ce qu’il y a de pire au pays des cow-boys au lieu de prendre ce qu’ils ont bien pensé.

La justice Anglo-Saxonne est simple, logique et pragmatique et il n’existe pratiquement pas de multi-récidivistes. Un meurtre = (en moyenne) 30 ans incompressibles, deux = 2*30 = 60 ans, et ainsi de suite. En France 1, 2, 10 meurtres = 1* 30 ans avec l’assurance d’être libéré à la moitié de la peine, soit 15 ans sauf si bien sûr le fait d’être irresponsable de ses actes vous permet un séjour en unité psychiatrique pour égorger l’infirmière et décapiter l’aide soignante pour déposer sa tête sur le téléviseur. 28 août 2007 à Pau pour rappel, d’un fait, il y en a eu d’autres depuis.

Alors hamburgers et feux de forêt c’est non pour moi. Une vraie justice, c’est oui.

Philippe Legrand

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