Film anti-musulman, caricatures : tout cela c’est la faute aux Juifs !

Ce matin, les informations radiophoniques restaient centrées sur les manifestations du samedi passé, et sur celles interdites, appelées pour samedi prochain, au motif de protester contre l’hebdomadaire satirique et ses caricatures.

Mais rassurons-nous : l’islam et même le salafisme ne sont pas si méchants que cela.

Les tortures, les mutilations et la sodomisation de l’ambassadeur américain à Benghazi, -son cadavre profané, mutilé, trainé autour des décombres de l’ambassade incendiée par les tirs de roquettes, tiré dans la poussière comme on trainera celui de Khadafi, -tel un trop lourd sac d’ordures-, toute cette bacchanale digne du culte de Moloch, ne concernerait que quelques excités lybiens, cherche-t-on encore à nous faire accroire du côté de l’IRIS et de ses semblables au Quai d’Orsay.

Certes, convient-on dans une partie des médias, ce sont des excités lybiens lourdement armés ; ce sont des « groupuscules » salafistes très bien organisés et ayant un certaine base sociale…En effet, l’affaire a été minutieusement préparéé et menée à la manière, si tolérante des fils du Califat, pour commémorer le onze septembre 2001.

Une vidéo qu’ils connaissaient bien, depuis des mois, en a été le prétexte

Le onze septembre 2012, ce fut le Sarajévo des Isvolski d’al-quaida et du salafisme réunis, formant, -pour tuer le plus sauvagement et spectaculairement possible-, une sorte de consortium du nouveau djihad mondial.

Mais quand même, ce n’étaient rien que des excités, continue-t-on encore à nous vendre du côté du quai d’Orsay et de l’officine baptisée l’IRIS.

Des excités, rien que des excités, enflammés par un film qu’ils n’auraient pas vu, vous croyez ?

Des excités qui seraient sagement restés chez eux, si la vidéo n’avait pas existé, vous pensez cela sérieusement ?

Rien que des gens ayant perdu leur self-control, des gens indignés, n’ayant que peu ou pas de réels rapports avec les autres protestataires, avec ceux du Caire, de Tunis, de Salée, de Gaza et de tant d’autres lieux du déchaînement du fanatisme et de la tyrannie « religieuse » ?

Rassurons-nous, continue-t-on à nous débiter :

Tout cela n’avait aucun rapport, -sinon tellement lointain-, avec le coran, la sunna, la Sira, les Haddiths et avec tous ces braves bougres de croyants salafistes ou « frères musulmans », tous de si gentils personnages, et tous passionnément amoureux du banu quraich devenu le prophète de l’islam, mais ne supportant pas qu’on en dise du mal, même si ce « mal » c’est ce qu’ils en racontent et lisent dans leurs propres récits traditionnels consignés par écrit, par Ibn Ishaq, Muslim et Al Boukhary, pour ne citer qu’eux.

En effet, aussi efficace que les services de police, nos reporters d’Europe1 ont, comme si cela allait de soi, retrouvé un de ces manifestants du samedi passé, un de ces jeunes gens vigoureux, manifestement pas très paupérisés, qui s’étaient emparés de l’avenue des Champs Elyséee pour y scander des mots d’ordre, lancer des pierres sur les forces de l’ordre, puis, encadrés par la police, transformer un bout de trottoir en mosquée improvisée

La radio donnera donc la parole –nous dira-t-elle- « à un barbu ».

L’homme, « le barbu », parlera.

Il répondra posément, expliquant : qu’il n’irait pas aux manifestations non autorisées, appelées samedi prochain. « Il n’est pas question, pour lui –dit-il-, d’importer en France les conflits des pays arabo-islamiques, et (il convient) de respecter la loi ».

Oh que c’est rassurant, tout cela

Mais ce que le reporter et le commentateur ne nous diront pas : c’est que l’OCI (la conférence des Etats islamiques), prenant prétexte du film et des dessins satiriques, vient de réintervenir auprès des Nations-Unies. Elle demande, une nouvelle fois, l’intégration du délit de blasphème dans toutes les législations des Etats pour qu’il soit, partout et en tout lieu, sanctionnable comme un crime.

L’OCI n’a pas renoncé une seule seconde à une insistante réclamation 

Elle exige ! Elle dit que le blasphème doit être obligatoirement réprimable, dans tous les pays membres de l’ONU, en France donc.

En clair, demain, ce brave homme parlant ce matin au micro d’Europe1, ce brave salafiste respectueux de la loi, manifestera… pour faire « respecter la législation criminalisant le blasphème » ou ce qui sera considéré tel.

On a vu récemment au Pakistan ce que signifie au quotidien la loi contre le blasphème.

Comme en écho, un hebdomadaire parisien répond à l’OCI.

Il pose hypocritement la question, sur sa « une » : « le blasphème est-il un droit absolu » ?

Sous-entendu, qui est plus qu’un sous-entendu : le droit au blasphème est devenu une liberté relative. C’est un droit de trop, en 2012.

C’est devenu un droit qui, comme tous les autres (sauf la liberté religieuse musulmane, qui n’est pas encadrable par la loi) doit être encadré. Il ne doit pas être manié sans esprit de responsabilité. Et si on ne le comprend pas, il faut légiférer pour réprimer si nécessaire !

Bref, même s’il ne s’agit pas de restaurer le temps des procès de nouveaux Chevalier de la Barre, il faudra sanctionner les turlupins irresponsables ou les « racistes » déguisés en libres penseurs.

On aura aussi noté, que le reporter-enquêteur n’aura pas eu l’impolitesse de demander à ce brave et légaliste barbu venu illégalement manifester la semaine passée ce qu’il a pensé des slogans appelant à exterminer les Juifs et s’il savait que la manifestation n’était pas légale.

Mais rassurons-nous, notre brave et gentil « barbu » devait ignorer que la manifestation n’était pas autorisée. C’est pourquoi il a prié, avec ses autres légalistes amis salafistes, sur le trottoir de l’avenue. Ce qui n’est présentement pas légal.

J’imagine ici que notre Rouletabille d’Europe1 a dû le lui faire remarquer, mais, que faute de temps, la question et la réponse ont été coupées à la diffusion.

C’était faute de temps bien sûr

Ce n’était pas pour cause de censure. Comme si, quand il s’agit de la question du mahométisme et de ses exigences croissantes, on pouvait censurer ou auto-censurer sur les ondes d’une radio française, .

On aura ausssi noté qu’on ne demandera pas à notre légaliste salafiste ce qu’il avait pensé des appels au meurtre,  six fois réitérés, invitant à égorger les Juifs, et des invocations ramenant dans notre siècle le massacre de centaines de Juifs, perpétré dans l’oasis arabique de Khaybar au 8ème siècle, lors de la conquête de la péninsule arabique par les armées du djihad initial.

La radio, nous fera part ensuite des difficultés croissantes rencontrées dans les classes de terminale des lycées français.

Auprès de qui et avec qui, avait-on des difficultés ? On ne nous le dira pas, mais chacun aura été censé comprendre.

On nous dira seulement  qu’il s’agissait de difficultés provoquées par des questions de cours ayant trait au proche et moyen-orient, qu’un chapitre entier y était consacré en classe de terminale.

Revenons maintenant à Charlie Hebdo

Sa « une » montre un islamiste guerrier, peut-être un malheureux impotent poussé sur un fauteuil…par un rabbin.

Si l’on décode ce dessin, on se retrouve devant une variante de l’histoire de la vidéo « islamophobe », que l’on a dit, dans les médias, avoir été réalisée par un Juif israélien et américain…Le Juif israélo-yankee s’étant avéré être un… autochtone égyptien non-musulman, devenu égypto-yankee (un Copte). Mais cela, les médias ne s’empresseront pas de le faire savoir au grand public.

Le film étant présenté, de Fabius à Hollande, en passant par Pascal Boniface et quelques autres candidats à la conversion ou à la dhimmitude officielle plus ou moins enthousiaste, comme un acte « irresponsable », « en ces temps difficiles », peut-être même comme une provocation délibérée.

La responsabilité des tortures et des assassinats sauvages, perpétrés à l’ambassade US de Benghazy, et tout ce qui s’en est suivi, retombait ainsi sur ce « Juif » -qui n’en était pas un. Par conséquent, elle retombait aussi sur tous les Juifs, qui ne pouvaient qu’exulter devant cette « lamentable et médiocre parodie » « islamophobe », « raciste ».

Avec Charlie hebdo, la variation par rapport au discours bonifacien – encore très en vogue autour du nouveau président de la république- : c’est qu’à Charlie, on est « lâche et opportuniste ». Tandis que du côté du philodjihadisme bonifacien, on est courageux ! C’est sûr…

A Charlie, dans cette affaire là, on n’aurait rien à redouter, on ne défierait pas un phénomène dangereux. On ne défierait que des faibles…

Ceux dont l’hebdomadaire satirique s’est moqué, ne seraient que de pauvres islamistes, que des faibles, que des gens qui ont faiblement mené cinquante ans de guerre au Soudan ; que des faibles qui y ont tué sept millions de civils chrétiens et animistes ; que des « faibles » qui mènent, depuis huit ans, une guerre implacable et impitoyable à la population du Darfour ; on ne mènerait faiblement au Darfour qu’une guerre qui y a fait plus d’un demi-million de victimes civiles.

Des « faibles », c’est sûr, les groupes salafistes et djihadistes, les militaires de Montauban et les écoliers de l’école Ozar Ha Torah en ont fait l’expérience.

D’ailleurs El Béchir, un grand chef de « faibles » -dont lâchement se serait gaussé Charlie-, se moque comme d’une guigne de sa citation devant le tribunal pénal international pour ses faibles crimes de guerre et pour ses faibles crimes contre l’humanité.

On vient d’apprendre : que ces autres « faibles », que ces « damnés de la terre » de la nomenklatura cacochyme de Qom viennent de diligenter une annexe iranienne : pour augmenter le montant de la prime versée à celui qui exécutera la fatwa de Khomeiny lancée à l’encontre de la personne de Salman Rushdie.

Y a pas à dire, il a raison le directeur de l’IRIS, ce sont des faibles ces gens là, dont le méchant et opportuniste Charlie s’est lâchement moqué…

Mais, de Boniface à Charlie, avec des approches parfois franchement opposées, on est prêt à se réconcilier, au moins sur un plan. On le fera pour convenir que l’on est victime des Juifs.

Ils seraient derrière le Copte irresponsable.

Ils seraient derrière les salafistes, dont ils pousseraient le fauteuil..

Les victimes des salafistes ne seraient pas victimes de leurs assassins : elles seraient victimes des Juifs.

Les Juifs manipuleraient tout le monde ;

Comme on peut s’y attendre, je ne partage pas l’amalgame de Charlie.

Je ne le partage pas plus que je n’approuve l’amalgame persistant d’un mien ami, confondant kasher et halal, incapable d’écouter un argument qui ne va pas dans son sens. Dans l’affaire kasher/hhalal, -cet homme généralement si lucide-, confond deux choses aussi opposées que le jour et la nuit, qu’une journée ensoleillée ou que le brouillard londonien.

Ses amalgames me blessent

Mais, même s’ils me blessent et me valent ses sarcasmes, je défends et défendrai jusqu’au bout son droit à se tromper, son droit de dire et écrire des bêtises fondées principalement sur l’ignorance du sujet. C’est cela des relations civilisées.

C’est cela le « vivre ensemble » et la « diversité », dont on nous rebat les oreilles pour nous faire renoncer aux formes réelles et permanentes de la liberté de conscience et d’opinion.

Une liberté qui ne peut s’exercer est un trompe-l’œil, ce n’est qu’un camouflage, un mensonge totalitaire.

Je défends Charlie hebdo. Je suis d’autant plus à l’aise, pour leur dire : les gars, ne croyez-vous pas que vous déconnez un peu ?

Vous avez vu ce qui s’est passé à Sarcelles ? Naouri, c’est un magasin kascher, pour Juifs pauvres, et ils sont nombreux les Juifs pauvres dans ce pays. En pourcentage, il y a plus de Juifs pauvres, parmi tous les Juifs de France qu’il y a de Français pauvres parmi tous les Français.

Les lanceurs de grenades, qui croyez-vous que c’était ? N’était-ce pas le djihadisme en action ?

Ce n’était pas la mise en œuvre des mots d’ordre de la manifestation illégale à laquelle participait le brave salafiste qui a eut droit de parler sur Europe1 ce matin ?

Alors les gars, vous avez le droit de déconner, mais dire que c’étaient les Juifs qui poussaient les SS à agir, qui poussent le fauteuil du salafisme, ça c’est du Garaudy, ça c’est du Ahmadinejad.

Néanmoins, contre la tyrannie, la « religieuse » aujourd’hui, la stalinienne polpotiste hier, je défendrai votre droit de déconner !

En revanche, je vous demanderai aussi, de condamner ceux qui ont essayé de tuer à Sarcelles, pour décliner le mot d’ordre « Khaybar al Yahoud » et « Etbakh al Yahoud ».

En 2012, le problème est devenu simple : ou rester libre, ou devenir dhimmi.

Nous nous retrouvons, face à une autre tyrannie vorace, -face à un autre fascisme, un fascisme d’un type spécial-, comme nos anciens qui réagiront au 6 février 1934 par le 12 février 1934, en réalisant le bloc des partis et syndicats ouvriers et de tous les défenseurs de la démocratie politique.

Alon Gilad

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