Fin de l’euro : Jacques Delors réécrit l’histoire pour sauver la face

Publié le 19 décembre 2011 - par
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Certains d’entre vous, lecteurs de Riposte Laïque, ont peut être lu dans la presse, dans les pages intérieures et en petits caractères, ou même entendu à la radio quelque journaliste annoncer, en soupirant, que Jacques Delors a dit à la presse britannique que l’euro n’est pas viable et que la zone euro va couler avec lui. Ah, ah ! ah ! Si c’est le père de l’euro qui le dit… Mais n’exagérons rien, le bonhomme s’est toujours flatté d’être l’un des principaux architectes de la « monnaie unique » (1) et rien de plus que ça.
Maintenant qu’il ne fait plus de doute que cette monnaie d’occupation (ainsi que le disait Nicolas Dupont-Aignan) coure à sa perte, notre bonhomme a pris les devants et ne semble plus que soucieux de sauver la face en dégageant sa responsabilité. Ça avait commencé à l’été, au mois d’août, avec une déclaration au Monde puis au Figaro, dans laquelle il annonça que l’UE et sa monnaie sont au bord du gouffre (2). Un peu plus tard, c’est dans Le Point qu’il avait ajouté que cela n’est pas de sa faute, mais de celle des responsables politiques qui ont « tourné le dos aux faiblesses et aux déséquilibres des États membres ». (3) Par incompétence ou dogmatisme, sous-entendait-il ?
Bien entendu, Jacques Delors, lui, n’est pas un responsable politique. Un poète, peut-être ?

Ces déclarations faisaient suite aux gesticulations des messieurs et des dames qui ont pris la fâcheuse et dispendieuse habitude de s’exhiber dans des réunions archi médiatisées désignées par sommets du G20. Réunions qui n’accouchent de rien, « rien » aux yeux de Jacques Delors signifie qu’il n’en sort ni plus de fédéralisme ni plus d’Europe.
Si ledit Delors n’est pas un responsable politique et s’il a vraiment découvert sa vocation poétique sur le tard, il faudra peut-être que quelqu’un lui dise que le G20 n’est pas un organe exécutif, qu’il n’a pas de pouvoir législatif, ni aucun pouvoir, du reste. Juste un truc à produire des illusions mais qui, à coup sûr, alourdit nos impôts et la dette pharamineuse accumulée par ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé, pour le malheur des nos enfants et petits-enfants.

L’étape suivante du plan média de Jacques Delors était de s’adresser à la presse « britisch », plus sérieuse et moins servile que la nôtre et, comme chacun le sait, parce que les Anglais sont des gens pragmatiques auxquels il faut tenir un langage de vérité. C’est donc dans une « interviouve » au Daily Telegrah que notre bonhomme a déclaré, le 3 décembre, que l’euro aurait été une monnaie solide si on l’avait faite selon son plan à lui, expliquant qu’il avait toujours dit que cette monnaie est vouée à l’échec à cause de la manière dont on l’a fait fonctionner.
Il a « toujours expliqué », Jacques Delors ? Où ça et à qui ? Devant les Français à TF1 ou France2 ? Dans le Monde ? Dans les gazettes qui font dans l’économie et la bourse ? A sa fille qui n’en a rien dit ?

Et voilà comment, piteusement, Jacques Delors se défausse en cherchant à dégager sa responsabilité. Demain il retournerait sa veste s’il le fallait. Non, vraiment, ces gens-là sont indécrottables, ils ne sont responsables de rien, ils ne mentent pas, n’enfument pas et ne nous veulent que du bien.
Je n’oublie pas ce que disaient Jacques Delors et la propagande européiste il n’y a pas si longtemps : l’euro nous apportera la paix, la prospérité, la compétitivité et « rien que pour la France, il se traduira par la création d’un million d’emplois. »

Monsieur Delors, vous êtes un escroc !

Ahmed Ghlamallah

(1) En fait, l’euro est une monnaie unique par le nom et la présentation (billets de banque et pièces de monnaie). Les euros qui sont dans notre poche sont une créance sur la Banque de France, ceux qui sont détenus par les Allemands sont une créance sur la Bundesbank, idem pour les euros détenus par les Italiens ainsi que tous les nationaux des pays de l’Eurosystème vis-à-vis des leur banque centrale nationale. Il s’agit donc d’une monnaie commune et non d’une « monnaie unique » comme on nous le martèle depuis le jour funeste où nous avons perdu notre franc. Cela explique la raison des milliards d’euros transférés en Allemagne par de riches Grecs, Italiens, Espagnols, Portugais et même Français, pris de panique devant la catastrophe monétaire qui se produit sous nos yeux. Ces euros sont devenus des créances sur la Bundesbank, ce qui affole Angela Merkel et la presse allemande car ils seront remboursables en marks lorsque l’Allemagne se décidera à en imprimer. Quand on entend les Chevènement et tant d’autres charlots nous dire qu’il faut remplacer la « monnaie unique » par une monnaie commune, on peut se demander s’ils savent de quoi ils parlent – à moins que ce soit par fétichisme europathe.
(Je dois cet éclairage à François Asselineau.)

(2) http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/08/18/jacques-delors-l-euro-et-l-europe-sont-au-bord-du-gouffre_1560734_3234.html

(3) http://www.lepoint.fr/economie/jacques-delors-les-responsables-europeens-agissent-trop-peu-et-trop-tard-03-12-2011-1403373_28.php

(4) http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/8932640/Jacques-Delors-interview-Euro-would-still-be-strong-if-it-had-been-built-to-my-plan.html

http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-16016131

 

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