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Coupe de France : Quand les blaireaux se moquent des ploucs

Finale de la coupe de France de football 2018 :

– A ma gauche, le PSG. Budget : 700 Millions.
– A ma droite : Les Herbiers. Budget : moins d’un million. Finale inédite, et plutôt sympathique a priori, le supporteur, même chauvin, ayant par tradition les crampons de Chimène pour le petit Poucet de David. Sauf que selon d’aucuns, l’authentique performance de ces modestes amateurs prêterait plutôt à gausser :

http://www.fdesouche.com/1004661-les-herbiers-psg-telerama-se-moque-des-joueurs-vendeens-qui-doivent-poser-leurs-rtt-et-de-leur-vieux-bus-des-annees-70-sans-climatisation-ou-ca-sent-le-jambon-beurre

A Téléramadan, ils sont forts. Et le font savoir.
De Gôche certes, mais pas n’importe laquelle.
Vous savez, cette Gôche bien mise sur soi, théoriquement proche du populo tout en gardant assez de recul pour ne pas sombrer dans le subjectif.

Description lapidaire du club amateur telle que vue par Télérama : une bande de baltringues fauchés se déplaçant dans « un bus des années 70, sans climatisation, où ça sent le jambon-beurre »…
Bref, les gars ne seraient pas en partance pour le stade, mais plutôt vers Woodstock ou Katmandu.
Mais, là où devraient prédominer les effluves de chichon, ça sent… le jambon-beurre.
L’auteur de la bafouille, à l’olfactif manifestement délicat, a quand même beaucoup de chance : il échappe au remugle méphitique d’un camembert en cavale, ou pire, aux flatulences pestilentielles et quasi-létales d’un reblochon rescapé de la guerre des tranchées.
Sans doute aurait-il préféré les fragrances éthérées du bus du Fleury-Merogis Football Club – où il y a paraît-il de très bons gardiens – genre kebab dégoulinant de graisse de vidange ou loubia aux haricots prédigérés.

Ce mépris de classe, hautement revendiqué par une « gauche » qui fut jadis prolétarienne, n’est cependant pas une nouveauté : qui ne se remémore la tirade désormais éternelle et classée au patrimoine mondial de la beaufitude signée BHL, Bergé et Benhamou :
« Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, « franchouillard » ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. » 
Et ce pauvre jambon-beurre, qui n’a jamais rien demandé à personne, se trouve bien malgré lui porteur de l’étendard d’une France « rance et moisie », selon l’expression désormais consacrée… 
Et puis… des Vendéens ! Des Chouans, à n’en pas douter. Cholet et Mortagne ne leur ont pas servi de leçon ? Le PSG va assurer le deuxième service ! On est en République, non ? Et pas n’importe laquelle : la Nôtre ! Les joueurs « devront prendre une RTT pour s’en remettre ». Pour vivre un pareil moment, les gars auraient bazardé un mois de salaire, ou plus. Ils sont en fait les vrais et seuls gagnants de la compétition. Tous les jeunes footeux de la planète auraient aimé être à leur place. D’autant que le 2-0 final n’a rien de honteux, surtout en comparaison du 7-1 infligé récemment par le PSG au très princier Monaco.

 

Certes, ce court billet aura probablement été pensé et écrit au deuxième degré.
Mais je serais joueur ou dirigeant des Herbiers, je le prendrais très mal.

 

Vinent Jacques