Finance islamique, arme de guerre contre l’Occident (3/7)

Publié le 30 mai 2016 - par - 4 commentaires - 441 vues
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Finance soumise à la charia, une légende qui ne tient pas la route

La légende (bien retenir l’utilisation de ce terme) de la FSC comporte cinq grands thèmes : éthique islamique ; Allah est le propriétaire de l’argent ; dimension morale et religieuse ; interdictions ; exigences.

Thème « éthique islamique »

Les islamistes, les islamo-collabos, les idiots utiles nous l’affirment avec insistance : « la FSC est totalement conforme à l’éthique islamique. »

La compréhension de cette affirmation n’est pas vraiment immédiate. Une première question vient à l’esprit : qu’est-ce que l’éthique islamique ? Que contient-elle ? Qui en a fixé le contenu et quelle autorité détenait-il ? Qui a créé le contenu ? Et, si elle évolue, qui juge de sa conformité et quelle autorité détient-il ?

La lecture de quelques textes1, fait apparaître que l’éthique islamique ne soit rien de plus que le respect scrupuleux des prescriptions figurant dans le Coran et la Sunna, leurs interprétations et les compléments apportés par les avis religieux (fatawa) des « docteurs de la loi (oulémas)2 », appelés aussi « savants » …

La rigueur impose à tous ceux qui entendent se comporter en conformité avec l’éthique islamique de maîtriser les textes ci-dessus. L’ensemble constituant ce qui pourrait être nommé « le manuel d’utilisateur » de l’éthique islamique.

Mais, en fait, ce n’est pas aussi simple car :

  • il n’existe pas un recueil unique des communications orales du prophète (ahadith), mais plusieurs dont quelques-uns sont reconnus comme « saints » (sahih), donc des « vérités pures », et d’autres qui n’ont pas cette qualité ;
  • l’ensemble des recueil des communications orales du prophète (ahadith) avoisine 600.0003 textes ayant été consignés après qu’ils soient parvenus par transmission orale, les chaînes de transmetteurs pouvant s’étendre sur plusieurs générations de rapporteurs ;
  • bon nombre des communications orales du prophète (ahadith), eux, sont apocryphes4 ;
  • de l’avis même des docteurs de la loi (ouléma), un certain nombre de communications orales du prophète (ahadith) sont des faux, et que :

« …entre le deuxième et le huitième siècle (après l’Hégire), la masse des ahadith en circulation a considérablement augmenté, dont certains d’une origine fort douteuse… » 5 ;

le nombre d’avis religieux (fatawa) est énorme, et sur des points précis il y a divergence, voire opposition entre eux, selon l’ouléma qui en est l’auteur et selon l’école juridique à laquelle il appartient6.

Thème « Allah est le propriétaire de l’argent »

La FSC repose sur la prescription selon laquelle seul Allah est le propriétaire de l’argent, et les humains ne détiennent qu’une procuration leur garantissant la disposition de l’argent, uniquement en conformité avec les ordres et les interdictions d’Allah, dont l’interprétation, le consensus7 ont constitué le moyen pour définir des restrictions quant aux domaines d’activités dans lesquels, à partir du XXe siècle, les banques ou organismes peuvent agir.

Il en découle l’existence de domaines d’activités « ouverts », définis comme étant religieusement licites (halal), et de domaines d’activités « fermés », définis comme étant religieusement illicites (haram).

Thème « dimensions morale et religieuse »

Selon Imad Benlahmar8

« … le Système islamique se distingue principalement par ses dimensions morale et religieuse dans la définition des problèmes économiques, ce qui implique que les agents économiques ne doivent pas considérer la profitabilité comme l’unique ni le principal critère de prise décision. En conséquence, un système financier islamique, tout en intégrant des objectifs de profitabilié et d’efficacité, se doit de respecter l’ensemble des principes éthiques de la Sharia… »

D’une manière un peu plus lapidaire, cette dimension morale et religieuse impose que la rentabilité9 :

  • ne doive pas être considérée comme l’unique ni le principal critère de prise de décision ;
  • prenne aussi en compte d’autres paramètres, non définis, tels que : la fraternité humaine, la justice socio-économique, la paix mentale, le bonheur, la famille, l’harmonie sociale.

Ceci implique logiquement l’existence :

  • d’une sorte de barème intégrant tous les principes éthiques de la loi islamique (charia), applicable dans tous les cas de figure.Mais, il est impossible de retrouver le moindre document qui pourrait ressembler à un tel barème ;
  • d’un processus parfaitement défini, décrivant les opérations à réaliser.Mais, il est impossible de retrouver un tel document.

En l’absence de tels outils de définition et d’évaluation des paramètres ci-dessus10, ce sont les docteurs de la loi (ouléma) qui sont chargés du respect de l’éthique islamique, alors qu’en l’absence d’un référentiel chacun d’eux ne peut donc en posséder qu’une appréciation personnelle11 !

Très concrètement, cela signifie que la conformité à l’éthique islamique ne puisse être que le résultat de traitements différenciés, appliqués à des banques, des organismes financiers et institutions divers, sur la base de critères non rigoureusement définis, et laissant aux docteurs de la loi (oulémas) toute latitude pour appliquer des règles discriminatoires.

Par ailleurs, il n’est pas imaginable que les États islamiques (monarchies pétrolières en tête), les banques des États islamiques, prêtant de l’argent à des États, banques, organismes financiers, commerciaux ou industriels d’autres pays, ou réalisant des investissements, n’utilisent pas le couple rentabilité directe x rentabilité indirecte comme principal critère de prise de décision . Cela signifierait que les banques, institutions financières et États islamiques seraient de parfaits philanthropes, renonçant à toute utilisation de leurs énormes ressources à d’autres fins que celle de rendre service !

Reste un seul cas pouvant « justifier » la non-utilisation du couple rentabilité directe x rentabilité indirecte comme principal critère de prise de décision : « l’investissement stratégique » destiné à la réalisation d’opérations d’influence12 ou d’intoxication13, de contrôle de banques, d’institutions financières ou d’États. Cet possibilité doit être considérée avec la plus grande attention, particulièrement dans le contexte de guerre faite à l’Occident.

Thème « interdictions »

Le Coran contient trois grands types d’interdictions. Elles sont utilisées pour modeler les transactions ou opérations de la FSC :

  • interdiction des intérêts et de l’usure, dont l’ensemble constitue le (riba) ;
  • interdiction de l’incertitude, de la chance et du hasard dont l’ensemble constitue le (maysir) ;
  • interdiction de la spéculation (gharar).

Ces interdictions sont fondamentales dans la FSC.

– Interdiction des intérêts (riba)

Avantage ou surplus perçu par l’un des contractants sans aucune contrepartie acceptable et légitime du point de vue de la loi islamique (charia) est un (riba). Il est illicite (haram).

– Interdiction de l’incertitude, de la chance et du hasard (maysir)

Opération reposant sur de la pure spéculation, réalisée en vue de faire un profit sans créer de richesse par le travail et les jeux de hasard. Elles est illicite (haram).

Selon les islamistes, c’est le cas notamment dans la finance conventionnelle14:

  • dans les assurances traditionnelles et les produits dérivés ;
  • lorsque les paramètres fondamentaux des contrats (objet, prix, délais d’exécution et identité des parties) ne sont pas rigoureusement définis au jour de sa conclusion.

– Interdiction de la spéculation (gharar)

L’incertitude ou l’aléa (gharar) désigne toute vente à caractère aléatoire ou possédant un élément vague, imprécis, ambigu, incertain, caché ou dépendant d’autre événement, relatif notamment à l’objet de la vente, au prix ou au délai de livraison.

C’est à ce titre qu’un contrat d’assurance commerciale (voiture, habitation) est jugé illicite (haram).

C’est le cas notamment lorsque :

  • la vente porte sur une marchandise qui n’est pas déterminée de façon précise ;
  • la transaction est conclue sans que le prix de la marchandise soit fixé de façon claire ;
  • la transaction porte sur une marchandise déterminée que le vendeur ne possède pas encore ;
  • le transfert de propriété est conditionné par un événement hasardeux.

Thème « exigences »

En plus des interdictions ci-dessus, trois types d’exigences contraignent les opérations de la FSC :

  • obligation de partage des profits et des pertes ;
  • adossement des investissements à des actifs tangibles de l’économie réelle ;
  • investissements strictement restreints aux seuls secteurs halal.

– Partage des profits et proportionnalité des pertes.

Les bénéfices sont répartis suivant les modalités prévues au contrat et les éventuelles pertes sont à la charge de chaque associé proportionnellement à sa contribution.

(non abordé parce que n’ayant pas de lien avec la Guerre faite à l’Occident).

– Adossement des investissements à des actifs tangibles.

Toute opération financière de nature obligataire (sukuk), pour des entreprises, des émetteurs souverains doit porter sur un actif tangible, c’est-à-dire matériel, réel, identifiable, et surtout détenu.

(non abordé parce que n’ayant pas de lien avec la Guerre faite à l’Occident).

– Investissements strictement restreints au seul secteur licite (halal).

Les investissements ne peuvent être réalisés que dans des secteurs économiques pratiquant des activités ou utilisant des produits licites (halal), c’est-à-dire reconnus comme conformes à l’éthique islamique.

Sont illicites (haram) les domaines suivants : tabacs, pornographie, érotisme, alcools, drogues, jeux de hasard, élevages porcins et domaines dérivés, et produits alimentaires illicites, armements (exceptions faites pour les États15), banque (exception faite pour la banque islamique), assurances (exception faite pour l’assurance mutuelle islamique (takafoul16), divertissements (mais exception pour ce qui promeut les bonnes mœurs17). Il en est de même pour tous les écrits osant critiquer l’islam qui, en plus d’être illicites (haram), sont des blasphèmes.

– Exigences liées à l’organisation.

Dans les banques islamiques ou les organisations possédant un secteur FSC, un comité de conformité à la loi islamique (charia) est imposé. Ses missions sont les suivantes :

  • analyse minutieuse du produit financier (à la demande de l’organisme financier)18 ;
  • émission d’avis religieux (fatawa) établissant la compatibilité avec (soumission à) la loi islamique (charia) du produit financier, ainsi que des processus associés ;
  • assistance, conseil et aide pour rendre un produit financier compatible avec (soumis à) la loi islamique (charia)19 ;
  • audit et veille, éventuellement20 ;
  • contrôle et conformité20 ;
  • conseil20.

 

1En particulier ceux de l’expert ès taqiyya : Abul Ala Maududi, dans « L’organisation de la vie dans l’islam » (www.LaSagesse.Net).

2Garant du respect et de l’application des principes de l’islam.

3Al Bukhari aurait entendu plus de 600 000 hadiths et mémorisé plus de 100 000 !

4Dont l’origine divine n’est pas reconnue, qui est placé hors du canon des Livres inspirés. Par extension : non authetique, faux.

5Site francophone consacré à la jurisprudence (fiqh) malikite (www.doctrine-malikite.fr).

6Elles sont au nombre de quatre (dans le sunnisme), leur différenciation reposant, pour l’essentiel, sur les hadiths acceptés ou non.

7C’est l’accord, à une époque donnée, de tous les juristes ou d’une partie d’entre eux, sur une qualification légale donnée à un texte juridique.

8Mémoire de recherche appliquée, présenté et soutenu en 2010 (http://fr.financialislam.com).

9Dans la citation qui précède : rentabilité. Ce terme est utilisé dans la suite du document. Francisation du terme anglais profitability. Selon Larousse : aptitude d’une action économique à générer un profit.

10Qui, tous, relèvent du domaine de la « logique floue ».

11Un parcours des avis religieux (fatawa) émis par les docteurs de la loi (ouléma), sur des sujets déterminés, fait apparaître des appréciations fort différentes et, même, opposées.

12Actions récurrentes exercées sur les opinions publiques, les gouvernements, les organismes internationaux, dans le but de susciter des prises de décisions leur étant favorables.

13Actions systématiques de mise en condition de l’opinion publique par la diffusion d’informations prétendument vraies, mais dans la réalité fausses, dans le but de faire croire aux occidentaux ce qui doit être cru pour qu’ils courent à leur perte, essentiellement par l’obtention de leur soumission.

14Comprendre : occidentale et capitaliste, non islamique.

15Surtout quand il s’agit des pays occidentaux, mais il y a toujours des arrangements possibles.

16Garantie mutuelle ou indemnisation entre membres d’un groupe. Repose sur le partage coopératif du risque.

17Comprendre : conformes aux prescriptions de la loi islamique (charia).

18Si l’organisme financier ne demande pas cette analyse, il ne peut pas proposer de produit de la FSC.

19Toujours à la demande de la banque ou de l’assurance en question.

20Termes ronflants pour justifier la facturation des services du « savant », selon un tarif « particulièrement étudié ».

 

Prochain article (4/7) : Les réalités cachées de la Finance soumise à la charia (1/4)

 

Pour se procurer le livre de Jean-François Cerisier :

http://ripostelaique.com/livres/guerre-a-loccident-guerre-en-occident

Chèque de 19 euros à l’ordre de Riposte Laïque, BP 32, 27140 Gisors

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Notifiez de
Clamp

1°) J’aurais bien aimé savoir quelle proportion de hadiths sur les 600 000 sont reconnus comme ni faux ni apocryphes.

2°) Il faut bien reconnaître que cette pratique est un véritable piège à pauvres sur le plan de la conversion. C’est très séduisant et convaincant.

C’est un peu comme l’utilisation excessivement érotique du corps des femmes en Occident qui pousse de nombreux hommes dans les bras de l’islam.

Dans cette bagarre entre Dieu, le diable et le faux prophète qui se profile à l’horizon, il faut mater les deux derniers et profiter qu’ils s’entredéchireront l’un l’autre pour les affaiblir mais il faut bien se garder de prendre la défense du diable par obsession de vaincre l’islam.

C’est pourquoi, comme je l’ai déjà dit sans être toujours très bien compris, il faut en parallèle de notre combat contre l’islamisation veiller aussi à rehausser les standards moraux que nous nous appliquons, sans quoi les troupes d’Allah nous débaucheront toujours des âmes déçues, et donc lutter …

Clamp

… en particulier aussi contre l’hégémonie des banques et la monstruosité des pratiques de la finance, internationale ou pas.

Quand j’évoque Dieu, le diable ou le faux prophète, il n’y a pas chez moi de définition ésotérique ou mystique de ces concepts. Ils sont seulement à mes yeux leur propre création, s’entendant non sur un plan matériel mais purement spirituel. Dieu est pour moi le triomphe du bien sur la mal et de la lumière sur l’ignorance et le projet d’avancer dans ce sens, le diable est cet ensemble qui se cache dans tant de détails qui nuisent sans qu’on n’ose les dénoncer et finissent par être de gros problèmes qu’on ne sait alors plus expliquer et le faux prophète est l’islam lui-même et sa cohorte de musulmans.

Et les banques sont pétries de détails terriblement maléfiques qui finissent par nous pourrir le monde de manière horriblement tragique. Et il y aura toujours des capitalistes sophistes pour nous dire en oubliant la question que les banques créent de la richesse.

Pivoine

« l’ensemble des recueil des communications orales du prophète (ahadith) avoisine 600.000 textes ayant été consignés après qu’ils soient parvenus par transmission orale, les chaînes de transmetteurs pouvant s’étendre sur plusieurs générations de rapporteurs »
« Al Bukhari aurait entendu plus de 600 000 hadiths et mémorisé plus de 100 000 ! »
Vous faites bien de donner ces précisions.
Personnellement, je ne crois pas à la « biographie » du « prophète », inventée de toutes pièces, pour justifier les exactions des musulmans partant à la conquête du monde.
Selon Aldo Sterone, ce sont les califes qui ont demandé à ce qu’on écrive ces hadiths (mensongers), et les « chroniqueurs » ne s’en sont pas privés, d’où ces incohérences et ces invraisemblances.