Flambée des prix : la guerre en Ukraine a bon dos !

PompeLeclerc.jpg

Qu’y a-t-il de commun entre le blé, le pétrole, l’aluminium ou les pointes de tapissier ? Si la question peut paraître saugrenue, la réponse est tout autant inattendue. La flambée des prix actuelle n’aurait qu’une seule cause : la guerre en Ukraine. C’est du moins ce que l’on essaye de nous faire croire ! La Russie de Poutine serait donc, à elle seule, responsable de l’envolée des cours des matières premières !

Un grossier mensonge qui cache une réalité plus complexe. Les prix avaient déjà fortement augmenté avant la guerre en Ukraine. Un exemple ? La tonne de graines de tournesol qui coûtait 335 euros fin août 2021 atteignait 630 euros le 23 février, veille de l’intervention russe en Ukraine, pour grimper à 1010 euros fin mars. L’huile de tournesol a ainsi fait un bond de 37 % en neuf mois, d’où les difficultés pour se procurer ce produit dans les magasins et la menace d’une pénurie à court terme. Car la situation ne va pas s’arranger dans les mois qui viennent. L’Ukraine produit à elle seule plus de la moitié de l’huile de tournesol vendue dans le monde, or sa production est aujourd’hui quasi à l’arrêt et les stocks sont bloqués dans le port d’Odessa.

Toutes les huiles végétales subissent d’ailleurs une hausse de prix. Ce n’est pas la guerre en Ukraine qui en est la cause, mais la faute aux aléas climatiques. La sécheresse qui a sévi aux États-Unis et au Canada a eu pour conséquence l’augmentation des prix du colza et du soja. Au Brésil, ce sont les pluies et les inondations qui sont responsables de l’envolée des cours du soja. C’est encore la sécheresse dans le Sud de la France, l’Espagne et le Portugal qui a fait grimper le prix de l’huile d’olive.

La pénurie de composants électroniques qui a contraint les constructeurs automobiles à des arrêts réguliers des chaînes de production a débuté avec la crise sanitaire. Bien avant le déclenchement du conflit russo-ukrainien, même si celui-ci a aggravé la situation. Idem pour les hydrocarbures dont les prix ont commencé à augmenter dès 2020. Le prix moyen d’un litre de gazole était de 1,464 euros fin janvier 2020. Deux ans plus tard il grimpait à 1,670 euros pour atteindre voire dépasser la barre symbolique des deux euros le litre le 8 mars dernier soit deux semaines après le début des hostilités en Ukraine.

En déclenchant une guerre économique avec la Russie, l’Europe s’est tiré une balle dans le pied en se privant volontairement du pétrole et du gaz russes, mais aussi de métaux comme le nickel, indispensable pour les objets de la vie courante, la fabrication d’outils professionnels, les instruments chirurgicaux notamment, ou encore les voitures, les bateaux et les avions. Outre le nickel, la Russie est l’un des leaders mondiaux de la production d’aluminium. Elle fournit 80 % des besoins français en alumine alors que la seule usine française qui fabriquait encore de l’aluminium a fermé l’année dernière. La perspective d’une pénurie de ce métal dont on connaît l’importance commence à se faire sentir. L’inquiétude au niveau des groupes industriels a gagné le monde de l’artisanat. « Tout ce qui est clous, pointes métalliques et semences a pris entre 15 et 30 % » nous confie un restaurateur de chaises et fauteuils qui hésite à augmenter ses prix par crainte de perdre sa clientèle.

Sanctions économiques

Les sanctions économiques avaient pour but de déstabiliser le système financier russe, voire de mettre à genoux l’économie du plus grand pays du monde par sa superficie comme l’ont affirmé les Américains. Elles n’ont visiblement pas eu les effets escomptés. En attendant ce sont les consommateurs européens qui font les frais de cette politique du pire. Les prix des denrées alimentaires de première nécessité comme  les pâtes, le riz, l’huile, le lait, la farine et les œufs  ne cessent d’augmenter. L’inflation est en hausse constante. Elle était de 1,6 % en 2021. L’Insee la chiffrait à 4,8 % en avril, son plus haut niveau depuis novembre 1985. Les prévisions pour les prochains mois ne sont pas réjouissantes. Les prix des produits alimentaires sont attendus en très forte hausse, soit 6,3 % en juin.

Devant la hausse du coût de la vie, les enseignes de la grande distribution ont cru trouver la parade. Ainsi que l’a constaté 60 millions de consommateurs, pour augmenter leur prix sans que cela se voie les industriels ont eu recours à des stratagèmes. Les étiquettes n’ont pas bougé mais la quantité du produit a diminué ou alors ils ont carrément modifié la recette. Ainsi pour une célèbre marque de sauce tomate. Celle-ci qui était composée de 91 % de tomates fraîches a été remplacée par de la purée de tomates à 27 %. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise puisque la composition du produit se retrouve sur l’étiquette, mais le consommateur est pourtant bien le dindon de la farce !

Il serait temps que les pouvoirs publics se saisissent enfin de ce problème du pouvoir d’achat et arrêtent de désigner la Russie comme le bouc émissaire. À quoi sert l’Europe si elle n’est pas capable de s’affirmer face aux grands groupes industriels de l’agro-alimentaire et à la grande distribution ? Macron est encore président du Conseil de l’Union européenne jusqu’à la fin juin. C’est à lui d’agir !

Alain MARSAUGUY

 

image_pdfimage_print
13

14 Commentaires

  1. Pourquoi l’huile de tournesol a t elle disparu des magasins en France , alors qu’il suffit de faire 10 kms en ESPAGNE pour en trouver….IDEM pour le Maroc !

  2. D’une manière générale l’Ukraine a bon dos sur tout , si nous n’avions pas été sabotés la France était un pays complet qui pouvait se suffire a lui même , il n’y a qu’a regarder notre histoire et voire combien de fois nous avons été envahi par nos voisins qui sont venus se faire nourrir chez nous a bon compte . Malheureusement depuis que les cabris ont voulu se connecter a l’Europe pour nourrir les banques et spéculateurs la France a tout perdu des ses moyens en même temps que son âme et sa fièreté ainsi que son avenir de grande nation , il y a des responsables de tout ça qu’il faudra un jour présenter devant un tribunal du peuple au motif de haute trahison !.

  3. C’est aussi, voire surtout, la politique de la planche à billets pratiquée depuis des années par la BCE et par la Fed, qui a engendré des « bulles » monétaires, lesquelles ne pouvaient que produire de l’inflation.
    Et deuxièmement, la « transition énergétique » pratiquée par tout l’Occident (et lui seul) qui a conduit à diaboliser le pétrole et les entreprises pétrolières, lesquelles ont arrêté d’investir à la fois dans la recherche de gisements, et dans le personnel (diminution importante des effectifs). D’où une relative pénurie de pétrole à l’heure où l’économie redémarre, suite au covid.
    À ces deux raisons de départ s’ajoute la guerre en Ukraine, qui désorganise un peu plus les choses.
    (cf des économistes comme Charles Gave)
    Ce qui est certain, c’est que les génies qui nous gouvernent ont une très forte responsabilité dans l’inflation actuelle, qui va encore augmenter dans les mois qui viennent.

  4. Pourquoi que dans certain pays,tous les rayons de l’huile de tournesol sont plein,Le Maroc,L’Espagne ect,,,, ainsi que la farine,la France serait’elle devenue un pays pauvre et alors ont spécule pour augmenter les prix.

    • Je confirme pour l’Espagne et aucun rayon vide ; on nous prend pour des c..

  5. La guerre d’Ukraine est une bénédiction ….mais oui , pour nos céréaliers qui se font des c…les en or depuis que les prix des denrées flambent comme jamais , ce qui ne les empêchera pas de hurler comme des putois pour exiger des subventions lors des prochaines sécheresses …

  6. Ce que je constate dans les JT, que cela soit sur l’huile, les oeufs, la viande, le blé, etc. c’est qu’en France on ne produit plus rien à part le tourisme.
    Il y a 50-60 ans, la France (rance et moisie) faisait cadeau de ses excédents à l’Afrique.

  7. il y a eu la crise sanitaire et maintenant la guerre en ukraine . vous n avez pas fait travailler votre matiere grise vous etes rester au stade de bebes qui avalent leur biberon sans rien dire . quand est ce que vous allez comprendre que ce qui nous arrivent c est l effet d un gros mensonges . les industriels tout bord coonfondu n ont pas travailler pendant deux ans les marges se sont affaiblis dans le domaine energetique et dans le domaine agro alimentaire ces individus pour pouvoir payer le personel et le garder ont dus allonger leur marge pour pouvoir s assoire et garder leur place dans un autre domaine qu est celui des actions en bourse il font payer aux dindon de la farce que nous sommes le prix fort pour etre encore une fois plus competitif . NOUS AVALONS DE GROSSES COULEUVRE PLUS ELLES SONT GROSSES PLUS ELLES PASSENT . TELLE EST MON OPINON DE LIBRE PENSEUR .

  8. Tout est bon pour nous arnaquer.
    Ce matin selon cniouze c’est le papier qui va manquer, donc augmentation des fournitures scolaires en vue, puis le lait, puis… tout ça parce que des génies de la trahison et des génies du bulletin de ‘veaute’ ont décrété que l’on pouvait se passer d’agriculture, d’industrie… et que l’auto suffisance c’était facho et qu’une balance commerciale déficitaire ne posait aucun problème, grâce à la dette.
    ‘Salaud de Poutine’.

  9. tout augmentation est due à la guerre menée par le grand satan poutine, même le prix des tomates locales à La Réunion, et un bazardier (un revendeur sur les marchés) m’a expliqué sans rire, que l’engrais venait de là bas ! cqfd

  10. Tout ce qui nous arrive est de la faute d un seul: le sombre et Poutine.

  11. Ce n’est pas la guerre en ukraine la cause de l’inflation flambé du prix moyen , ce sont les banques américaine qui spécule ou sur spécule. Et c’est quoi spéculer ? , c’est mentir en cachant l’objet du mensonge,… Et c’est ce qui rend la spéculation la cabale inattaquable, à moins que la Russie et d’autres pays ne sur produisent, même si de grandes marques quittent la Russie

    • Le déficit de pluviométrie c’est Poutine ,les attaques de congoloides dans la rue , c’est Poutine,les mineurs non accompagnés arrivant à flot continu du Maghreb, c’est Poutine, l’islamisation du pays, c’est encore lui, pour ne pas parler du recrutement des journalistes de France Inter ,ni de la nomination d’une vieille haridelle desséchée à Matignon. Quand vont cesser ces troubles ma’ame Michu , cet Horace Poutine , on n.en peut plus

1 Rétrolien / Ping

  1. Flambée des prix : la guerre en Ukraine a bon dos ! | Espace détente, poésie, judaïsme et lutte contre la désinformation

Les commentaires sont fermés.