Florian Philippot, de Caracas à Forbach

Publié le 13 mars 2013 - par - 1 825 vues
Traduire la page en :

Cela  faisait longtemps, mais voilà que Florian Philippot refait les gros titres de notre journal en ligne préféré. Que lui reproche-t-on encore à l’énarque le plus atypique de France et de Navarre ? D’être idéologiquement flou, et ce débat n’est pas vain quoiqu’en disent certains, et oui, c’est l’heure d’en remettre une louche.

Petite piqure de rappel pour les absents ou les étourdis : ce qui est incompréhensible pour moi comme pour d’autres, c’est de le voir en défenseur des patriotes. En effet, la seule ligne sur laquelle on l’entend, c’est le modèle économique qu’on lui dit de défendre. Juste pour se remémorer, Jean-Marie Le Pen, qu’on ne peut tout de même pas taxcer de traître à la nation, défendait un modèle plutôt reaganien (et donc ultra libéral). Ce même Ronald avait fait du patriotisme économique son cheval de bataille lors des élections de 1980, avec sa formule choc et juste : America is back. C’est bien la preuve qu’on peut être à la fois libéral et patriote, ce que manifestement ne veut pas voir notre socialiste du 21ème siècle, pour qui ce modèle est probablement trop ringard et pas assez électoralement bankable.

Mais assez d’américanismes et d’anglicismes, l’actualité a beaucoup parlé d’un de ses ennemi  juré ces derniers temps, avec la mort d’Hugo Chavez. Celle-ci a été à ma grande surprise saluée par un grand nombre de militants frontistes, pour la plupart du FNJ, pour la plupart proches de Florian Philippot. D’accord, que Chavez ait dit merde aux Américains en s’appropriant le pétrole extrait sur le sol vénézuélien  est probablement une bonne chose. Mais à quel prix ? Prendre pour exemple un qui fait des « progrès sociaux » (encore faudrait-il que cela soit prouvé) au détriment des libertés fondamentales (d’expression et de la presse), en quoi est-ce un modèle ?

Ce modèle doit pourtant être viable pour Florian Philippot, car là où il a les plus petits pouvoir, il applique les mêmes méthodes. Attention : je ne dis pas qu’il est une menace pour la liberté de la presse. Là où on l’a expédié, c’est-à-dire en Moselle, on note un certain regain de méthodes staliniennes, disons plus chavistes pour mieux coller à l’actualité. Ceux qui le critiquent sont immédiatement mis au placard, comme son suppléant aux dernières législatives, Alain Friedrich, qui a justement dénoncé sa suffisance, son mépris et pire, une certain manque de fair play dans les remboursements des frais de campagne.

http://www.20minutes..fr/politique/1115597-20130310-vent-fronde-front

Bien entendu, le fidèle militant et d’autres dissidents ont été traités de vieilles branches, de traines savates, voire d’extrémiste dans tous les médias où il avait osé dévoiler la supercherie. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage… Mais la seule rage perceptible dans cette affaire est celle que Philippot tient envers tous ces frontistes  dans ses réponses évasives aux médias.

Autre élément plus tangible dans sa dérive vers le chavisme, c’est la dérive vers le népotisme. Bon rien de nouveau au FN de ce coté, ni dans la politique en général, mais là, le bouchon a été poussé assez loin. En plaçant le responsable parisien de Novopress (organe dépendant à 100 % de donateurs proches de la direction) à la place de l’assistant de groupe au conseil régional de Lorraine, qui a cumulé 8 CDD à ce poste et sacrifié sa vie professionnelle à la cause, on peut croire qu’il vient de donner purement et simplement ce qu’on appelle un emploi de complaisance, pour ne pas dire pire. Cela était pourtant réservé à l’odieux UMPS…

Au final, c’est Cassandre Fristot, pourtant la benjamine du Front mosellan qui aura donné l’analyse la plus lucide : la Moselle est un laboratoire dans lequel le FN expérimente sa future façon de gouverner.

http://www.francebleu.fr/politique/reglements-de-compte-au-front-national-en-moselle-392359#.UT4fV3Rk3pI.facebook

Cet article est je l’admets une charge assez violente contre Florian Philippot. Il ne faut pas oublier qu’il n’est que le numéro 2 du Front National. D’accord, cette façon de faire le sert théoriquement dans son ancrage local, et en laissant faire, il se rend complice de ces méthodes douteuses pour un parti qui défend les plus faibles.  Mais n’oublions pas qu’il est sous l’autorité des actionnaires de la PME Le Pen. Malgré sa présence médiatique qui laisse croire le contraire, ce n’est probablement qu’un lampiste, comme le prouve ses incessantes justifications de soumissions à Marine Le Pen.

On ne peut que se réjouir que ces affaires internes éclatent dans une période électoralement calme. De cette façon, elles ne sont pas occultées par des thématiques plus importantes.  On ne sait pas encore comment cette histoire se finira, mais elle pourrait bien propulser le meilleur d’entre eux vers la tourmente et les critiques d’un prochain parachutage, quelque part où on peut espérer pour lui qu’il aura retenu la leçon reçue dans l’Est. Mais on peut surtout espérer qu’elle fasse évoluer le Front vers des rapports plus humains envers ceux qui l’ont toujours aveuglément défendu.

Joseph Antoine

Print Friendly, PDF & Email

Riposte Laïque vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 7 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires injurieux ou diffamants envers les auteurs d'articles ou les autres commentateurs.
  • La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de langage ordurier ou scatologique, y compris dans les pseudos
  • Pas de commentaires en majuscules uniquement.
  • Il est rappelé que le contenu d'un commentaire peut engager la responsabilité civile ou pénale de son auteur

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi