Florian Philippot va transformer le FN en machine à gagner des élections

Monsieur Armand Carel,

En réponse à votre article concernant Florian Philippot, je me permets de vous dire que vous faites fausse route.

Je ne vous connais pas, mais j’imagine que vous êtes un homme sexagénaire ou septuagénaire, né en Algérie et blessé à tout jamais par le déchirement subi par les Français rapatriés d’Algérie, qui ont dû quitter leur chère terre natale.

Je comprends la douleur qui a pu être la vôtre, mais cet évènement s’est passé il y a 51 ans et pour la très grande majorité des Français d’aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne, du passé.

Je ne vais pas revenir sur l’année 1962 et l’issue défavorable de la guerre d’Algérie pour les Pieds-Noirs. De même, je ne vais pas me lancer dans un plaidoyer pour défendre celui pour qui j’ai une très grande admiration et que je considère comme celui qui a sauvé l’honneur de la France et que vous, de votre côté, vous détestez franchement. J’ai bien sûr nommé le général de Gaulle.

L’historien de formation que je suis, habitué à regarder la globalité et la complexité d’un fait historique, ne va pas vous expliquer pourquoi il n’y avait pas d’autre choix que d’accorder l’indépendance à l’Algérie. La souffrance et le traumatisme encore vifs des Pieds-Noirs ne leur permettent pas, selon moi, de juger objectivement.

Mais là n’est pas mon propos, qui est Florian Philippot et le Front National.

Si je vous ai dit au début de ce message que vous faisiez fausse route, c’est que vous ne semblez pas voir que le FN d’aujourd’hui n’est plus le FN de papa Jean-Marie. Les « Algérie Française », les « Cathos Tradi » et autres nostalgiques de Vichy n’y ont plus leur place.

Marine Le Pen, qui a bientôt 45 ans (tout comme moi, puisque nous sommes tous les deux nés en août 1968) a pour mission de faire du FN – dont elle finira, à terme, par changer le nom – un parti de large rassemblement de tous les patriotes, en vue de conquérir le pouvoir et de s’atteler à la longue tâche de restauration de la France.

On ne peut pas continuer à ruminer sans fin la nostalgie du passé colonial de notre pays. Ca n’intéresse pas les gens de ma génération, encore moins les plus jeunes. Il faut tourner nos regards vers le futur et la figure du général de Gaulle, qui était un visionnaire, doit rester un repère, un guide, une boussole pour tous ceux qui aiment la France et s’attristent de la voir engagée depuis si longtemps, dans la voie du déclin, par la faute des partis européistes et mondialistes qui confisquent le pouvoir depuis 40 ans. De Pompidou-Giscard à Hollande, ce n’est qu’une longue période d’abandons et de reniements au service de la haute finance internationale et de l’ultracapitalisme globalisé.

Avec tout le respect que je vous dois, je me permets quand même de vous dire que vous représentez le passé et que vous défendez des positions amenées à se marginaliser de plus en plus au sein du Front National.

Je souhaite que Jean-Marie Le Pen se mette le plus tôt possible en retrait de la vie politique et laisse sa fille réformer son parti et en faire une machine à gagner. Tant que « le Vieux » sera là, la caste politico-artistico-médiatique, cette oligarchie qui verrouille la parole et la pensée libre, se fera un plaisir de baver ses glaires acides sur Marine, la mettant constamment en face des errances et écarts de son père, qui ont empêché tant de patriotes, effrayés par ces excès, de voter FN. Moi-même, je préfère dire que je vote Marine, plutôt que Front National, car ce nom est encore trop associé à un univers que je rejette et qui doit disparaître..

Monsieur Philippot, que vous qualifiez de « gaulliste avoué » (pour moi, c’est plus une qualité qu’une tare) a bien compris tout cela et je crois que des gens comme lui et comme Marine Le Pen sont l’avenir de ce parti..

Cordiales salutations!

Didier MEY

image_pdfimage_print