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Que le FN prenne exemple sur Trump et cesse de faire du néo-chevènementisme

Florian-Philippot-et-Marine-Le-Pen-en-conference-de-presse-le-12-janvier-2012_exact1024x768_lLe FN veut-il être un parti de pouvoir ou un parti d’illusion de pouvoir ?

Vous allez voir ce que vous allez voir avec le FN, je n’ai vu que les visions de Mahomet pendant ses crises d’épilepsie. Tant qu’il continue à faire une dichotomie entre l’islam et l’islamisme, il est et restera un parti du système. Un terrain où il part battu d’avance car il ne correspond pas à sa marque de fabrique politique originelle. Il ne suffit pas d’ »expulser » J.M. le Pen pour marquer une réelle rupture avec l’héritage lepéniste et de supprimer le défilé du 1 er mai consubstantiel au parti pour des pseudos raisons sécuritaires, une pure manoeuvre démagogique qui n’honore pas le parti, pour apparaître aux yeux des Français comme un fiancé potentiel.

Il est à douter que cette nouvelle ligne politique qui est un espèce de maelstrom souverainiste et social-démocrate tendance europhobe qui serait plus de l’ordre du lifting qu’idéologique, lui permette de franchir un palier supérieur.

Sortir en tête à mi-course dans des compétitions qui ne mobilisent pas tous les Français est une chose gagner la course de ces mêmes compétitions en est une autre. A chaque fois, il a du mal à transformer l’essai et pas seulement à cause du rempart républicain. Le scrutin n’est pas seulement une alchimie arithmétique où l’on additionne les voix des uns et des autres, il est également et surtout une offre politique forte, porteuse d’espoir et d’espérances, qui a quelque chose d’irrationnel, de transcendantal, qui fait souffler un vent de renouveau, un stimuli qui excite et fait vibrer les électeurs et leur procure un sentiment de changement profond. Le tous pourris n’est pas un projet politique et sociétal, un catalyseur des énergies des Français et un antidote à leur désarroi actuel, leurs peurs et angoisses à cause de la banalisation du phénomène terroriste et l’impuissance tragique de leurs gouvernants pour éradiquer ce mal.

De là à l’imaginer triompher dans les épreuves de premières catégories où les électeurs sont plus impliqués, le FN a encore beaucoup de chemin à faire.

Est-ce qu’il a vraiment envie de le faire en confiant le pilotage du FN « new wave » à un islamo-compatible et ex chevènementiste pour conférer au parti une identité citoyenne, qui est en train de lui donner  des allures social-démocrates ?

Le virage actuel apparent ou réel en dit long, quel que soit le cas de figure, sur le nouvel état d’esprit frileux du FN, à mettre le holà sur l’engeance qui mine les fondements de la nation française. Trump a le mérite de ne laisser personne indifférent, vainqueur ou vaincu il sera celui qui ne s’est pas fait prier pour proclamer l’islam comme le pire ennemi de la démocratie américaine. Il a eu le courage de ne pas dissocier l’islam de l’islamisme et n’a pas hésité un seul instant à frapper là où personne n’a osé le faire avant lui. La politique c’est le courage, la vaillance d’un combattant qui avance sur l’ennemi, et l’affirmation de la manifestation de sa volonté contre vents-et-marées.

Il n’y a aucun honneur à gagner la partie au prix de la compromission avec ceux-là-mêmes qui sont porteurs d’une idéologie hégémonique et impériale qui est à l’origine directe du cauchemar des Français et de ses propres succès électoraux dans les derniers scrutins.
Une forme de schizophrénie semble le frapper de plein fouet. Obsédé par la dédiabolisation il ne cesse de donner des gages sémantiques aux faiseurs des rois et au camp antagoniste.

Trump avance billes en tête sans se poser des questions ou plutôt en posant les vraies questions avec des solutions à la clé, avec audace et détermination comme un buffle sans se soucier le moins du monde des dégâts occasionnés, ne cherchant ni à plaire ni à séduire mais à secouer le cocotier et sortir les américains de leur torpeur. Il ne minaude pas et ce n’est pas pour autant que son style ne plaît pas à une bonne partie de l’électorat américain et lui fait perdre du terrain. Bien au contraire. Son exemple doit pouvoir inspirer ce parti qui se cherche une nouvelle identité politique.

Il doit apprendre qu’il vaut mieux perdre les élections en disant la vérité aux Français et formuler des propositions choc, plutôt que de banaliser sa politique, de jouer au fiancé idéal pour la France, en se donnant des airs de jeune lauréat de grandes écoles et d’adopter une posture républicaine de façade pour séduire et rassurer les lobbys, les médias, et les électeurs de tous bords.

A trop vouloir devenir un parti de pouvoir, le FN à la sauce néo-chevènementiste non seulement  est en train de perdre son âme comme s’il avait honte d’affirmer son identité franco-française là où les envahisseurs revendiquent et imposent leur culture anti-France, mais encore ne sait pas que le pouvoir est aux partis qui osent rompre avec le politiquement correct et sortir des sentiers battus comme la jeune formation allemande créée en 2013 l’Alternative für Deutschland (Afd)qui vient d’infliger une claque électorale à Merkel.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/les-chevenementistes-du-fn-sont-ils-des-brebis-egarees-13-12-2013-3406203.php

Ce n’est pas en mettant son fondateur hors course et en s’attaquant aux symboles de son héritage, n’en déplaise à son héritière et son compagnon, que ce FN de rupture va s’attirer les bonnes grâces de l’opinion publique et que cela va le renforcer dans sa quête du pouvoir. Une stratégie qui n’est pas forcément payante à long terme. Beaucoup d’électeurs se reconnaissent dans les idées de JM le Pen et plus on banalise le discours du FN pour le rendre soi-disant républicain, plus il y a des risques de désaffection. En quoi aimer la France est anti-républicain ? En quoi identifier les sources du danger qui la guette est anti-patriotique ? On dit que JM le Pen dit tout  haut ce que plus de 80% des Français n’osent pas  dire mais n’en pensent pas moins. Clouer JM le Pen au pilori et accueillir à bras ouverts des ex chevènementistes en donnant même les clés de la maison à Philippot, cela relève de la schizophrénie. Si le FN veut le pouvoir il ne doit pas se couper de ses racines. Même s’il y a une nécessité de se monter moins provocateur et polémiste, il n’en demeure pas moins que le pouvoir est à ceux qui prennent en compte les préoccupations de tout un peuple et s’en font l’écho. Si Trump a le vent en poupe, c’est parce qu’il a su porter haut la voix tant négligée et méprisée par l’establishment américain d’une bonne partie de la classe moyenne et des Américains victimes des bulles financières et immobilières et qui s’inquiètent de la politique trop favorable à l’islamo-terrorisme de leurs gouvernants. A se demander si le vrai héritier de JM le Pen n’est pas Trump.

Salem Ben Ammar