Football : les fanatiques de la 25e heure

J’ai toujours été passablement soufflé par cette capacité de certains à se métamorphoser en fanatiques d’un sport à l’approche d’une demi-finale ou d’une finale de coupe du monde, phénomène d’identification oblige, alors que, durant les quatre années séparant deux d’entre-elles, le même sport leur en touche une sans bouger l’autre, pour paraphraser le grand Jacques. Enfin, tous les cas de figure existent : j’ai même un de mes amis tendance internationale gaucho, allergique grave à l’idée de frontière, mais plus chauvin, nationaliste, fier de sa race et de son drapeau tu meurs dès qu’il s’agit de l’équipe de France de rugby ou de pied (foot).
Par le passé, je m’étais aventuré à laisser un commentaire chez l’honorable France Football, se voulant à contre-courant de l’aveuglement ambiant, où j’émettais des doutes concernant l’espèce de ferveur fanatique vous faisant croire mordicus que, lorsque un attaquant de « votre » équipe fait mouche, il est toujours intelligemment démarqué dans la surface de réparation adverse, cependant qu’un adversaire,  dans des conditions stricto sensu identiques, lorsqu’il il vous rend la monnaie de sa pièce dans la vôtre (de surface), il se trouve toujours étrangement seul. C’était passé comme une lettre à la poste, et je suis toujours gré, trente ans plus tard, de l’esprit chevaleresque de l’hebdomadaire. Mais allez donc rappeler que l’équipe de France championne du monde 1998 fût, de toutes les équipes, celle qui encaissa le moins de buts (2 si ma mémoire est bonne) durant toute la compétition, héritière, en ce sens, du catenacio italien.
J’ai tenté naïvement le même coup auprès du journal « l’Équipe », après la demi-finale tricolore victorieuse contre les sujets du Roi du Maroc, dont le papa affirma un beau jour devant un parterre de pontes hexagonaux, la bouche en cul de poule et curieusement muets, sous la houlette journalistique d’Anne Sinclair, qu’un marocain établi ou même né en France ne deviendrait jamais ô jamais un sujet français, (même pas en rêve mes chéris…). Ce que semblent confirmer a posteriori et à coups de mortiers les petits-enfants de ceux qu’évoquait son Excellence-Père, mais ceci est une autre histoire. Quoique ?… Ainsi, ce commentaire laissé par un lecteur de l’Équipe, concernant l’adversaire tricolore en finale 2022, ainsi que son messie, le dit Messi précisément. 
963 Joseph le 16 décembre 2022 à 21h13 marquage individuel à la culotte, à l’ancienne, pas télégénique mais efficace
« Pas télégénique mais efficace » : n’est-ce pas là une définition possible du catenacio ? Commentaire qui m’inspirera une réponse qui passerait sans encombres, je n’en doutai point, l’épreuve du modérateur du grand quotidien sportif, à l’esprit non moins chevaleresque que France-Football, pensais-je naïvement. Jugez plutôt. Après la victoire bleu-blanc-rouge sur le Maroc, je consultai, par curiosité, la presse en ligne belge, suisse et néerlandaise. Ce à quoi je rajoutai mon petit commentaire personnel à propos de l’héritage catenacio...
 
Voetbal International (hebdomadaire néerlandais) : « La France ne joue pas au football, elle gagne des matches de football ».
24heures.ch (quotidien suisse) : « Toujours aussi froids, les Bleus battent le Maroc 2-0 et peuvent prétendre à conserver leur titre mondial ».
lalibre.be (quotidien belge) : « Toujours aussi cynique, la France met fin au rêve marocain et rejoint l’Argentine en finale ». Longtemps dominée, la France a trouvé son salut sur deux frappes déviées, etc. (…)
 
Je ne sais pas si en France on réalise bien ceci : ailleurs en Europe, l’on n’aime pas forcément le jeu de cette équipe, et l’on n’est pas si béat d’admiration, il me semblait intéressant de le souligner. La France ne joue pas au football, les Bleus toujours aussi froids, la France toujours aussi cynique, longtemps dominée, etc. voici ce que relatait ma réponse à ce lecteur : rien de faux concernant des titres de la presse étrangère, rien d’injurieux. Pourtant, réponse non publiée, réponse censurée par le « modérateur » de l’Équipe. Certes il existe des équipes gagnantes qui apportent quelque chose au football (Brésil 1970). Il y a des équipes perdantes qui apportent quelque chose au football (Pays-Bas 1974) Il y a des équipes gagnantes qui n’apportent rien au football. (France 1998, 2018… et 2022 ?) Et au final, il y a « l’Équipe » qui censure cette opinion, qui vaut ce qu’elle vaut.
 
Silvio Molenaar
 
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10 Commentaires

  1. Perso j’ai regardé les 15 dernières minutes de Croatie Maroc, juste pour voir les arbres se faire éjecter du podium.
    Pas une mn de match de l’équipe de fronce, de labradors courant après un ballon, faut dire que j’avais déjà vu le film  » Didier  ».

  2. mélanchon au bord de l’apoplexie, son équipe de coeur, les allaakbaristes marocains élominés par la croatie, son équipe de substitution éliminée par des argentains qui se signent avant d’aller sur le terrain…

  3. Il faut se réjouir pour cette équipe africaine de s’être hissée jusqu’en finale de la coupe du monde de pousse baballe

      • Les 10 joueurs de champ étaient tous noirs à la 120ème minute. Même le métissé Varane avait été remplacé suite à épuisement.

      • À la fin du match il n’y avait plus que Lloris…..
        Sur le terrain il y avait une équipe d’Européens blancs catholiques face à une équipe africaine.
        En 1998 à la fin de la finale il n’y a plus qu’un noir dans l’équipe de France (Thuram). En 2022 il n’y a plus qu’un blanc.
        Le grand remplacement est paraît il un fantasme d’extrême droite.

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