Football : les milliardaires parisiens de l'émir du Qatar battus par les Merlus de Lorient !

J’avoue que quand j’ai écrit l’article intitulé « L’émir du Qatar achètera-t-il un jour la Tour Eiffel », (1) j’étais excédé par toute la promotion faite autour du Paris Saint-Germain et de son nouveau mécène qatarien. Mais j’avais en même temps en tête un espoir : et si, malgré les 80 millions de transferts mis sur la table, malgré toute l’agitation médiatique autour du club de la capitale, ils se ramassaient lamentablement dès leur premier match ? J’avais d’autant plus espoir dans ce scenario que l’adversaire de la première journée, Lorient, est la bête noire du Paris-Saint-Germain. Et j’avais tellement confiance que j’ai parié avec des amis, à une grosse cote, bien sûr, sur la défaite du PSG, sur son terrain, contre ceux qu’on appelle les Merlus. Mon audace a été récompensée, puisque, à la surprise de beaucoup, Lorient à battu le PSG, au Parc des Princes, par un but à zero.

Naturellement, c’est la consternation chez tous ceux qui pensent qu’un mécène comme l’émir du Qatar, avec son carnet de chèques, peut constituer une équipe immédiatement compétitive, qui n’allait faire qu’une bouchée des modestes Lorientais. Ils ont juste oublié une chose, le football est un sport collectif, et l’entraîneur de Lorient, Christian Gourcuff, père de l’international Johann Gourcuff, est un adepte du beau jeu. Pour lui, une équipe est un bloc où les individualités ne peuvent s’exprimer que si elles se mettent au service du collectif. Amoureux du style de Barcelone, il encourage un style de jeu basé sur la technique, le jeu en mouvement, et la conservation maximale de la balle, dans un esprit offensif. Ce club breton réussit le miracle, tous les ans, avec un budget limité, de vendre ses deux ou trois meilleurs joueurs, et de continuer, avec de nouvelles recrues, à produire un des plus jeux de football de la Ligue 1.

Un président d’un club fortuné français, Claude Bez, s’était exclamé, il y a une vingtaine d’années, qu’il trouvait immoral que des équipes au budget limité puissent battre les grosses écuries. Il est probable qu’à la fin de la saison, le Paris-Saint-Germain de l’émir du Qatar finira devant Lorient. Pour autant, savourons à son juste prix cette leçon de football qu’un petit club breton a donné au club de la capitale. L’émir du Qatar, qui n’a pas dû apprécier la plaisanterie, devrait se souvenir qu’il y a vingt ans, Lagardère père avait voulu monter une grande équipe de football, à Paris, le Matra Racing. Il avait acheté les joueurs les plus réputés, à qui il avait offert un salaire astronomique. Ce fut un fiasco mémorable…

Pierre Cassen

http://ripostelaique.com/lemir-du-qatar-achetera-t-il-un-jour-la-tour-eiffel.html

 

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