Football : Merci, Monsieur Leboeuf, d’aimer tout simplement votre patrie

Publié le 30 mai 2014 - par - 2 907 vues
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leboeufMerci Monsieur Leboeuf, pour ces quelques mots, ces phrases claires et nettes, qui disent tout :

http://www.lefigaro.fr/le-scan-sport/buzz/2014/05/28/27002-20140528ARTFIG00217-franck-leboeuf-il-y-a-une-forme-de-honte-a-chanter-la-marseillaise.php

Je ne suis pas champion du monde de football, et croyez-moi, je le regrette quoique il m’arrive de rêver que je marque des essais formidables à Auckland ou à Twickenham. Vous avez dit rugby, c’est pareil, il y a ce moment où l’hymne retentit, quand on est un petit garçon emmené au stade par son père, et qui se souviendra toute sa vie d’avoir vu Boniface et Prat, Kopa et Piantoni, avant de vibrer, adulte bien mûr, aux Marseillaises d’un certain jour de Juillet 1998.

Grâce à vous, Monsieur Leboeuf. Pour cela, merci, également.

J’ai donné pour mon pays. À ma place de médecin confronté, dans les années 80, aux douleurs d’un monde séparé en deux par un Mur depuis abattu. Acteur et témoin, Prix Nobel, eh oui, détenteur d’une fraction infime de cette récompense absolue, et fier d’avoir porté le message humaniste de la France dans les endroits les plus « chauds » de la planète.

Alors, où est le problème ? Ici : sous prétexte que je fais depuis toujours de la France ma patrie, ma mère, ma racine profondément enfoncée dans la terre aimée, je deviens aujourd’hui le suspect, le possible fasciste, le xénophobe désigné par la pensée dominante, celle qui, avec une constance de perforeuse, me signifie jour après jour que je n’ai pas de terre, pas de passé, pas d’Histoire, pas de mémoire, pas de nom donc pas d’hymne voire même de chansonnette susceptible de me distinguer du reste du monde. Et merde ! Je suis Dubos, patriote français de souche gasconne, de formation gréco-latine menant (c’était encore possible dans les années 60) au souci prioritaire des autres par la médecine. Je suis comme vous patriote, Monsieur Leboeuf, mais voilà, le mot peut être beuglé par cent mille personnes dans un stade mais sur un plateau de télévision, il vous accuse, dans l’instant, de calcul sordide, de pensées inavouables, de penchants punissables. Schizophrénie ! Certes, mais ceux que l’on devrait d’urgence faire taire ont déjà appelé les blouses blanches qui vous mettront vous et moi au goulag.

Telle est la France de 2014. Dont nous sommes tous deux et en compagnie de millions d’autres, d’instinct, de coeur et de tripes. Libres d’esprit, de parole, et d’actes. Je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré, à Auschwitz où j’avais conduit des ados, les gens qui aujourd’hui m’amalgament avec les anti-sémites des mosquées, des madrassas et des cénacles céliniens. Ils n’étaient pas non plus au Bourget, en Octobre 67, à l’embarquement pour Israël au quatrième jour d’une guerre qui en compta six. Ils n’étaient pas, messagers de la conscience française, face aux Khmers Rouges de Pol Pot, aux sicaires de Mengistu, aux blindés de Brejnev en Afghanistan. Ils étaient, je vous le dis, sous la couette d’où ils s’extraieront pour vous dire que vous allez trop loin, avec votre France chérie, avec votre goût saumâtre pour le culte des anciens, cette tisane réservée aux mourants des civilisations condamnées. Vous leur pétez au nez, Monsieur Leboeuf et je vais vous dire, vous avez raison.

Merci, Monsieur Leboeuf, de prendre ainsi position à l’heure où les lignes de défense de la France cèdent de toutes parts. Vous êtes, à votre place, une âme de cette survie française que l’on nous conteste au moment où le nationalisme souvent guerrier, sanguinaire, assassin, des autres, nous est présenté comme le nec plus ultra de la défense des Droits de l’Homme. À cette sublime hypocrisie d’impuissants sous viagra médiatique, vous répondez par la simple parole de celui qui, à un moment de sa vie, a fait ce qu’il fallait pour son pays.

« Le sport est la jolie guerre du temps de paix« . (Denis Lalanne). Vous faites partie, Monsieur Leboeuf, des gens qui ont, un jour, gagné une bataille pour leur patrie. Et qui s’en souviennent, au nom de ceux qui ne purent les accompagner. Merci !

Alain Dubos

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