Force morale et force des armes

Photo by THOMAS SAMSON / AFP)

En janvier 1961, le général Ely, chef d’état-major de la Défense nationale, écrivait en exergue d’un rapport au Premier ministre intitulé : Les valeurs fondamentales du patriotisme français : « Le développement des armements techniques et des moyens de destruction pourrait faire croire à une guerre où l’homme ne jouerait qu’un rôle minime.
Or, dans un tel conflit, la détermination des peuples soumis à des épreuves exceptionnellement pénibles décidera plus que jamais de leur sort. La démesure même de la guerre possible multiplie l’importance des forces morales. Aussi, paradoxalement, l’accroissement des moyens de destruction confère à l’HOMME une valeur accrue.
De plus, le développement des techniques de diffusion de la pensée et les progrès réalisés dans les sciences psycho-sociales permettent une LUTTE IDÉOLOGIQUE PERMANENTE SANS LIMITATION DE FRONTIÈRE.
Il apparaît donc essentiel que le citoyen ait une TREMPE MORALE à la mesure de l’intensité et de la permanence de la menace.
En outre, il doit comprendre pour faire sien, l’IDÉAL que représente la civilisation française. C’est à cette condition qu’il défendra sa Patrie. »

Ce texte prémonitoire, écrit il y a plus de soixante ans, trouve aujourd’hui, à la lumière de la guerre conventionnelle qui se déroule en Ukraine, toute sa force en imposant au pouvoir politique et au commandement militaire une révision rapide, complète et en profondeur de notre concept de Défense.
Ce concept doit reposer désormais, d’une part, sur le retour de la conscription, seul moyen de prendre enfin conscience avec acuité de la notion de Patrie et des devoirs qu’impose sa défense, et d’autre part, sur un outil militaire reposant sur une force opérationnelle aéroterrestre de 300 000 hommes équipée en quantité d’armements puissants et modernes et constamment renseignée avec précision sur les intentions d’un adversaire. (2)

Pour cela, il faut recréer et développer l’industrie nationale de productions d’armements et de munitions et acquérir notre indépendance dans le domaine du renseignement stratégique afin d’être en mesure de mener un combat de haute intensité dans un conflit qui peut durer plusieurs mois voire plus.

Mais ce combat ne sera victorieux qu’au prix d’une totale liberté d’action capable de mouvoir nos forces pour les concentrer sur l’ennemi là où on le veut et quand on le veut. Car sans armes, sans personnels formés en nombre pour les servir, sans renseignements fiables, donc sans liberté d’action, vaincu sera celui qui sera figé, immobile sous les coups de l’adversaire. Il ne pourra que subir, dans l’incapacité où il se trouve de pouvoir parer la surprise et d’assurer sa sûreté.

La Fédération des Opex de France se réserve le droit et le devoir d’exprimer les idées qu’elle estime utiles afin de dénoncer les lacunes et insuffisances dans le domaine de la Défense, de décrire les menaces qui peuvent à chaque instant terrasser notre pays, et de présenter des propositions afin de les contrer.

Mais ces idées, ces propositions ne doivent pas rester confidentielles compte-tenu de la situation actuelle et de ses prévisibles prolongements tragiques à venir. C’est pourquoi j’invite chaque membre de notre Fédération et aussi chaque lecteur qui nous fait l’honneur de parcourir voire d’apprécier nos textes de bien vouloir diffuser et relayer nos écrits et publications le plus rapidement et le plus largement possible.

Colonel Daniel Péré
mai 2022

(1) Tout ceci s’inscrit entre grandeur et servitude militaires dans la volonté de réagir contre la sottise ce que les
vieux capitaines d’Alfred de Vigny ne faisaient pas. (Pierre Mac Orlan).
(2) Nous évoquons ici le cas de l’armée de Terre qui comptait il y a 30 ans SIX fois plus de chars lourds
qu’actuellement. Sur la même période, la marine et l’armée de l’Air ont connu également une très significative
attrition :
Pour la marine : la flotte est passée de 37 à 19 unités de premier rang.
Pour l’armée de l’Air : l’aviation de chasse est passée de 680 à 250 appareils.
En outre, notre politique actuelle d’exportation d’armements se fait systématiquement au détriment de l’équipement de nos propres forces.

Colonel Daniel Péré

Président de la Fédération des Opex de France

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9 Commentaires

  1. On a bien compri tout ça mais à propos du traître qui gouverne, qui détruit la France, qui la vend à l’ennemi, qui agit en dictateur envers son peuple, que se passe t’il pour sa gueule ? On voit aussi que l’armée ne bouge pas d’un cil sur ces faits réels.
    Un jour les patriotes en auront plus que ras-le-bol d’être les jambons du gvt de traîtres, ils iront eux-mêmes déloger le traître dictateur ! Pourrions nous compter sur l’aide de l’armée pour rendre la France aux vrais Français!!!

  2. Hélas Raslebol, j’ai peur qu’il ne faille point compter sur l’armée… au dessus du grade de capitaine (sauf exceptions), ils ne rêvent qu’à obtenir un jour leurs étoiles, et pour ceux qui les ont, garder le plus longtemps possible la bonne gamelle servie par le gouvernement !

  3. Merci pour cet article et l’information qu’il existe une Fédération des Opex de France!
    Beaucoup de citoyens ont la trempe morale dont vous parlez mais où la mettre la mettre en action?
    Pour avoir suivi les VPF et actuellement Places d’armes, désolé mais cela ne répond pas aux problèmes actuels! Pendant ce temps là nous avons pris de l’âge, nous et nous sommes de moins en moins capable d’agir.
    Gardons l’esprit éveillé!!

    • Vous venez de résumer tout le problème. Nous avons un train de retard, et même plusieurs. Des intiatives comme celle de VPF, Guerre de France, et d’autres comme celle des généraux, arrivent trop tard et de plus se coupent sous les pieds en s’interdisant toute action qui sortirait du strict cadre républi-con (toujours la République !).

      Et maintenant qu’on commence seulement à se rendre compte que le temps qui passe joue contre nous, on s’aperçoit que rien n’est prêt, que nous ne disposons ni de personnes, ni de moyens.

      La question qui se pose maintenant, c’est s’il est encore possible de faire quelque-chose, et quoi. Ce qui est certain, c’est que se cantonner à commenter l’actualité et se lamenter ne servira strictement à rien.

  4. Cet article dans l’ensemble pertinent appelle pourtant deux remarques :

    1. Il ne faut pas espérer que la conscription puisse redonner le sens du patriotisme à des Français (jeunes ou moins jeunes) qui ont largement perdu, depuis longtemps, le sentiment de fierté nationale (et je ne parle même pas de « nationalisme »),

    2. Ces changements préconisés par l’auteur de l’article sont impossibles sans un préalable changement de régime radical, et si l’Armée veut faire quelque chose pour la France, c’est d’abord dans ce sens-là qu’elle va devoir agir !

  5. Oui comme en 39 .6 semaines je crois si ma mémoire est bonne?????

  6. Je ne crois pas au retour de la circonscription ;cette culture est perdue, et il ne faut pas compter sur le patriotisme des jeunes qui par un moyen ou un autre ne pourraient échapper à cette « infâme » obligation.
    Sans compter les islamiques…
    Il faudrait par contre multiplier des unités commandons entraînées au combat en milieu urbain ;nous en aurons besoin dans les années à venir.

  7. Plus de peuple (il reste à peine 40 % de véritables français) ! Le patriotisme français ne veut rien dire d’autant que les embrigadés sont TOUS des collabos qui défendent un système présidé actuellement par Macron !
    je vois la gueule du commandement français, je tourne les talons, que des fiottes !
    Mon principal ennemi est la reine des putes Macron !

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