La forfaitude ramadanesque d'Anne Hidalgo

Comme chaque année depuis 2001, les édiles de Paris organisent ce lundi 6 juillet une nuit du ramadan en l’Hôtel de ville. Et comme chaque année, des dirigeants républicains trahissent la République en participant publiquement, et circonstance aggravante, dans un lieu républicain, à un acte religieux. Hidalgo, à la suite de Delanoë, poursuit cette forfaitude.
On ne peut même pas parler de méconnaissance du sujet de leur part. En effet, en 2011, le préfet de Paris de l’époque, Bertrand Munch, adresse au maire de Paris un courrier dans lequel il lui indique, en tant que représentant de l’Etat, son opposition à la nuit. Il écrit : « Votre décision d’organiser une telle soirée à caractère cultuel semble contraire au principe de neutralité des services publics et à l’article 2 de la loi de 1905 selon lequel la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »
La probité et la compétence de ce préfet sont tout à son honneur. Il a parfaitement compris que l’alibi culturel de cette nuit, consistant à nous faire croire que c’était là, avant tout, une manifestation culturelle d’ouverture aux arts musulmans n’était en fait qu’un paravent dissimulant une manifestation religieuse.
Pourtant, s’asseyant sur son avis, des nuits de l’iftar n’ont pas cessé de se produire depuis. On voit, là aussi, à quel point la voix de l’Etat est aujourd’hui méprisée de toute part. Car quoiqu’averti par différentes sources, Delanoë avait alors montré sa mauvaise foi : « Ce moment de rassemblement s’inscrit dans une logique conviviale et culturelle, et n’a strictement aucun caractère religieux. »
Mensonge, Delanoë ! Car non seulement le jeûne du ramadan est une prescription religieuse, comme tout le monde le sait maintenant du fait de l’islamisation de notre pays, mais la rupture de ce jeûne répond également à une injonction coranique, et elle ne s’effectue pas n’importe quand, ni n’importe comment.
« Mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit [suivante] » (sourate II, v 187). Sans ce verset, les musulmans croyants ne participeraient pas la petite sauterie non alcoolisée de la mairie. Madame Hidalgo, en bonne soumise, attendra donc l’heure H qu’Allah lui aura décrétée pour manger et boire.
De nombreux hadiths (actes et paroles de Mahomet) indiquent également la nature religieuse de l’iftar (1) : ainsi il est recommandé que le musulman rompe le jeûne aussitôt que le soleil se couche, qu’il invoque Dieu au moment même de la rupture du jeûne.
Or la mairie nous indique qu’ « à 21 h 56, la rupture du jeûne sera célébrée autour d’un cocktail d’amandes et de lait. » 21h56 !? C’est la soumission d’Hidalgo ce lundi 19 Ramadan 1436 aux horaires de prières musulmanes. 21h56 c’est en ce jour l’heure de la prière al-maghrib, la prière du coucher du soleil, comme l’indique le calendrier officiel du ramadan 2015 pour Paris.
Les malentendus interculturels
Avec de la chance, ce lundi soir, Hidalgo pourra s’instruire. Un imam aura peut-être l’amabilité de lui réciter le verset 187 déjà cité, invitant à jeûner et à rompre ce jeûne. Et puisque comme tous les socialistes prompts à excuser la nature belliqueuse du coran aiment qu’on resitue le contexte de ce qui est cité, le même imam aura la gentillesse de replacer ce verset dans le contexte plus large de la 2° sourate, de laquelle il est tiré.
Et là, Hidalgo sera attendrie en découvrant le verset 171 : « Les mécréants ressemblent à [du bétail] auquel on crie et qui entend seulement appel et voix confus. Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point. » Il n’est pas écrit « certains » mécréants, mais bien « les ». Comment va-t-elle réagir, elle qui n’aime pas les amalgames ?
Elle préférera peut-être quelques lignes plus loin : « l’association [de plusieurs divinités] est plus grave que le meurtre ». Ou le verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes. » Cela interrogera un peu plus sur les larmes schizophréniques de Cazeneuve, le pied-tendre de l’Intérieur, le béni oui-oui de l’islam qui a déjà cette année fait allégeance à l’ordre mahométan de l’iftar (en attendant Valls), profitant de cette dhimmitude du 1er juillet dernier pour oser avouer son renoncement et sa paralysie : « Le meilleur rempart contre le terrorisme, ce sont les musulmans de France »
Si elle est en manque d’un sujet de conversation avec Taubira, elle pourra toujours lui rapporter le verset 221, situé un peu plus loin, reconnaissance de l’esclavage comme institution islamique : « Et n’épousez pas les femmes associatrices tant qu’elles n’auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous enchante. Et ne donnez pas d’épouses aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu’un associateur même s’il vous enchante. »
Le verset suivant 222 n’est pas mal non plus pour méditer avec les camarades féministes : « Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. – Dis: ‹C’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient›. » A moins que le 223 soit plus inspirant : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l’avance. »
Quelle joyeuse soirée en perspective, pleine de tolérance et d’échanges mutuels.
Jean Pavée
(1) http://mosquee-lyon.org/?cat=ramadan
Des pratiques recommandées lors du mois de ramadan :
– Rompre le jeûne aussitôt que le soleil se couche
Le prophète (saws) dit: «On ne cesse d’être dans la bonne voie tant qu’on s’empresse de rompre le jeûne». (Boukhari & Moslim)
– Invoquer Dieu au moment même de la rupture du jeûne
Le prophète (saws) dit: «N’est pas repoussée la demande faite par le jeûneur au moment de la rupture de son jeûne» (Ibn Majah)

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