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Formidable réquisitoire d’Eric Zemmour contre mai 68

Bientôt le cinquantenaire de mai 68, nous rappelle le Fig-Mag.

Je ne doute pas qu’il y ait encore une armée d’ultra- gauchistes nostalgiques de leurs barricades, pour fêter l’événement, vomir leur haine du système capitaliste, de l’ordre moral, de l’esprit civique et du patriotisme, leur haine du flic et du soldat, bref, tous ces piliers essentiels de la société qui cimentent la cohésion nationale.

Car ces attardés se prennent encore pour des grognards de Napoléon, vétérans d’Austerlitz, pour nous dire : “J’y étais”, tel l’inénarrable Cohn Bendit, fier de défendre un contre-modèle de société en faisant sa révolution.

En effet, c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais 68, c’est l’effondrement de l’Etat pendant un mois.

Cela a commencé à Nanterre, le bastion universitaire de gauche.

Tout ce que le monde étudiant comprend comme militants d’extrême gauche, se sent pousser des ailes de révolutionnaire. Chacun se prend pour “Le Che“.

Communistes, trotskistes, maoïstes, sont en extase devant les révolutionnaires sud-américains, s’opposent à la guerre du Vietnam et pourfendent l’impérialisme de l’Occident. Le tiers-monde est à l’honneur.

Car en 1968, on fait l’amour, pas la guerre. Et les pacifistes, manipulés par Moscou s’acharnent à détruire l’Occident.

Comme le dira plus tard Mitterrand, parvenu au pouvoir :

“Les pacifistes sont à l’Ouest, mais les fusées sont à l’Est.”

Les héros de cette jeunesse révoltée sont Marx, Hô Chi Minh, Mao ou Castro.

Pour être dans le vent, il est de bon ton de brailler tous en chœur  “Il est interdit d’interdire” ou “CRS-SS”, tout en brandissant le Petit Livre rouge de Mao, ce chapelet de niaiseries sans nom, que nos simplets veulent faire passer pour le chef-d’oeuvre littéraire de la décennie.

Dans cet infâme bourbier, qui s’étend de jour en jour et gagne la France entière, Georges Marchais aura été le plus lucide à gauche, qualifiant “l’anarchiste allemand Cohn-Bendit” de “faux révolutionnaire”.

Le rebelle sera expulsé en Allemagne.

On chante l’Internationale devant la tombe du Soldat inconnu.

On dépave les rues de Paris pour harceler les forces de l’ordre.

On casse, on brûle des voitures, et la France entière se retrouve en grève générale.

Le drapeau rouge flotte partout. 10 millions de grévistes paralysent le pays.

L’ampleur du désastre est impressionnante. Plus de transports, plus d’essence, plus de courrier, plus de ramassage des ordures, plus de presse, plus de TV, nous résume Jean Sévillia. Le chaos.

Les violences se multiplient, des commissariats sont attaqués.

Réunions et négociations entre le pouvoir et les syndicats se poursuivent.

Augmentations de salaire et réduction du temps de travail n’y font rien.

La révolte s’amplifie.

Et de Gaulle disparaît soudain le 29 mai. Il est allé voir le général Massu en Allemagne.

Envisageait-il un recours aux troupes françaises stationnées en Allemagne ? Mystère.

A son retour, de Gaulle annonce son maintien et dissout l’Assemblée.

C’est le tournant de la révolution qui annonce une vaste contre-manifestation.

500 000 à 1 million de personnes défilent en chantant La Marseillaise.

Les drapeaux tricolores remplacent les drapeaux rouges.

Ce qui frappe dans cette courte révolution, c’est qu’elle a éclaté alors que la France était en pleine expansion économique, avec une croissance de 5%, pas de chômage et un niveau de vie en ascension constante.

A la fin des Trente Glorieuses, la France avait le cinquième niveau de vie au monde, derrière les Etats-Unis, la Suède, le Luxembourg et la Suisse.

Japon, Allemagne et Grande-Bretagne étaient loin derrière.

La France était si riche et prospère qu’en à peine 6 mois, les pertes économiques consécutives à la paralysie du pays, étaient résorbées.

Mais le retour au calme fut trompeur car le mal était fait.

Comme le dit si justement Zemmour, Mai 68 précipita la grande désintégration des sociétés occidentales.

Mai 68 signa la mort lente de l’esprit civique, de l’autorité, du patriotisme, de la famille, en un mot de la nation.

Ce fut l’avènement du politiquement correct en exigeant repentance à tout propos, de la part de l’homme blanc, accablé de tous les maux.

Mai 68, c’est la remise en cause de toutes les identités, individuelles, familiales, religieuses et nationales, dit Zemmour.

Tout n’est plus que tyrannie. Politiques, policiers, enseignants, patrons, tous ont perdu leur autorité d’antan.

La discipline à l’école, c’est la tyrannie du prof.

Les règles de vie en société, c’est la tyrannie de l’ordre républicain.

Au nom de la liberté, on a saccagé les règles d’assimilation qui avaient fait merveille avec des générations d’étrangers européens.

Le droit à la différence a torpillé la cohésion nationale, interdit l’intégration.

Au nom du multiculturalisme et de l’acceptation de l’Autre, on a abandonné nos propres valeurs républicaines et même notre histoire, sans cesse méprisée.

50 ans après Mai 68, la société n’a plus que des droits et aucun devoir. Même le service national, cet impôt physique qui soudait la nation, a disparu.

Mais face à cette dislocation de la nation, Zemmour semble garder espoir, nous disant que “la révolte gronde”.

Cette révolte est “disparate, éclatée, divisée”, ajoute t-il.

C’est le succès de la “Manif pour tous” contre le mariage homo.

C’est le réveil d’un catholicisme identitaire qui craint la menace de l’islam.

C’est la défense des droits des femmes.

Mais c’est surtout la coalition des pays de l’Est, qui entendent sauvegarder leur patrimoine culturel et leur racines chrétiennes.

“Sur les ruines de Mai 68, il faudra un jour reconstruire”, conclut Zemmour.

Puisse t-il avoir raison.

Mais quand je lis le sondage Kantar-Sofres-Onepoint de mars 2018, pour le Fig-Mag, il y a de quoi doucher l’optimisme de Zemmour.

A la question “Pour laquelle des personnalités suivantes souhaitez vous voir jouer un rôle important au cours des mois ou des années à venir”, voici le classement du mois que donnent les Français.

Hulot, Mélenchon, Juppé, Flessel, Le Drian, Hamon, Aubry, Cazeneuve, Royal,  Bertrand, Hidalgo, Bayrou, Le Maire, Valls, Collomb etc.

Pas un seul personnage de droite !

Marion, notre nouvelle Jeanne d’Arc, n’arrive qu’en 21e position !

Une belle brochette de bras cassés qui n’incarne pas vraiment la personnalité à poigne, qui redressera la nation en défendant son identité et ses racines.

Plus le pays s’enfonce et plus le peuple français en redemande.

Les idées de Mai 68 et leur contre-modèle de société ont encore un bel avenir.

Jacques Guillemain