Forsane Alizza commet un faux grossier pour faire croire à une vraie interview sur LCI

Publié le 19 avril 2011 - par - 2 168 vues
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Forsane Alizza fait croire que ils ont été interviewés par LCI et que l’interview a été interrompue par un facho. Sauf que la prétendue interview de LCI c’est totalement faux.

http://www.dailymotion.com/video/xi9pxc_interview-forsane-alizza-lci-irruption-de-facho_news#from=embed

J’ai travaillé dans l’audiovisuel j’ai analysé les images je confirme que c’est bidon.
La vidéo Forsane Alizza est une manipulation pour les raisons suivantes :

1/ Les Journalistes Reporter d’Image (JRI) ne travaillent pas avec un appareil photo reflexe qui enregistre de la video HD. Or c’est ce qui fait office de camera du prétendu journaliste de LCI c’est un boitier photo que vous pouvez constater par vous même.

2/ Les journalistes de LCI sont équipés soit de betacam numérique soit de camescope tri cmos ou tri ccd en HD avec des boitiers de type Handicam.
Or le boitier en question est un vulgaire appareil photo… rien à voir avec du matériel broadcast.

3/ il n’y a aucun logo de la chaine sur le boitier (et pour cause). Ensuite le matériel qu’utilise LCI est soit du matos sony soit du panasonic. Or on voit un sangle canon. Canon n’équipe pas les JRI de LCI.

4/ Le trépied n’est en rien un trépied professionnel (marque sachtler par exemple) mais a l’évidence un trépied grand public et c’est encore plus évident que, à un moment, on voit la semelle caractéristique du matériel grand public qui n’a rien à voir avec les semelles des trépieds professionnels.

5/ Un JRI quand il interviewe il contrôle le son et le cadrage. Or là, à aucun moment il ne le fait pas même pas ponctuellement, à l’évidence la personne n’a pas les gestes professionnels des JRI.

6/ Un JRI contrôle le son enregistre au moyen d’un casque, or il n’en a pas.

7/ Un JRI a deux moyens de capter le son :
– soit le micro canon de la camera, il n’y en évidemment pas sur un boitier photo, surtout que c’est un micro qui fait 15 a 25 cm de long avec une connexique xlr.
– soit un micro à main, or il n’en a pas non plus…
– l’option du micro cravate ne peut fonctionner sur un boitier photo ca.

8/ Ensuite on connait la violence Forsane Alizza, or la réaction de la personne est anormalement calme…

9/ Si c’etait un journaliste de LCI pourquoi n’y-a-t-il pas la video diffusée avec l’habillage le jour de LCI ?

10/ Lapsus révélateur le prétendu facho parle de photo, logique c’est un appareil photo pas une camera, puis bien sûr la baguette de pain sous le bras…

11/ Quand on connait les videos Forsane Alizza vous croyez sincèrement qu’ils auraient caché son visage ?

La question pourquoi ce faux reportage de LCI ? A part pour inciter à la haine contre ses voisins non-musulmans.

Daniel Bertrand

PS : Quand au look la chemise à carreaux acheté chez Tati franchement ça fait pas bobo sorti de Science Po. Et quand aux questions…pas plus crédible…

REPONSE DU JOURNALISTE QUI MENE L’INTERVIEW

Pour beaucoup de journalistes, la bonne information est celle qui est anticipée par l’AFP et le quotidien régional local (Le Parisien dans la grande majorité des cas). Certains essaient malgré tout de trouver autre chose. Par ambition, par goût de la contradiction, par curiosité, je ne sais pas ce qui a amené le tout jeune journaliste présent sur cette vidéo à s’intéresser de près à Forsane Alizza à l’époque. L’information m’est parvenue via un communiqué de presse envoyé par un think tank d’influence israélienne qui chasse toutes les influences islamistes de par le monde et en informe qui veut bien les écouter. Une piste comme une autre. Quoi qu’il en soit, le jour où sont tournées ces images, personne en dehors de deux reporters suédois et moi même ne prend la peine de creuser la chose jusqu’au bout. A peine une poignée de caméras seront présentes place de La Nation pour filmer des arrestations à priori arbitraire de simples manifestants. En effet, tous les militants de Forsane ont été appréhendés plus tôt le matin, libérés en début d’après-midi et se sont réunis à La Courneuve en fin d’après-midi pour manifester, débattre et distribuer des goodies islamistes aux enfants du quartier.

L’actualité aidant, je suis retombé par hasard sur ce billet au ton fort sympathique et me permet de répondre à toutes les interrogations de son auteur :

1 – Concernant mon appartenance à LCI. Je travaille à l’époque pour la chaîne comme stagiaire. Je suis de repos ce jour-là. Une rédactrice en chef me rappellera le lendemain et me demandera mes images. Elles ne seront jamais diffusées. Si Forsane Alizza aime y voir de la censure, il s’agit en réalité d’une simple bêtise technique. TF1 et LCI ont un format de tournage très rodé et il s’est avéré très compliqué d’exploiter des images tournées à l’appareil photo. Tout ce travail a donc finalement été trappé.

2 – Les JRI en télévision tournent en effet en général avec des caméras d’épaule dites professionnelles ou des caméras de poing dites semi-professionnels. Pas question d’en confier une à un stagiaire de repos. J’ai donc improvisé avec mes moyens personnels de l’époque, un boîtier photo Canon 7D et un pied de très mauvaise qualité. Le résultat est cependant de bonne qualité. D’ailleurs, de plus en plus de journalistes TV indépendants optent pour cette solution, plus légère, moins coûteuse et au rendu intéressant pour tourner reportages et documentaires sur des sujets difficiles.

3 – La violence de Forsane Alizza est jouée et symbolique. Hors caméras, ils savent être parfaitement calmes et tenir un discours parfaitement cohérent. La situation m’a imposé de tourner cette interview dans une propriété privée pour échapper à la police. Ils ont masqué le visage de ce riverain parce que j’ai lourdement insisté là-dessus. De même, j’ai laissé mes coordonnées à ce monsieur avec qui je me suis expliqué par la suite.

4 – La chemise ne vient pas de chez Tati mais de chez Celio. Elle m’a d’ailleurs assuré un franc succès auprès des demoiselles au cours de reportages en Chine et au Laos. Je ne suis pas un bobo et pratique un goût de sujets épicés. Il m’a été reproché de m’être intéressé à ces gens. L’histoire a montré que finalement, ils sont bels et bien arrivés au coeur de l’actualité et qu’il était pertinent de vouloir comprendre qui ils sont. Pour anecdote, des reproches similaires m’ont été fait au cours de reportages sur Alsace d’abord, parti identitaire de l’est, lors de manifestations dénonçant l’islam en France. Nous, journalistes, ne sommes pourtant pas sensés être la voix de la sagesse mais celle de la vérité : je suis un témoin, pas un juge. Et je m’efforce de le faire en préservant au maximum mon indépendance, quitte à employer le système D.

Romain Mielcarek

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