Fourest et Venner sont parmi les meilleurs instruments de l’islam et de l’ultra-libéralisme

Riposte Laique se fait tribune d’un débat entre Anne Zelensky et Paul le Poulpe sur l’intérêt ou pas des articles de RL critiquant Caroline Fourest.

Je n’avais jamais écrit sur Caroline avant que Fiammetta et elle n’attaquent des personnes d’une manière mettant concrètement en danger leur sécurité physique. C’était début 2010.  Depuis, étant donné leurs attaques immondes contre moi, j’ai du faire certaines mises au point… Je comprenais l’écoeurement devant l’inhumanité des attaques de ces filles contre Fanny Truchelut, mais je suis d’accord avec Anne pour dire qu’elle n’en vaut pas la peine,  par le niveau de ses écrits. Seulement aujourd’hui, elle « exerce un véritable magistère moral » (Marc Endeweld – « Charles » numéro 1printemps 2012) et il devient parfois nécessaire de répondre à ses incitations dangereuses…

Je connais Fiammetta Venner et Caroline depuis leur début de militantes dans le mouvement des femmes, et j’ai été plus proche d’elles deux je pense que Anne Zelensky.

Quand je les ai rencontrées, j’ai cru que leurs idées étaient les miennes : pour les droits des femmes et des lesbiennes, contre le fascisme, contre l’antisémitisme (dont l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme)… Mais je me suis aperçue au bout de quelques années que cette convergence de vue ne portait que sur des points de surface, qu’elles employaient des méthodes qui ne seront jamais les miennes.  

C’est leur  conception politique et morale qui explique leur démarche, qui est contraire aux objectifs qu’elles pensent défendre.

Fiammetta et Caroline ont choisi de consacrer leurs études et leur activité, uniquement à des gens qu’elles détestent et à la destruction de ces gens. Elles pensent qu’en tuant les méchants, on chasse le mal du monde.  Elles sont fières d’être des punisseuses, fières de leur tableau de chasse. Elles pensent que la fin vaut les moyens.

Elles n’ont donc rien compris à la leçon du XXeme siècle, siècle de tous les totalitarismes, de toutes les terreurs, tous basés sur l’idée, théorisée par la Terreur française, fondamentalement anti-chrétienne et anti-juive, qu’il faut punir et éradiquer les méchants, purifier l’humanité, pour faire advenir un monde pur et radieux. 

Je pense au contraire que pour parvenir à un monde « bon », il faut construire et non pas punir. Je pense au contraire que la fin est dans les moyens. Je pense qu’il faut essayer d’être comme le dieu de la bible qui « ne veut pas la mort du méchant mais qu’il revienne et qu’il vive ». Je pense au contraire, et je l’ai écrit dans la revue du CERF dès 2000, qu’il devrait être « interdit de punir ».  

Les moyens immondes qu’elles emploient, en particulier les mensonges par divers procédés et la dénonciation ( liste des « sponsors du FN », liste des maires anti-pacs, demande – obtenue – de la tête de l’enseignant Philippe Isnard), découlent de leur conception : pour que le tableau de chasse soit valorisant, il faut que les personnes abattues soient le plus méchantes possibles, alors quand elles ne le sont pas ou pas assez, on ment pour les faire passer pour telles, la fin justifiant ce moyen. Et quand la salissure ne suffit pas, on dénonce et on intimide et on met en péril.

Cette vision pervertie du monde, justifiant surtout la méchanceté, mène à des actions contre-productives politiquement. D’abord quand on ne cherche que des coupables, on est incapable de comprendre les problèmes réels, et donc la source des comportements que l’on estime réprouvables et coupables. Anne-Marie Delcambre, auteur de nombreux ouvrages sur l’islam et le droit islamique, titulaire de trois doctorats dans ces matières,  a mis un zéro pointé à Caroline Fourest en matière d’islam, affirmant qu’elle ne connaissait rien à ce sujet. Forcément, quand on passe son temps à chercher de « méchants islamistes », on ne cherche pas à étudier sérieusement l’islam. Le résultat est que l’on reste dans l’ignorance et que l’on fait des réalités une analyse fausse, et que l’on devient un agent de  désinformation.  Et d’attaques contre les vrais donneurs d’alerte, les vrais défenseurs des libertés.

Ensuite, par ces calomnies contre les uns ou les autres pour les faire apparaitre comme des petits Satan, on sabote des dialogues, des débats des plus importants, en désinformant sur les points de vue et préoccupations réelles des uns et des autres. Le terrorisme intellectuel exercé par des prétendus intellectuels comme elles, qui exigent sous la menace de suspicion de complaisance avec l’ennemi, de ne pas lire ses propos ou de n’en avoir que l’interprétation dénaturée, calomnieuse, des articles de la veine de Prochoix, empêche quantité de vrais débats qui pourraient avoir lieu, entre des personnes ayant des points de vue opposés certes, mais toutes de bonne foi et soucieuses de protéger autrui… Si l’on s’en tient à Prochoix , étudier la « théologie » islamique, serait déjà un indice d’absence de laicité sinon de désir de stigmatiser, et s’intéresser au « populicide » de la Vendée serait être proche « du pire »…

Visiblement, pour Fiammetta et Caroline, ces moyens pour démolir l’adversaire sont justifiés par la fin. Pour moi au contraire, le dialogue, l’écoute,l’effort de compréhension, de toutes et tous, sont très souvent sinon le plus souvent directement ou indirectement, une condition de préservation de vies humaines, et ces sabotages sont  des actes nuisibles, dangereux, et sans aucune justification.

L’essentiel des « compétences » de Fiametta Venner et de Caroline Fourest, au vu de leur bibliographie, est de savoir accumuler des données puis « charcuter » des textes pour présenter leurs auteurs comme coupables. Pour construire, pour trouver des projets, des solutions « gagnant-gagnants », il faut avoir des compétences  un peu plus difficiles à acquérir que celle de retourner n’importe quel mot contre son auteur ;  quand on n’a jamais eu envie de les acquérir, il ne reste plus qu’à devenir accusateur public…

Etant, parce que femmes, lesbiennes et de gauche, présentables comme l’incarnation même du camp des libertés et des «dominé-e-s », (le camp du « bien » en réalité même si le mot est banni pour cause de religiosité), elles sont les « accusateurs publics » idéaux de tout système voulant se présenter comme tolérant, libéral, libertaire… Or c’est bien au nom de ces valeurs que militent ceux qui défendent l’avancée de l’islam et de l’ultra-capitalisme : il faut refuser l’intolérance, être pour « le choix », refuser « les normes », etc. La bibliographie de Fiammetta comme de Caroline, et les interviews qu’elles donnent, montrent ce que je viens de résumer. J’en parle depuis quelques mois sur mes blogs et je n’ai pas la patience de développer plus les choses ici

Je rappellerai juste, pour compléter l’article de Paul le Poulpe un aspect de la participation de Caroline lors de la venue de Ayaan Hirsi Ali.  Quelques jours après le meeting organisé par Bernard-Henri Lévy pour Ayaan Hirsi Ali, où Caroline Fourest est à la tribune, elle publie dans « Le Monde » un article expliquant que Ayaan Hirsi Ali manque de nuance, et explique ceci par la dureté des épreuves qu’elle a subies… C’est dire en termes plus fins ce que Ségolène Royal a affirmé le lendemain du meeting, où elle aussi s’est affichée aux côtés d’Hirsi Ali : pour Royal, Hirsi Ali parle de façon inacceptable de l’islam parce qu’elle a été meurtrie, excisée. Autrement dit, des ex-musulmans comme Hirsi Ali, sont rendus incapables d’un jugement valable par les traumatismes dont ils sont victimes. Caroline ose dans le même article, parler sur le même ton condescendant et suffisant, de Soljénitsine, en prétendant qu’il n’a pas compris Marx … ce qui ne peut que faire rire quand on a lu Marx et ses propos sur les « droits de l’homme ».  

De l’art subtil d’injurier en faisant mine de flatter. De l’art de profiter d’une vraie héroïne, pour démolir son combat, et se valoriser de deux façons auprès de deux publics : le grand public qui retiendra l’image de Caroline et Ségolène Royal auprès d’Hirsi Ali, et le public plus intello, qui retiendra la critique du point de vue de Hirsi Ali par Caroline.

A part leurs idées punitives et leurs méthodes, je m’étais éloignée d’elle par désintérêt, devant leur esprit obtus, fermé, incapable d’approfondir les réflexions. Grosso modo pour elles, il y a «  ce qui choque grand-mère »  d’un côté et les fachos de l’autre, elles n’ont aucune vision structurée et fine, contrairement aux vantardises de Caroline, voilà pourquoi elles « sortent » régulièrement des « blagues », comme celle que j’avais relevée dans l’interview de Caroline après les Assises contre l’islamisation https://ripostelaique.com/La-blague-du-jour-de-Caroline.html.

La plus énorme de ces blagues récemment est l’affirmation faite par Caroline avec son aplomb habituel, que la Libye étant trop tribale,  pour « faire nation », il fallait en passer par l’islam…. http://www.youtube.com/watch?v=7dZ_7vVjwUc

Caroline Fourest : « Quand Kadhafi promettait de noyer dans le sang Benghazi, bien sûr que sur le sol, il y a des gens qui étaient intégristes, jihadistes même. Eh bien il fallait les défendre quand même, parce que nos principes d’universalisme nous font refuser la dictature.  En Libye, c’est un pays tribal, où l’islam est probablement la seule chose qui aujourd’hui peut faire une nation, et honnêtement, je crois qu’ils ne peuvent qu’en passer par là. »

Voilà donc Caroline devenue nationaliste au point de juger indispensable la loi religieuse pour défendre une nation, voilà Caro venue défendre l’intégrisme religieux qu’est l’islam par nationalisme, et certainement prête à m’attaquer en diffamation si je qualifie ce point de vue de ce dont on le qualifie généralement : « facho », mais Caroline n’est pas « facho », elle est confuse à la limite de la sottise.

Si j’étais catholique, je m’écrierais tout de suite : « T’as raison Caro, en France le vivre ensemble est menacé par l’éclatement communautariste, il faut donc d’urgence pour que la France redevienne Nation une et indivisible restaurer la Royauté catholique avec supervision du Vatican et par aide de la grâce divine. D’ailleurs catholique, cela signifie bien universaliste, c’est bien ce que tu prônes, n’est ce que pas Caroline ? » … Que de bêtise …

Caroline se présente comme « de gauche » tout en revendiquant la légalisation des mères porteuses et sans savoir quel parti prendre sur la prostitution, comme si la légalisation ou l’acceptation de ces exploitations des femmes pouvaient être des idées de gauche ! Ce sont en réalité des idées ultra-libérales.

Pour ma part le seul parti aujourd’hui qui me parait avoir des idées réellement féministes (sur les questions purement féministe) est le Parti communiste : abolitionniste et contre la légalisation des mères porteuses,  pour les droits des lesbiennes, l’égalité économique des femmes, le droit à la contraception et l’IVG.

De plus je suis en gros contre la pornographie, parce que « La pornographie est la théorie, le viol la pratique » ( cf trois livres récents d’une féministe – Gail Dines, « Pornland »- , d’une Sœur sexologue – Marie-Paule Ross « Je voudrais vous parler d’amour et de sexe »-  et d’un enseignant de gauche – Jean-Pierre Brighelli « La société pornographique »),  mais la pornographie est un marché juteux, qui trouve comme défenseurs les partisans du « libre choix », contre les « normes », les défenseurs du criminogène slogan « jouir sans entrave ».

Il n’est pas tellement étonnant, dès lors,  que cette drôle de féministe qu’est devenue Caroline ne s’offusque pas de travailler au « Monde », journal dont un des principaux propriétaire est Xavier Niel. Je laisse les lecteurs lire les biographes de Xavier Niel et voir la contradiction, sur laquelle il y aurait un autre article à écrire.

Ainsi, voilà pourquoi et comment  Fiammetta et Caroline sont aujourd’hui parmi les meilleurs instruments, en tant qu’agents de désinformation et accusateurs publics, des pouvoirs islamiques et ultra-libéraux, alors qu’elles veulent certainement sincèrement lutter contre !

Elisseievna

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