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Française depuis un an, la député africaine de Macron nous donne des leçons

En découvrant ces quelques secondes de vertige démocratique en mode Assemblée nationale, j’ai eu soudain une sorte de révélation. Cela faisait un moment que je cherchais ce qui me dérangeait dans les interventions plus ou moins décousues de nos parlementaires issus-de-la-diversité. J’ai donc ré-écouté, et regardé à nouveau. Pour finalement tomber sur l’évidence.

Pas vous ?

C’est simple. Nous avons là un de ces moments où les comptes accumulés depuis des décennies se règlent. Cette jeune femme a reçu, quelque part en Afrique, une mission : traverser les continents et les mers, percer le coffre-fort où dorment les mémoires obsolètes, répandre la came sur le sol et sortir en ayant dûment rendu inutilisable le moule haï destiné à la casse.

Tout, dans le ton comme dans la posture, dans le regard comme dans la lippe, n’est que complexe d’infériorité, par là mépris pour le pays dont elle vient de devenir une enfant. Veut-on une recette d’assassinat de cette mère-là ? Elle la donne, avec ces traits caractéristiques de l’ancien colonisé découvrant la faille dans la cuirasse de l’ancien maître. L’orgueil transpire de chaque mot qu’elle prononce, le désir de revanche dégouline de phrase en phrase, la détestation de sa nouvelle patrie et sa relégation au rang de marâtre à punir sourdent de ce qu’elle se garde bien de dire, mais qui se lit sur son visage courroucé exactement comme on le perçoit à l’écoute d’un discours de Marwan Muhammad, de Tarek Oubrou ou de Tarik Ramadan.

Elle appuie intelligemment où cela fait mal. Et c’est vrai, En ne traitant pas très bien ses anciens dans les affres de la vieillesse, la France donne à la mécanique glacée, sans le moindre affect, nommée Jacques Attali, quitus pour sa théorie de l’euthanasie à soixante cinq ans. Notre pourfendeuse-de-monde-blanc a été correctement « briefée ». Derrière son masque rituel de colère, de bile amère et de frustration, on la sent satisfaite à l’intérieur, sûre d’avoir abattu un bon atout dans une enceinte certes dévalorisée, mais que l’on respecte encore un peu. Elle a joué sur l’invraisemblable facilité de la France à se battre la coulpe pour ses actions passées, présentes et à venir. Et on l’a applaudie pour cela.

Bonne petite, et bonne recrue pour le concert disparate, inutile et vain des « marcheurs ».

Juste une question à cette péronnelle pressée de me ranger dans le tiroir des rêveurs d’Occident heureux : comment caractérisez-vous, charmant et impitoyable bourreau, l’élan qui pousse l’essentiel de la jeunesse africaine à vouloir fuir son continent d’origine pour goûter les rigueurs de la vieillesse en France ? Et quand je parle de cette jeunesse-là, je m’adresse également à vous dont l’intelligence et les capacités seraient pourtant bien utiles là-bas, à vous qui donnez à vos pareils, en même temps que le signal de la migration, l’exemple même de l’abandon de poste, de la trahison de sa patrie et de la fuite à corps perdu ?

Jean Sobieski