France Inter : Démasquer Bidar l’enfumeur (2e partie)

Publié le 14 juillet 2014 - par - 1 331 vues
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bidarCyrano bonjour,

Avec un peu de retard, voici le deuxième discours de notre cher Abdennour national : philosophe audacieux et mystificateur…

J’ai souligné en gras les points qui me semblent osés venant de sa part : c’est-à-dire de la part de quelqu’un dont la famille a fraîchement débarqué chez nous à l’échelle de l’Histoire, et qui s’autorise de nous donner des leçons de comportement et d’adaptation… Il remet certes en cause la radicalité de l’islam, mais c’est toujours le même principe : je suis arrivé ici avec mon virus, et comme je suis citoyen français : alors c’est aux autochtones de se faire à lui… De plus : la société française était de toute façon en décrépitude, alors vous pouvez faire profil bas…, car mon virus finalement n’est pas mal tombé…

Sincères salutations, 

Elie Prodhomme

Deux identités en souffrance : dimanche 29 juin 2014

« La France interpelle l’islam. L’islam interpelle la France »

http://www.franceinter.fr/emission-france-islam-questions-croisees-deux-identites-en-souffrance

(Voix africaine) Moi, si j’ai un message à passer aux policiers…, eh bien voilà : qu’ils nous respectent comme toutes femmes… On a peut-être un voile, mais on est comme toutes les autres femmes…, juste qu’on se couvre… Les femmes qui sont contrôlées : – elles n’ont pas le choix. Tout ce qu’elles ont à faire, c’est à coopérer… Et je comprends que la loi, elle est passée…, la France peut-être, ça fait peur aux gens… Même si on a notre voile, on est français, on est né en France, on n’est pas des monstres, et tout ce qu’on demande c’est qu’on nous laisse tranquille, quoi !… (Musique)

Deux identités en souffrance : « France Islam : Questions croisées », Abdennour Bidar : Bonjour à tous…
Il y a aujourd’hui en France une crispation de l’identité française qui explique en partie le rejet de l’islam –et il faut le dire sans craindre d’être taxé d’islamophobie–. Il y a aussi du côté de l’islam, une crispation de l’identité qui complique sérieusement le problème. La France et l’islam ont hélas aujourd’hui en commun un problème d’identité. Le vieux démon de la nostalgie d’une identité d’autrefois. Du côté de l’islam, cela s’exprime par le retour que l’on observe beaucoup ces derniers temps, à des pratiques traditionalistes, parfois même radicales qui ne tiennent pas compte du contexte social et culturel français, et qui ne sont pas toujours respectueuses de la laïcité : c’est-à-dire du choix historique fait par notre pays de séparer les églises de l’État. Ce qui veut dire tout simplement qu’aucune loi religieuse ne peut être opposée à la loi de la république dans nos différents espaces sociaux. Or, il y a aujourd’hui du côté de l’islam –mais aussi d’autres religions bien entendu– des courants radicaux qui voudraient faire valoir leur loi religieuse de façon publique, et voir cette loi reconnue par l’État comme un droit. Notre laïcité est contestée, et alors parfois, elle se crispe sur elle-même, certains prétendant que cette laïcité signifie l’invisibilité totale du religieux ; son expulsion hors de la société ; sa relégation complète dans l’espace privé de la maison, ou dans l’espace des lieux de culte. Pourtant la laïcité vise simplement à ce que la religion n’envahisse pas l’espace public et n’empêche pas les uns et les autres de vivre en bonne intelligence. La religion peut donc parfaitement s’exprimer publiquement, mais la laïcité lui fixe des règles au service de l’ordre public et de la cohésion sociale… (Musique)

Face à cet équilibre laïc, qui à la fois permet aux religions de s’exprimer tout en empêchant leur débordement vers la radicalité, notre société est confrontée à des groupes religieux qui sont une minorité dans chaque confession, mais qui se sentent désormais assez forts pour porter leurs revendications de manière intransigeante, et parfois même agressive, comme si les commandements de cette religion étaient quelque chose de non négociable, d’absolu, d’intangible, sans adaptation possible. Ce refus de s’adapter, cette incapacité à se renouveler, ne sont que le fait d’une minorité. On l’a dit : les anthropologues des religions nous disent d’ailleurs de leur côté que, dans toutes celles-ci, il y a toujours à peu près 10% de radicaux. Mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est que cette minorité religieuse se donne continuellement en spectacle dans notre société, et c’est cette religion spectacle qui fait autant de dégâts, notamment pour l’image de l’islam qui dans l’esprit des gens finit par être totalement assimilée à ce spectacle justement du voile intégral notamment, qui pourtant n’est choisi que par une minorité musulmane. Voilà comment la régression traditionaliste d’une minorité qui emprisonne une fois de plus le corps des femmes –d’ailleurs il faut le souligner–, porte atteinte à l’image et au respect d’une communauté toute entière. Car il faut bien le dire –et on l’a souligné souvent avec raison–, l’ensemble des femmes et des hommes d’origine ou de confession musulmane qui font partie de notre société sont bien les premières victimes de cette radicalité d’une minorité qui s’enferme dans une impasse : l’impasse de vouloir imposer ici sans concession, un islam traditionaliste. Il y a donc du côté de l’islam aussi une condition pour que la réconciliation s’opère avec le reste de la société. Cette condition, c’est que –je le dis un peu d’une formule un peu abrupte– l’islam arrête de donner le bâton pour se faire battre. Autrement dit : qu’il lutte bien plus énergiquement contre sa propre radicalité ; qu’il combatte un peu plus efficacement et courageusement aussi ses vieux démons, qui sont d’ailleurs les vieux démons de toute religion : le traditionalisme, l’immobilisme, le fanatisme ou l’obscurantisme (Musique)

Il y a une responsabilité partagée entre la France et ses musulmans dans la tension qui s’est installée aujourd’hui sur la question de l’islam. Des deux côtés, on observe une crispation de l’identité : c’est-à-dire la tentation du repli, du refuge dans une identité fermée, dépassée, voire agressive, et puis aussi dans une communauté tout aussi fermée, excluante et intolérante. Ce qui pose donc problème de part et d’autre : c’est l’incapacité à accepter que l’identité soit en mouvement, l’incapacité à trouver ce que j’appellerai une dynamique positive entre la fidélité aux racines d’une part, et l’élan vers l’avenir d’autre part. Dans la société française et parmi les musulmans qui la composent, il y a aujourd’hui de plus en plus de conservateurs qui voudraient revenir au passé. D’un côté tous ceux qui voudraient une France sans immigrés, sans étrangers, sans islam, et de l’autre, tous ceux qui voudraient que l’islam existe ici en France comme au temps, ou comme là où, cette religion faisait, ou fait la loi, alors que nous sommes un pays laïc –je l’ai rappelé tout à l’heure–. Comment expliquer donc que tant de gens aujourd’hui de part et d’autre se tournent vers le passé comme vers une planche de salut. Eh bien, l’explication est simple du côté de la France, comme du côté de l’islam. Ici en Occident, nous vivons dans des sociétés profondément désenchantées, dans un présent qui n’a pas grand-chose, plus grand-chose à proposer, qui est en souffrance d’un grand projet collectif, d’un grand projet de civilisation. En France notamment, la promesse politique est en très mauvais état. Les grands idéaux du vingtième siècle, je pense au progrès social notamment, ne créent plus du tout la même foi en l’avenir, la même espérance collective. Et puis c’est la même chose, il faut bien le dire du côté de l’islam, on l’a encore vu récemment avec les suites extrêmement chaotiques des printemps arabes. Et on le voit ici d’ailleurs, dans la communauté musulmane avec les divergences énormes entre d’un côté : les traditionalistes, et de l’autre : tous ces gens d’origine et de culture musulmanes qui désapprouvent cette radicalité du traditionalisme. Là aussi, il y a énormément d’incertitude sur l’identité et sur l’avenir. Alors quoi de plus naturel, de plus mécanique que dans ce type de période, beaucoup de gens se réfugient dans ces vielles certitudes et dans l’idéalisation du passé. C’est sur ce fond d’écran général si vous voulez, qu’il faut interpréter me semble-t-il, le comportement de ces musulmans qui ici en France, reviennent vers leurs traditions, alors même que, ils n’en perçoivent plus ou moins clairement la limite. Leur repli identitaire ne se produit pas à n’importe quel moment de l’Histoire française, et pas non plus à n’importe quel moment de l’Histoire de l’islam, mais dans ce moment que nous traversons aujourd’hui de crise morale et culturelle profonde de grande famine idéologique. Si je voulais être lyrique à bon compte, je dirais que l’islam traditionaliste plante aujourd’hui sa tente au beau milieu du désert, du grand désert de sens de notre société française. Et c’est la même chose pour toutes les crispations identitaires de cette société. La nostalgie de la France d’avant est le symptôme d’un pays en proie à des incertitudes terribles, très douloureuses sur son identité, d’un pays dont les promesses d’égalité et de fraternité sont en panne, démenties chaque jour par le chômage de masse et les difficultés sociales qui frappent un grand nombre de nos concitoyens. D’un pays enfin, en manque d’une grande espérance collective et de confiance en lui-même, ce qui le fait céder chaque jour, on le voit, et on le déplore, un peu plus à la tentation du dénigrement de soi et de l’autocritique suicidaire. Pensez-vous : pensez-vous qu’autant de musulmans feraient retour vers les traditions religieuses, alors même qu’elles sont même de plus en plus inadaptées, si ils n’étaient pas eux-mêmes, ces musulmans, impliqués dans la crise de notre société française, dans la crise d’identité de notre société française, et si celle-ci était en meilleure santé culturelle et morale, et si celle-ci avait d’avantage confiance en elle-même et en ses valeurs ? Si nous étions donc tous portés, tous portés par un véritable projet de société, et au-delà même de la France en Occident, par un grand projet de civilisation, la fracture serait-elle aussi importante et aussi grave entre la société française et ses musulmans ?… (Musique)

C’est tout pour aujourd’hui : que la paix soit sur nous tous. À la semaine prochaine… (Musique) (9’12’’)

 

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