France macronienne : requiem pour un pays moribond

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Le décrochage de la France parmi les pays du monde est patent. D’année en année, notre pays sort de l’histoire :

  • En 2021, la France n’occupe plus que le 23e rang mondial en richesse par habitant.
  • Elle est passée en 5 ans du 5e au 7e rang mondial pour le PIB, derrière la Chine, les USA, l’Allemagne, le Japon, la Grande Bretagne et l’Inde.
  • Sa désindustrialisation est massive : 5,5 millions d’emplois salariés dans l’industrie en 1980 ; 3,2 millions en 2017 ; 3 millions en 2021
  • En 2021, la France a le plus important déficit commercial de l’Union européenne, soit 84,7 milliards d’euros
  • Au cours des 20 dernières années, les entreprises françaises ont investi deux fois plus à l’étranger que les entreprises étrangères ne l’ont fait en France. Année après année, la France est dépecée par les capitaux étrangers, ce que d’aucuns ont appelé « la vente à la découpe »
  • La surtaxation des entreprises françaises, principalement industrielles, les a amenées soit à disparaître (elles ne représentent plus que 10% du PIB, alors qu’elles dépassaient largement, comme en Allemagne actuellement, les 20% il y a encore 20 ans), soit à s’expatrier.
  • Pour survivre, une grande partie des entreprises du CAC 40 a été dans l’obligation de délocaliser, pendant que nombre de PME-PMI mettaient la clé sous la porte. Normal : les entreprises françaises ploient sous le fardeau de 150 milliards de taxes et impôts !
  • Depuis 1980 l’industrie française a perdu deux millions d’emplois. Depuis 1990, la France a chuté de la deuxième à la cinquième place des producteurs automobiles, passant de 3,35 millions de véhicules à 1,3 million en 2021.
  • Près d’un million d’entreprises ont été créées en 2021 mais il s’agit à 90 % de TPE dont le patron est l’unique employé : la fiscalité et des normes qui sévissent dans notre pays dissuadent les entrepreneurs tant soit peu ambitieux. La France est championne du monde du nombre d’impôts, taxes, contributions et cotisations. En 2020, on en dénombrait 483 au total : 214 impôts, 159 taxes et 110 cotisations. La France est le seul pays au monde où l’on paye des taxes sur les taxes…
  • Le déficit de la balance commerciale est de 84,7 milliards d’euros en 2021. Un maximum historique. La France s’enfonce dans une régression catastrophique, alors que l’Allemagne dépasse les 180 milliards d’excédent. Même l’Italie a une balance positive de 63 milliards.
  • Les impôts directs des ménages sont passés de 250 milliards en 2017 à 280 milliards en 2020. Ils ont augmenté plus vite que le revenu disponible.
  • En 20 ans, le nombre d’expatriés français a augmenté de 52% : deux millions de personnes nées en France sont installées à l’étranger selon les dernières statistiques de 2019 des Nations Unies.

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Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, la dette publique de la France avait grimpé de plus de 600 milliards, sous François Hollande de presque 400, mais sous Emmanuel Macron, la hausse sera d’environ 700 milliards d’euros à la fin de l’année 2022, atteignant 2.800 milliards d’euros.

La dette de l’Etat est détenue pour 48% par des étrangers, dont entre 200 à 300 milliards d’euros par les Chinois.

A cette dette publique, il convient d’ajouter la dette privée. En additionnant les deux dettes, publique et privée, on arrive au chiffre pharaonique de 272% du PIB, soit quelque 6.300 milliards d’euros. Auxquels il faut naturellement rajouter les engagements hors bilan : prestations sociales, pensions dues aux agents en poste ou en retraite jusqu’à leur décès. Total : 10.000 milliards d’euros

La relance mise en œuvre par le ministre de l’économie Bruno Le Maire s’est traduite par un déficit record en 2021 de 200 milliards : la croissance de 6 % en 2021 est essentiellement due à des dépenses publiques de fonctionnement, la part des investissements publics n’étant que de 0,4 % sur ces 6 %.

En matière de dépenses publiques, la France détient le record européen avec 60,7 % du PIB en 2021. L’État ne les a pas réduites, comme Emmanuel Macron l’avait promis lors de la campagne présidentielle de 2017… Le pouvoir macronien, bureaucratique en diable, a créé 170.000 postes dans la fonction publique (alors qu’il s’était engagé à en supprimer 120.000), portant le nombre de fonctionnaires à 5,8 millions. Si beaucoup de ces fonctionnaires sont indispensables au bon fonctionnement du pays, on peut se poser des questions pour nombre d’entre eux, une part importante des fonctionnaires territoriaux entre autres… Un fonctionnaire français travaille 30 % de moins qu’un fonctionnaire allemand (ce qui correspond à un équivalant temps plein de 1.680.000 postes). Avec un coût par fonctionnaire estimé à 3,5 millions d’euros par l’État français, ce sont 5.880 milliards sur 40 ans de carrière que nous pourrions économiser, soit 147 milliards par an. Malgré ce sureffectif, aussi bien chez les fonctionnaires de base que chez les hauts fonctionnaires, l’État fait appel à des sous-traitants privés comme McKinsey dont la facture dépasse le milliard par an.

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Depuis plusieurs années, le coût des intérêts de la dette était supportable, puisque les taux d’intérêt ont fortement diminué, jusqu’à devenir négatifs. Une situation ubuesque qui ne pouvait évidemment pas durer. La macronie a néanmoins fait le pari absurde que cette bulle surréaliste allait persister encore de nombreuses années, réussissant à convaincre les Français qu’avec des taux négatifs, la France allait gagner de l’argent… en s’endettant ! Oubliant juste qu’il leur faudra un jour rembourser le capital

Avec le retour de l’inflation, les taux recommencent à grimper, et pour une France surendettée, l’ardoise s’annonce particulièrement salée…

Une majorité d’économistes nous annonce une inflation pérenne qui pourrait dépasser les 5 % en zone euro. Avec notre endettement actuel, 1 % d’augmentation des taux coûtera dans 10 ans 29,5 milliards supplémentaires par an. Des taux à 5% amputeront notre budget de quelque 150 milliards. A terme, la France est donc menacée d’un défaut souverain avec à la clé une paupérisation massive de sa population, à l’exemple de la Grèce.

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La France est championne du monde des dépenses sociales qui représentent 32 % de la richesse nationale. Notre pays compte :

  • 1,7 actif pour un retraité (1,5 en 2030), ce qui signifie, à terme, la faillite de notre système de retraite fondé uniquement sur la répartition.
  • 13 % de chômeurs (contre 6,4% pour le reste de l’Europe) selon l’iFRAP qui intègre les chômeurs partiels de longue durée, ceux qui sont en formation, ceux qui sont en emplois aidés, tous ceux qui sont pour une raison ou pour une autre, non disponibles pour travailler dans les deux semaines. Depuis 5 ans, le nombre de personnes actives en France est en diminution. Un nombre important de chômeurs ont quitté les statistiques en basculant dans la formation qui a doublé de 2019 à 2020 passant de 517 000 à 984 000. Les chiffres pour 2022 s’annoncent encore en forte augmentation : selon la Dares, 1,6 million de contrats ont été signés ces trois dernières années. Le classement par catégorie A,B,C,D et E permet de minimiser la réalité des chiffres qui pourraient donc atteindre en réalité 13 %. La France est le pays qui indemnise le mieux et le plus longtemps un chômeur, et c’est certainement la principale cause de la persistance du chômage.
  • Un taux de chômage important chez les seniors : seuls 35 % des 60-64 ans travaillent en France contre plus de 40 % en Europe.
  • Un taux d’absentéisme parmi les plus élevés de l’OCDE : 25 jours par an en moyenne dans le secteur public et 18,7 dans le privé.
  • Un nombre de jours de grève record, entre 3 et 4 millions d’heures par an, essentiellement dans le public.
  • 7,1% de travailleurs pauvres (contre 3,7% en Allemagne).
  • Un jeune sur vingt illettré et 100 000 jeunes sans diplôme ni formation. Selon le classement PISA, le niveau scolaire français s’effondre année après année. En 2020, notre pays n’est plus qu’à 26ème place des pays de l’OCDE. Le système des grandes écoles restant quant à lui efficace, la France forme à grands frais une élite qui part travailler dans des pays étrangers où le salaire net est beaucoup plus attractif.
  • Quatre fois plus de logements sociaux en France qu’en Allemagne, favorisant ghettoïsation et paupérisation.
  • 3.000 sans domicile fixe et 27.000 sans-abris.

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Les chiffres de l’insécurité donnent aussi le tournis. Notre pays compte ainsi  :

  • 54.800 violences sexuelles en 2021 (+33% en un an !).
  • 1026 homicides (1,28 pour 100 000 habitants contre 0,71 en Allemagne).
  • 3,8 millions de crimes et délits : 723 pour 100 000 habitants par an contre 386 en Italie ou 271 en Allemagne.
  • 130 agressions au couteau par jour.
  • 800 agressions par jour.
  • Un cambriolage toutes les 20 secondes.

La surpopulation carcérale est de 115 % avec près de 70.000 détenus (dont 25% d’étrangers essentiellement noirs et maghrébins). Il n’y a eu, entre 2017 et 2022 que 370 nouvelles places effectives contre les 7.000 promises par le candidat Macron, si bien que de nombreux condamnés sont immédiatement libérés : alors qu’un viol est puni de 15 ans de réclusion, une femme violée croise souvent son violeur, hilare et libre, dans la rue, quelques mois après le crime…

Sur 122.839 obligations de quitter le territoire, seuls 18 909 retours à la frontière ont été effectués en 2019…

Une part non négligeable des milliers de mineurs non accompagnés sont responsables de l’insécurité dans les centres urbains

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Notre savoir-faire dans le domaine nucléaire était indiscutable. Macron a exercé le plus clair de son mandat à passer sous les fourches caudines des écolos, antinucléaire rabiques, mettant en péril notre indépendance énergétique. A quelques mois de la présidentielle, le président sortant semble être revenu sur cette politique suicidaire. Sans doute un peu tard. EDF doit en plus se soumettre aux exigences ultralibérales de la commission de Bruxelles, lesquelles ne peuvent, à terme, que sonner le glas de ce fleuron de l’industrie française :

Prix de l’électricité : l’UE coûte 16 milliards d’euros aux contribuables français !

Couplée à la décision d’Emmanuel Macron, alors ministre des Finances, de brader Alstom à General Electric, on peut sans outrance parler de forfaiture de la part du chef de l’Etat. Lorsqu’il aura quitté la fonction qui le protège constitutionnellement des tribunaux, il faut espérer qu’il paiera – et cher – ce qu’il faut bien appeler un « crime économique majeur ».

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Un dernier point (il faut bien conclure…) : notre armée ne possède que trois jours de munitions pour faire face à un éventuel agresseur. D’aucuns ont parlé de paupérisation de l’armée française.

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Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni 

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10 Commentaires

  1. Quand l’Empire romain fut traversé de plus en plus souvent et de plus en plus profondément par les Barbares, tout au long des 3ème et 4ème siècles, jamais on ne vit les Romains de souche se lever pour le défendre.

    Si la france connaît depuis 40 ans la descente aux enfers dont notre ami Henri DUbost dresse l’état à ce jour (ce n’est pas fini…), c’est que le peuple français n’est plus, comme je l’ai écrit plusieurs fois, qu’un peuple « éteint et sans ressort ».

    Ce n’est donc pas de « pays moribond » qu’il faudrait parler, mais plutôt de « peuple français d’ores-et-déjà sorti de l’Histoire ». Une Histoire qui montre que c’est sans remède…

    • La France a « piqué » du nez grâce (ou à cause) notamment au socialisme de l’entre deux guerre, la mainmise des communistes aux manettes du gouvernement après la libération et surtout avec l’arrivée au pouvoir de Mitterant et au socialisme triomphant. Entre temps s’est infiltré le « 68tardisme » (j’invente, c’est spontanné) et le noyautage, lentement mais sûrement dans les grandes administrations, la justice mais et surtout, l’enseignement, clé de voûte de l’avenir d’un pays. Toute notre ex jeunesse révoltée, les 50 ans et plus ainsi qu’une grande majorité de jeunes sont et restent formatés, émasculés, conditionnés par cette gangrène qui leur a pourri l’esprit. C’est assez affligeant de discuter avec ces citoyens qui ne pensent plus que par la tête des autres, les plus nocifs bien evidemment.

  2. Il faut quand même rester positifs :
    Assa trouarat donne des cours d’antiracisme dans les écoles,
    On pratique l’écriture inclusive,
    On enseigne aux enfants la théorie du genre, on les sensibilise au LGBTQAZE,
    A sce-po-lpot on apprend le wokisme (les futurs lauréats feront d’aussi bon ministres que le maire),

    Bref, on ne va pas produire les futurs google mais plutôt les futurs gogols.. on en a déjà comme hidalmongolito notre drame et sémongolito l’ex reine des neiges.

  3. ouais, jésus ne dit il pas que seuls les pauvres iront au ciel ?
    macron auxiliaire de st pierre ! j’aurais tout bon?

  4. le Peuple est 100% responsable de la connerie de ses dirigeants et l’Allemagne commence à flipper si elle doit se passer du gaz Poutinien ; pour le pdg de la firme internationale allemande basf se il s’ensuivrait une cata à la holodomor pour toute l’europe dès 2023.

  5. Et encore Macron a déclaré récemment « un deuxième mandat me permettra d’aller plus loin dans la transformation de la France… ». Nul doute qu’avec Macron, notre pays va se retrouver en vente sur « le bon coin ».

    • Je répète une fois encore,le quinquennat ne nous est pas adapté.Les élections présidentielles sont devenues au fil du temps des élections vulgaires et obscènes.

  6. Et encore un de mes commentaires passé à la trappe. Non la censure n’existe en France, même pas à RL !!

  7. Pendant 42 ans, j’ai travaillé dans une banque (impossible de quitter, 3 enfants, maison à rembourser, fidélité, tout misé sur leur gueule bref…otage) mais jamais vous n’imaginerez la pourriture, la compétition, la lâcheté, les coups de couteaux dans le dos, tout ce que peut accoucher de plus vil une société qui ne comprend que l’appât du fric. Même des gens biens ont fini par devenir comme eux après des promotions. Les femmes qui se couchent pour une prime…L’argent corrompt tout…. Certains qui connaissent ce marigot me comprendront

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