François Durpaire a une solution géniale pour sauver les élites de gauche : renier la laïcité et flatter le communautarisme

Publié le 27 décembre 2010 - par - 705 vues
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Les Français ont découvert François Durpaire lors de l’élection puis de l’investiture de Barack Obama comme président des Etats-Unis. Ce chantre de l’idolâtrie sans conditions de la nouvelle icône mondiale « post-raciale » (sic !) était aux anges sur tous les plateaux de télévisions français ou francophones. François Durpaire est « historien des identités » à l’université Paris I, et également membre du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage.

Car il y a des identités qui sont plus chères à ses yeux que d’autres. François Durpaire a défendu l’« identité » des descendants d’esclaves ou des peuples du tiers-monde lors de ses prestations d’obamania des plus enthousiastes, mais dans les mêmes prestations télévisées, il n’a cessé de condamner les débats français sur « l’identité nationale ». Comme si Barack Obama n’avait pas défendu avant tout une identité américaine des plus patriotiques lors de sa campagne électorale !

François Durpaire s’est fait beaucoup plus discret quand le vent a tourné pour le président métis américain, devant la montée des « Tea Party » et la constatation que l’électorat « blanc » des Etats-Unis rejette désormais massivement Barack Obama et son administration alors que l’électorat « non-blanc » reste fidèle à son idole. Excusez ces expressions racialistes « blancs » et « non-blancs », mais c’est ainsi que parle la presse américaine.

« Blancs » et « non-blancs », ces mots sont interdits de séjour dans le politiquement correct français, alors François Durpaire va utiliser un vocable de la novlangue officielle, les « minorités visibles », dans le titre de sa dernière tribune dans Le Monde du 23 décembre 2010 : « La gauche française a tort de se couper des minorités visibles » (1).

Qu’est-ce qu’une « minorité visible » ? C’est tout simplement une minorité qui se voit à l’œil nu. Logique, non ? Et comment la voit-on ? Soit à la couleur de peau, soit à l’accoutrement, soit à l’affichage de signes ostensibles dans l’espace public. Les « minorités visibles », en clair, ce sont « les noirs et les arabes », et accessoirement les voilées et les barbus. Mais on n’a pas le droit d’utiliser ces mots sous peine d’être traînés devant la 17ème chambre correctionnelle de Paris par la bien-pensance « antiraciste » pour discrimination raciale ou « racisme anti-musulman », nouveau mot-valise inventé par le Mrap et SOS-Racisme et repris par Caroline Fourest pour éviter d’utiliser la très ambiguë « islamophobie » qui lui est synonyme.

François Durpaire connaît toutes ces nouvelles expressions de la novlangue bien-pensante, et en use et en abuse dans son article du Monde. Il nous dit par exemple que « nous assistons, depuis trente ans, à une révolution multiculturelle qui fait suite au brassage de populations lié aux migrations postcoloniales ». Quelle densité de mots déguisés ! Le « multiculturel », c’est le relativisme qui permet de dire que tout se vaut sur notre territoire, Mahomet comme Voltaire, et la charia comme la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen. Le « brassage » permet de présenter positivement une immigration incontrôlée destructrice de l’identité du migrant comme celle du pays d’accueil, et les « migrations postcoloniales » cachent le fait curieux que ceux qui critiquèrent tant le colonialisme français (et souvent à raison) se précipitent en masse pour rejoindre le paradis occidental de ceux qu’ils traitent de tous les noms d’oiseaux à cause des exactions réelles ou supposées d’une minorité de « colons » ancestraux.

François Durpaire explique que la gauche française se montre « impuissante à penser ce qu’il est courant de désigner sous le terme de « diversité » ». Non, ce n’est pas « courant », ce mot de « diversité », c’est une autre invention tout à fait récente de la caste médiatico-politique pour désigner, là encore, les « minorités visibles » et le « multiculturel » qui en découle.

Mais revenons à la thèse que défend François Durpaire dans son article. En gros – je vous passe tout le discours victimaire usé jusqu’à la corde –, la gauche française doit faire face aux Français de souche, car « dans des sociétés vieillissantes, où les plus de 60 ans sont de plus en plus nombreux, la droite et ses thèmes de prédilection – l’ordre, la stabilité identitaire – sont en mesure de séduire un nombre croissant de votants. »

Car l’identité française est condamnable en soi, alors que celles des « minorités visibles » est respectable. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est vénéré pour les anciens colonisés, mais pas pour ces Français et ces Européens « blancs » qui ne supportent pas le « brassage » avec ces « cultures » étrangères, africaines ou musulmanes, dont pourtant ni François Durpaire ni personne n’a jamais démontré en quoi elles étaient un apport positif pour nos compatriotes.

Cette France identitaire, celle qui plébiscite des films comme « Amélie Poulain », « Les choristes » ou « Bienvenue chez les Ch’tis » est détestable aux yeux de François Durpaire comme à ceux de tous les sociologues de service, les Wieviorka, les Wolton, les Fourest, les Aubry, et toute cette gauche au service du mondialisme destructeur des peuples. Michel Wievierka (« conseiller scientifique » au Cran !) voit dans le film de Dany Boon le « déclin français » (2), Dominique Wolton devine dans les jeunes de banlieue (même clandestins) et le nomadisme mondialisé promis par Strauss-Kahn et Attali un avenir radieux et même des « futurs prix Nobel » (3), Caroline Fourest ne fait aucune différence entre un minaret et un clocher (4), et Martine Aubry est ravie de vivre dans une ville pleine de barbus et de voilées (5), et en remercie son « ami » Amar Lasfar (représentant local de l’UOIF filiale des Frères musulmans égyptiens) devant une assemblée de voilées et de barbus (6).

Bref, une certaine gauche française a depuis longtemps appliqué les préconisations de François Durpaire dans sa tribune du Monde. Mais voilà, il y a un nouveau danger qui se profile à l’horizon : suite aux déclarations de Marine Le Pen sur l’occupation illégale de rues de France par des musulmans égrenant leurs « Allah Akbar », suite à des déclarations de leaders du Parti Socialiste qui disent qu’il faudrait peut-être revenir à des valeurs républicaines de laïcité et d’assimilations, il y a péril dans la demeure pour les mondialistes « de gauche » et leurs commanditaires de Bruxelles et de Wall Street.

Alors François Durpaire nous explique que pour sauver son pactole électoral, la gauche doit obligatoirement revenir à son fond de commerce dévoyé, surtout face à ces Français « de souche » qui sont encore majoritaires dans leur propre pays : « Si la gauche ne fait pas le plein des voix chez les moins de 30 ans – en assumant le thème de la pluralité identitaire -, elle échouera face à la réalité démographique. Quel que soit son candidat, elle ne pourra pas l’emporter en 2012 en recueillant 80 % des voix chez les moins de 30 ans, mais avec une part minime du corps électoral. »

Pour François Durpaire, c’est une question de survie de la gauche : « Electoralement, la gauche sera multiculturelle ou ne sera pas. » Mais cela demande à la gauche de renier un certain nombre de ses idéaux, et là encore, la novlangue vient au secours pour masquer ces trahisons : « Pour rajeunir et densifier cet électorat, la gauche doit offrir un contenu politique renouvelé : une laïcité ouverte qui n’apparaisse plus comme hostile à l’identité musulmane, l’engagement d’une action positive contre-discriminatoire, l’abandon d’un champ lexical emprunté aux éléments les plus réactionnaires de notre société (« défaut d’intégration », « communautarisme »). »

Appliquons notre décodeur à cette marmelade verbale.

« Laïcité ouverte qui n’apparaisse plus comme hostile à l’identité musulmane» :

Nicolas Sarkozy veut lui aussi « ouvrir » la laïcité, et on sait ce que cela veut dire. Une « laïcité ouverte », c’est une laïcité qui ouvre la porte à des atteintes à elle-même : financement public illégal de lieux de cultes (et les élus socialistes sont champions dans ce domaine), « accommodements déraisonnables » avec les revendications islamiques dans les entreprises et les administrations, et béatification de la religion cruelle de Mahomet par un déni de ses dogmes et de ses textes fondateurs. Car François Durpaire ne cite curieusement que « l’identité musulmane », et aucune autre, comme domaine d’« ouverture » de notre laïcité.

« Action positive contre-discriminatoire » :

C’est la traduction littérale de la « positive action » américaine, à savoir la « discrimination positive », en totale contradiction avec notre Constitution et nos lois égalitaires. On notera donc la fumisterie totale de François Durpaire qui présente dans sa novlangue anglo-saxonne une discrimination comme « contre-discriminatoire », et alors même que ses amis américains reviennent sur ce concept dévoyé à cause des dégâts qu’il a causés aux Etats-Unis.

« L’abandon d’un champ lexical emprunté aux éléments les plus réactionnaires de notre société (« défaut d’intégration », « communautarisme ») » :

François Durpaire se pose en censeur de mots interdits, sous l’euphémisme « champ lexical » : pour lui, la gauche ne doit plus parler des problèmes d’intégration, donc doit les nier même s’ils crèvent les yeux. Elle doit également ignorer totalement le « communautarisme » qu’elle tente parfois de combattre (du moins dans les mots). Toutes ces choses sont « réactionnaires », passéistes, et doivent être jetées dans les flammes de la Géhenne de la nouvelle religion mondialiste et cosmopolite au service des banquiers, du CAC40 et de la nomenklatura du Fouquet’s et du Siècle.

Bref, pour François Durpaire, la gauche doit renier ses valeurs de laïcité, d’égalité, d’assimilation et de combat contre l’obscurantisme, et flatter par le plus abject des clientélismes politiques l’électorat communautariste pour espérer survivre. Survivre pour quoi, puisqu’elle renie ses fondements et donc n’aurait plus de raison d’être si l’on suit François Durpaire ? C’est dans ce paradoxe qu’apparaît la réalité que veut cacher François Durpaire : cette « survie » n’est nullement celle du peuple de gauche, mais celle de ses élites, qui spolient les Français en protégeant les privilèges de ses élus et de ses prêtres, qu’on a vu défiler au Café de Flore où BHL fêtait l’anniversaire de sa Règle du jeu. Sous l’expression « Touche pas à mon pote », c’est « Touche pas à mon pognon », « Touche pas à mon maroquin », « Touche pas à mes prébendes », « Touche pas à mes mécènes ».

Les réactions des internautes abonnés du Monde montrent très majoritairement qu’ils désapprouvent les conseils de François Durpaire. Ils ont raison. Reste à savoir s’ils seront écoutés par les leaders du Parti Socialiste. J’en doute fort, car depuis Martine Aubry et ses piscines municipales pour hijjabées à Lille jusqu’à l’idéologie mondialiste et antisociale de Dominique Strauss-Kahn en passant par les salamateks aux voilées et barbus par Ségolène Royal et les diatribes de Laurent Joffrin et de Libération qui crachent du haut de leur prétention sur les Français d’en bas (7), le Parti Socialiste pourrit par la tête, surtout quand cette tête est recouverte du hijjab de la censure et de l’inquisition sémantique et politicienne.

Un responsable du Front National m’a confié qu’un tiers des adhésions que son parti a reçu récemment dans son département provient de sympathisants ou d’adhérents du Parti Socialiste. On pourrait presque se demander si François Durpaire n’est pas un sous-marin de Marine Le Pen, ou alors de Nicolas Sarkozy pour réitérer le coup du 21 avril 2002 ! Je ne le pense pas. Tous ces nouveaux curés du nouveau catéchisme « de gauche » ne défendent qu’une chose : leur propre survie politique ou médiatique, c’est-à-dire leur gamelle, même au prix de la labelliser « halal ».

François Durpaire lui-même trahit cet objectif alimentaire en disant : « Electoralement, la gauche sera multiculturelle ou ne sera pas. » Son souci est donc uniquement « électoral », et non au service des citoyens français ou d’un idéal humaniste quelconque. Quel aveu !

Roger Heurtebise

(1) [http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/22/la-gauche-francaise-a-tort-de-se-couper-des-minorites-visibles_1456658_3232.html->http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/22/la-gauche-francaise-a-tort-de-se-couper-des-minorites-visibles_1456658_3232.html

(2) http://www.dailymotion.com/video/x4m4qy_wieviorka-cauchemar-gauchiste_news

(3) [http://www.youtube.com/watch?v=n6i_ycmUyE8->http://www.youtube.com/watch?v=n6i_ycmUyE8]

(4) [http://www.youtube.com/watch?v=jcaMV3riIPQ->http://www.youtube.com/watch?v=jcaMV3riIPQ]

(5) [http://www.dailymotion.com/video/xc0cw_martine-aubry-sur-l-immigration_news->http://www.dailymotion.com/video/xc0cw_martine-aubry-sur-l-immigration_news]

(6) [http://www.dailymotion.com/video/xdt75m_ps-martine-aubry-militante-musulman_news->http://www.dailymotion.com/video/xdt75m_ps-martine-aubry-militante-musulman_news]

(7) [http://www.liberation.fr/politiques/01012309206-a-reims-clovis-et-marine-le-pen-a-l-apero->http://www.liberation.fr/politiques/01012309206-a-reims-clovis-et-marine-le-pen-a-l-apero]

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