François Hollande inquiet de la montée du FN, mais pas de celle de l’islam

Publié le 15 juillet 2013 - par - 3 588 vues
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A la fin de son interview du 14 juillet sur TF1 et France 2, le Président de la République répond à deux questions successives, l’une sur « la poussée du Front national » et l’autre sur la création hypothétique d’un « parti islamiste, fondamentaliste » et sur la compatibilité entre « islam et démocratie ». Les réponses de François Hollande sont sans ambiguïté : le danger vient du FN, pas de l’islam. Jugez vous-même…

http://www.elysee.fr/videos/entretien-televise-du-president-de-la-republique-pour-tf1-et-france-2/

interview-hollande

Claire Chazal : « Avec une poussée du Front national, est-ce qu’elle vous inquiète ? »

François Hollande : « Bien sûr que ça m’inquiète. Quand j’entendais sa responsable dire qu’elle veut faire de son parti le centre de gravité, c’est d’une extrême gravité, c’est d’une extrême gravité, c’est d’une extrême gravité. Quand ce sont des propositions qui fermeraient la France, enfermeraient la France, qui feraient qu’on sortirait de l’euro, qu’on n’aurait plus aucune règle ensemble, c’est d’une extrême gravité. Quand on laisse penser qu’on pourrait faire du protectionnisme, ne plus commercer avec les autres quand on exporte le tiers de notre production, mais oui, c’est d’une extrême gravité. Quand on dit qu’on va chasser ceux qui sont pas comme nous, ceux qui sont pas français ou même peut-être certains Français, mais bien sûr, c’est d’une extrême gravité. Et quand il y a une crise, partout en Europe je la vois, c’est pour ça que je veux changer l’orientation de l’Europe, parce que des populistes, il y en a de toutes espèces, de tous poils. Mais enfin, ils se ressemblent parce qu’ils ont les mêmes solutions. On s’en prend à l’étranger, on s’en prend à l’autre et on s’en prend à l’Europe. Oui, c’est ça qui doit aussi nous mobiliser. C’est pour ça qu’il faut réussir. Parce que les Français qui votent pour l’extrême droite, ils veulent sans doute que leur pays réussisse. Hé bien je dois leur donner ces garanties. »

Laurent Delahousse : « Lors de votre visite en Tunisie, vous avez prononcé une phrase très importante : la France sait que l’islam et la démocratie sont compatibles. C’est un discours qui s’adressait bien naturellement à la Tunisie, au parti Ennahdha. Je voulais vous poser une question. En France, il y a environ cinq à six millions de musulmans. Un tiers se déclare croyant. Si un jour, un parti islamiste, fondamentaliste se crée en France, quelle serait votre réaction ? »

François Hollande : « D’abord, je reviens à la phrase que j’ai prononcée. C’est une phrase importante. Parce que si l’on considérait que l’islam, la religion musulmane, ne pouvait pas avoir sa place dans la démocratie, ça voudrait dire que ce seraient des pays qui ont ces régimes qui devraient être écartés ? Moi je pense qu’aucune religion n’est contradictoire avec la démocratie, que la démocratie, c’est le bien commun qui n’empêche en aucune façon le fait religieux. En France, nous l’avons fondée autour de ce principe de laïcité, cette conciliation de la démocratie, de la République et de la liberté religieuse. Et c’est pourquoi d’ailleurs un parti politique ne peut pas se réclamer en France de la religion. Ca a existé, vous savez qu’il y a eu un parti qui s’appelait les démocrates chrétiens. Mais je pense que ça ne correspond pas à ce qui est le principe de la laïcité. »

Sans commentaires…

Djamila GERARD

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