François Jolivet dans l’Indre : Recalé par LR, récupéré par Macron

Publié le 8 juin 2017 - par - 2 commentaires - 546 vues
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Et un exemple de plus de ces nombreux opportunistes petits ou grands qui pour concrétiser facilement une ambition dévorante n’ont pas résisté à l’appel du nouveau régime instauré par Emmanuel Macron.

  • AMBITION ça rime souvent avec TRAHISON.

Dans un récent numéro, Valeurs Actuelles titre : « CETTE DROITE QUI TRAHIT Sans convictions, sans valeurs, sans idées… ces lâches qui se vendent à Macron.

« Macron » dira Michel Onfray, « un produit d’appel du grand capital vendu avec ses méthodes de marketing les plus performantes ».

  • AMBITION ça rime souvent avec REMUNERATION et avantages financiers.

L’actualité nous rappelle trop souvent un constat honteux, désastreux, de pratiques pernicieuses.

  • AMBITION ça rime souvent avec SEDUCTION.

La séduction est une ficelle souvent employée dans les rapports avec les citoyens électeurs auxquels on prodigue force sourires, poignées de mains, promesses… mais une fois l’ambition concrétisée la mémoire et le courage font souvent défaut.

Je ne dirai pas que François Jolivet cumule toutes les tares du politicien mais il en a déjà certains plis :

– A première vue, c’est un bel homme, aimable et policé aux dires de beaucoup, donc côté séduction il est parfait.

– A seconde vue, côté trahison envers sa propre famille LR il ne s’est guère gêné même s’il ne le reconnaît pas.

Petit résumé du feuilleton politique occasionné par les élections législatives 2017 dans la 1re circonscription l’Indre, celle où je vote, et que j’ai donc suivi avec intérêt dans les colonnes de la Nouvelle République concernant un macroniste de la dernière heure qui risque d’être élu grâce au raz-de-marée de députés prévus à la solde d’Emmanuel Macron. Intérêt souvent désabusé devant le côté grand-guignolesque du spectacle de mauvaise comédie qu’offre la politique hélas en général et qui semble se pérenniser :

Premier COUP DE THEATRE: En janvier dernier, on apprenait que François Jolivet n’avait pas obtenu l’investiture LR qu’il souhaitait pour les législatives et que celle-ci était attribuée à Paulette Picard. Qu’à cela ne tienne, rompant à l’avance l’harmonie du groupe, c’est en candidat libre qu’il se présentera : « L’investiture est une affaire de parti, pas de candidat ». Bien sûr les remous n’ont pas manqué côté LR indrien et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’est pas investi d’une bonne cote de popularité chez la plupart de ceux qui étaient jusqu’alors ses commensaux.

Paulette Picard candidate investie LR – qui connaît bien François Jolivet puisqu’elle a siégé avec lui au Conseil Régional du Centre de 2009 à 2015 – mentionne que ce dernier, membre de la Commission Europe n’y est jamais venu et lors des plénières sur 2 jours tous les 2 mois, il venait la matin, puis, à la reprise à 15 h il signait sa feuille de présence et s’en allait. Paulette Picard était par ailleurs au Conseil d’administration de l’aéroport de Châteauroux en même temps que lui : il n’y a jamais siégé et a même donné son pouvoir aux socialistes (sic!) lors du vote qui a élu Dominique Roullet PS alors qu’elle-même était candidate. Elle résume donc en ces termes le personnage: « Les gens ont besoin d’un candidat d’engagement, pas d’apparat ».

Nicolas Forissier président des républicains dans l’Indre dira à propos du candidat qui veut aller seul dans la bataille prochaine : « Ce choix crée la division… L’objectif est de gagner les législatives et François Jolivet peut apparaître comme un risque ».

En avril, François Jolivet présentait à la presse un programme de 64 pages comme candidat dissident LR, tout en affirmant son attachement à sa famille politique. Il assurait qu’il voterait François Fillon parce qu’il n’était pas un homme de gauche et qu’il ne briguerait pas l’investiture d’En Marche!. Il sera le premier à distribuer son tract électoral avec le slogan : FJ LIBRE POUR VOUS DEFENDRE. Programme habituel classique LR qui était hier celui de l’UMP et qui n’a jamais été mis en oeuvre ou si peu. Exemple au couplet : SE BATTRE POUR LA SECURITE DE TOUS :

– Rééquiper notre police et notre armée avec des moyens en adéquation avec les enjeux d’aujourd’hui

– Condamner et incarcérer tous ceux qui se sont placés au service d’une puissance  étrangère et qui ont combattu la France ou ses intérêts

– Expulser ou condamner celles et ceux qui prônent l’islamisme radical ainsi que leurs complices

– Mettre fin au droit du sol qui donne la nationalité en fonction du lieu de naissance

– Mettre fin à l’immigration économique et définir des règles européennes pour le droit d’asile

Deuxième COUP DE THEATRE : Désistement de la candidate investie En Marche sur la circonscription (candidate qui appartenait à la société civile comme en voulait tant Emmanuel Macron). Le lundi 15 mai, François Jolivet reçoit un appel de l’équipe de Bruno Le maire: « Est-ce que tu prends ? »… C’est oui immédiatement… délai de réflexion 0 seconde !

Motivations avancées par la suite du nouveau candidat marcheur infatigable à son ascension personnelle : « En rejoignant En Marche, j’ai simplement décidé  de privilégier l’INTERET GENERAL plutôt que des INTERETS PARTISANS. » Les grands mots habituels sont lâchés et ça continue: « J’ai toujours eu des convictions de droite mais je suis capable de les dépasser pour faire REUSSIR MON PAYS… Les partis extrémistes ont réuni 40% des suffrages. Cette menace sur notre NATION, je ne peux m’y résoudre ».

Lui qui se plaignait de ne jamais avoir été beaucoup aidé par les siens, va recevoir à nouveau des flèches de son ex-camp et même du nouveau.

Paulette Picard : « Les masques tombent alors qu’il a toujours été le candidat du flou et de l’ambiguïté… L’opportunisme personnel prime sur l’intérêt général. »

Jean-François Mayet (sénateur LR): « De la part de François Jolivet les allers-retours et les changements de cap sont plus une habitude qu’une trahison. »

Chantal Gerbaud (conseillère municipale de Châteauroux, soutien d’En Marche) : « Je ne ferai pas campagne pour François Jolivet, je n’ai pas du tout confiance en lui. »

Certains plus au centre, les assis entre deux chaises, le soutiennent quand même : Gérard Blondeau (conseiller départemental), Florence Petitpez (vice-présidente du département).

Exception dans ce positionnement du milieu sans convictions, ni oui, ni non, Marc Fleuret UDI. Il avait été contacté avant François Jolivet mais il a refusé : « Je suis avec les Républicains dans le cadre d’un partenariat avec l’UDI. » Respect pour ce politique qui n’a pas cédé à la facilité et n’a pas pris le train en marche en laissant sa conviction derrière lui comme François Jolivet l’a fait.

Ce dernier s’est donc vu tout naturellement obligé de changer son ex-feuille de route de droite en feuille de route de gauche, ce qu’il a fait sans peine, on n’en doute pas, pour ne pas gêner dans leur marche ses nouveaux compagnons, marcheurs de la première heure qui ne voulaient surtout pas de la suppression du droit du sol par exemple : « J’ai mouillé ma chemise pour Macron, et ça, ça ne me va pas ! » (dixit une marcheuse), « Je soutiens François Jolivet, mais ça me gêne vraiment. » ( dixit un adhérent du Modem). François Jolivet les rassurera bien vite pour assurer sa nouvelle position, sa promotion de choix : « 93% de mon projet est Macron-compatible. S’il y a des différences, elles seront gommées. » Et elles l’ont été, la suppression du droit du sol,plus d’actualité au menu ! « J’ai accepté l’investiture d’En Marche! J’adhère donc à son programme. »

En politique, comme cela paraît simple de retourner sa veste. Emmanuel Macron qui parlait de renouvellement de la classe politique semble avoir reculé en recyclant des disqualifiés de leur propre parti  LR et PS. En fournissant cette marque de rattrapage à des déçus, il compte assurément se fabriquer des éléments humains qui par reconnaissance pourront s’avérer serviables voire serviles.

Sur la photo officielle du candidat Jolivet qui apparaît sur les affiches et les tracts de la République en Marche, on y voit légèrement en avant le candidat et derrière très proche de même taille le président Macron, figure tutélaire qui semble vouloir dire: « C’est moi le chef… je suis derrière… et je tire les ficelles ! »

Je ne peux m’empêcher de repenser au dessin à la une d’un Charlie Hebdo qui avait pour légende « Macron, l’attrape-tout ! ».

Le tract de François Jolivet mentionne bien encore, mais à l’intérieur, son slogan initial : « Libre pour vous défendre », mais le contenu fait dans le minimum vital quant aux engagements premiers annoncés. Signe de soumission ?… Alors, système Macron piège à cons ?

Françoise Lerat

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Notifiez de
Anton

On connaît le coco Jolivet (bien sous tous rapports avec les gens, c’est vrai mais en dehors de ça, pas franc du collier) et on lui a bien dit son fait lors de son retour de veste. Et pour être copain comme cochon avec Lemaire (l’ex-sous ministre de l’Agriculture-comme Forissier en son temps- qui n’a jamais vu un cochon de sa vie ni un paysan endetté au bord du suicide), il faut le vouloir mais qui se ressemble dans la traîtrise s’assemble, n’est-il pas ?
Donc, les Indriens de la 1ère, pas une voix pour ce gugus.

jan le Connaissant