Frédéric Taddéi est un stratège avisé de la décomposition nationale

Publié le 25 juin 2012 - par - 2 133 vues
Share

Dans une récente entrevue avec Enquêtes et débats, Monsieur Frédéric Taddéi, grand-maître des cérémonies médiatiques pour insomniaques sur  France 3, a émis un avis catégorique sur les invités que son choix personnel amène à se lover dans les fauteuils de la chaîne publique.

Comme au cirque romain, Monsieur Taddéi lève ou abaisse son pouce en fonction de critères qu’ils nous annonce comme étant de nature purement intellectuelle. Moyennant quoi il privilégie très ouvertement la virtuosité bla-blatesque d’une Houria Bouteldja ou d’un Tarik Ramadan par rapport aux argumentations d’une Christine Tasin. Sur le strict plan de la présence physique sur son plateau de télévision, cela signifie, en un saisissant parallèle avec les partitions de musique, qu’une Bouteldja égale seize Tasin, et qu’une Tasin égale un septième de Ramadan.

Je préfère penser qu’une Tasin égale seize Bouteldja, l’exploit de Christine étant de pouvoir faire passer un message en une seule fois quand la partie adverse se voit invitée à répéter le sien ad nauseam tant sa structurelle confusion demande à être ressassée pour être vaguement comprise.

Ceci pour dire qu’en vérité Monsieur Taddéi a clairement choisi son camp, exactement comme les thuriféraires de la révolution cambodgienne nous bassinèrent les oreilles, des années durant, avant qu’une salutaire clarification soit apportée par ceux qui avaient  depuis longtemps fait la part des choses et senti le drame en cours.

Mais que l’on empêchait alors de parler.

Comme les tenants de l’ordre pol-potien dont certains tiennent encore le crachoir ici et là, Monsieur Taddéi, en déséquilibrant volontairement le débat sur l’Islam au profit de ses agents, répète à l’identique un discours que la simple sagesse mériterait de savoir remisé au tiroir des grandes malversations historiques. Comme les tribuns complices des années 70, il laisse, sous couvert d’un débat présenté comme équilibré, la parole du pire prendre le pas sur celle du juste. Ce faisant, il entre dans la grande famille des manipulateurs d’opinion.

Les gens, hélas, s’en foutent. Ils ressentent confusément des choses que l’hystérie ambiante emporte comme la crue balaie la rive du fleuve. Ils oublient et passent à autre chose. Les lumières éteintes, Monsieur Taddéi fait de son côté le bilan globalement positif de confrontations que le public, dans son immense naïveté, finit par considérer comme justement posées. C’est là le suc à la fois suave et infiniment pervers de la désinformation.

Monsieur Taddéi est insoupçonnable. « Moi, je laisse les gens s’exprimer », « moi j’accepte toutes les opinions », « moi je n’ai pas à prendre parti » et autres excuses sont le pain qu’il trempe soir après soir dans la soupe de la décomposition nationale. Le problème est qu’il aura auparavant soigneusement choisi ceux dont la glose, au bout du compte, finira par s’imposer dans la mémoire labile du public. Comme dans l’arène où saignent les gladiateurs, il remet en scène chaque soir, avec la fausse candeur de ceux qui savent, et ayant autant que possible écarté les éventuels gêneurs, le spectacle que les gens attendent et dont il tire les ficelles avec une habileté de grand professionnel.

Car Monsieur Taddéi ne peut pas ne pas savoir ce qui se passe en France, à proximité des salles de rédaction. Il ne peut ignorer la subversion de son pays par des forces internes et externes, souterraines et de surface, couvertes par l’omerta des lâchetés, des indifférences et des compromissions. Ou alors son absolue naïveté, reconnue par ses employeurs, fait-elle de lui le Monsieur Loyal d’un show qui le dépasse complètement. Comme croire à pareille billevesée?

En attendant que vienne la lumière des choses vraies dans son esprit de dandy mal mis de la cravate, les veilleurs de la République agonisante feront encore le pied-de-grue devant l’entrée de France 3. Longtemps, j’en ai peur. Les Ramadan, les Bouteldja et d’autres pour qui l’islamisation de la France passe par la culpabilisation massive des citoyens de ce pays, ont de belles soirées devant eux, sponsorisées par ceux-là mêmes qui devront un jour accepter l’Ordre nouveau en marche. En continuant d’autoriser les fossoyeurs de la République à tancer le peuple du haut de sa tribune, Monsieur Taddéi surfe, avec son élégance faussement détachée et son air de ne pas y toucher, sur la vague qui nous emporte, et lui avec nous, vers les rivages du désordre et de la soumission.

Alain Dubos

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.