Musulman modéré français, je suis fatigué par la haine des extrémistes

Publié le 18 juin 2015 - par - 4 666 vues

musulman-modereTshirtMon nom est Fares Karim. Je suis un musulman français, et pratique, à mes yeux, un islam juste. Je vis en France et je n’aime pas ce film qui se déroule devant mes yeux – un spectacle de groupes extrémistes musulmans, qui tentent de prendre la France pour ce qu’elle n’est pas, de la salir. Je l’éprouve de près, d’une communauté musulmane subordonnée aux organisations islamiques qui ne jurent que par les Frères musulmans en France (comme l’organisation UOIF), qui imposent un diktat à tous les aspects de la vie des musulmans en France.

Moi, Fares, et beaucoup d’autres comme moi, nous sommes fatigués. Fatigués des extrémistes musulmans qui prêchent la haine et la bataille à tout va, qui s’attachent à dissoudre la société dans laquelle nous vivons tous, détruisent l’avenir de nos enfants, qui donnent à beaucoup l’impression que nous n’appartenons plus à rien, que nous sommes vides de sens. Non, nous ne souhaitons pas appartenir à la confrérie musulmane qui représente un corps imposant et dominant en France. Pourtant, comment se sentir entièrement appartenir à la société française quand la plupart des Français ont peur de nous ?

La question est pourquoi beaucoup comme moi, qui ont en horreur cette violence et ce terrorisme moral, se montrent pourtant enclins à accepter d’être victimes d’extrémistes qui ne souhaitent pas la paix, mais qui contrôlent nos esprits, notre mode de vie, notre religion, la politique et ainsi de suite ?

L’islam “officiel”, qui prétend nous représenter, et qui est d’ailleurs reconnu en filigrane par la France par le biais de l’UOIF, n’est pas celui de mon enfance. Ce n’est pas l’islam du respect, de l’amour du prochain et de la famille que mes parents m’ont transmis. Non, cet islam qui nous impose son sigle, c’est un islam politique, individualiste, violent, dont le dessein n’est pas le bien-être de tous dans la nation, mais la conquête du pouvoir. Cet islam-là, même si l’UOIF a condamné les attentats de janvier à Charlie Hebdo, véhicule une haine et un retrait de la société. Janvier, depuis cette date fatidique pour la France, mais aussi pour les musulmans de France, nous a fait plonger dans une “paranoïa” peu descriptible. Dévisagés dans le métro, les musulmans nourrissent les pires fantasmes chez les Français, et le pire, c’est qu’on ne peut pas les blâmer, voyez un peu qui porte notre flambeau ! Djihadistes, salafistes, ou d’autres, voilés, moins visibles, plus intellectualisés…

Nous assistons aujourd’hui en France à la domination endoctrinée des Frères musulmans qui s’approprient, et envahissent l’hexagone sur lequel il ont jeté leur dévolu. Certes, il s’agit d’une tactique intelligente, calculée et camouflée. En apparence, tout est normal, parce que la nourriture halal est conforme aux normes, les lieux de culte sont conçus pour la prière, et les écoles avec ou sans contrat supervisées par le gouvernement dispensent des services éducatifs en conformité avec le système français, cours d’arabe et étude du Coran en sus.

Mais la vérité sous-jacente est radicalement différente, parce que le système de contrôle des aliments est sous la coupe de nombreux experts des Frères musulmans, et donc une grande partie de l’argent obtenu pour l’achat de la nourriture halal revient à l’organisation et sert à des causes bien moins “halal”. De surcroît, les lieux de culte, dont beaucoup sont dans des zones de non-droit, abandonnées depuis longtemps par les forces de police, sont utilisés par les islamiques pour prêcher des messages extrémistes. A cela s’ajoute l’enseignement privé musulman, qui, bien que contrôlé, peut constituer un danger. Souvenons-nous de l’affaire de ce courageux professeur du lycée Averroès relié a l’organisation UOIF de Lille, Soufiane Zitouni, qui a dénoncé en février les travers de son établissement, et le pli extrémiste qu’il prenait. Licencié, insulté, et poursuivi en justice, pour n’avoir dit que la triste vérité, il a malgré lui été au cœur d’un scandale. Pendant ce temps, le lycée poursuit sur le même chemin. Pour ma part, j’ai délibérément choisi de placer mes enfants nés musulmans, dans une école non-musulmane, laïque, française. Evidemment, la raison est simple: je suis pour une intégration totale. Même si l’école privée musulmane est supervisée, lorsque l’instructeur ferme la porte, personne ne sait ce qu’il se passe dans la salle de classe.

Nous sommes aujourd’hui dans une situation où les Frères musulmans en France occupent des postes clés dans de nombreux domaines. Ils ont contaminé la politique, gèrent notre alimentation, les écoles, les universités et autres. La distance entre notre présent et un futur dans lequel la situation sera irréversible n’est à mon avis pas si grande.

Lundi dernier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a réuni à Beauvau quelque 150 personnalités qui représentent l’islam de France, pour discuter de “la désunion dans le monde musulman français”. Nourriture halal, leadership, écoles, tout était au programme, à l’exception d’un sujet, qu’il fallait à tout prix éviter: le radicalisme. Non, on ne souhaite pas mettre le doigt sur les vrais maux, de peur qu’ils nous fassent mal.

Je veux que ma communauté soit unie, oui, mais pas autour de n’importe qui.

Financés par le Qatar, par des mécènes du Moyen-Orient, dirigés de loin par leur poumon égyptien, les Frères musulmans sont plus dangereux que ce que leur visage français ne laisse transparaître à travers UOIF. Ils sont la lie des musulmans, car leur violence est dissimulée derrière une vitrine de “modération”.

Comment, après ça, ne pas voir de lien entre les extrémistes, djihadistes ou autres, et ceux qui contrôlent notre communauté. Si ces dérives existent, c’est qu’il y a un problème en amont, la “tête” est souillée de l’intérieur.

Ces jeunes musulmans, perdus, sans filet, sont facilement manipulables, pour un investissement faible, ils produisent de bons rendements. Mais certains, en grandissant, réalisent que cette idéologie qui leur a été imposée ne les définit plus.
Farid Abdelkrim est un exemple de jeune qui a été “kidnappé” par l’islam radical dans sa jeunesse, avant de faire partie des cadres de l’UOIF et JMF (jeunesses musulmanes de France, qu’il a créé). Personnage axé sur l’éducation, tout ce qu’il voulait était d’éduquer la prochaine génération d’extrémistes islamiques en France. Cependant, après une période de plus de dix ans, il a décidé de rompre avec l’organisation pour des raisons idéologiques. Il croit encore à certaines valeurs, auxquelles je n’adhère pas, mais il a compris qu’il n’y a pas de solution à chercher dans les Frères musulmans. Il a à ce propos publié un livre dans lequel il condamne l’UOIF et ses penchants extrémistes, ou encore l’islam “vide de sens” véhiculé par la confrérie, intitulé “Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste”.

Autre exemple d’un musulman courageux qui a osé s’élever contre la doxa, Mohamed Louizi, l’ancien président de l’EMF LILLE (association des étudiants musulmans de France), dans le giron de l’UOIF. Il a également quitté ses fonctions et s’est fait le porte-parole de la lutte contre cet organisme.

Ayant pénétré en plein cœur de cette machine infernale, dont le but est d’anesthésier les esprits des jeunes délinquants, en les imprégnant de haine contre l’état français, l’occident, l’athéisme, ces soi-disant “ennemis de l’islam et du prophète”, ces hommes sont les meilleurs ambassadeurs du combat contre ces institutions contrôlées par l’UOIF.

Toutes ces activités de corruption, l’idéologie subversive de “supporter” de vivre aux côtés de ceux qu’ils nomment les infidèles français n’ont qu’un seul but, celui de devenir assez forts (physiquement et politiquement) pour “terminer la mission” et créer un Monde Islamique.

Cela ne se fera pas en un jour, mais finira pas arriver. Tant que les Frères musulmans auront la mainmise sur l’islam de France, nous serons des parias. Mon islam restera bafoué, craint, rejeté. Ce n’est pas moi, ce n’est pas nous.

Je suis peu pratiquant, mais l’islam coule dans mes veines, c’est ma religion, ma culture, ma tradition, et j’ai peur pour l’avenir de mes enfants. Peur qu’ils sombrent dans l’engrenage. Eux, et ma France avec…

Fares Karim

(nom emprunté), musulman de 34 ans vivant en France . Entrepreneur dans le domaine du commerce.
fareskar81@gmail.com

Print Friendly, PDF & Email

Les commentaires sont fermés.

Lire Aussi