Génocide arménien et déportation des juifs

Publié le 9 janvier 2012 - par - 801 vues
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La réaction de Mireille Kukawka à l’article de Lucette Jeanpierre est intéressante et instructive.

Mireille Kukawka affirme que Lucette Jeanpierre soulève « avec raison le problème de la pertinence d’une loi sur le génocide arménien ». Or, sauf erreur, L. Jeanpierre ne fait que se demander pourquoi le PS vote une loi qu’il considère comme stupide.
Elle le pense peut-être, mais ne le dit pas. Le lui faire dire ce que dit le PS, c’est une confusion qui révèle les sentiments de celle qui la fait.

Mireille Kukawka relève ensuite le passage suivant dans l’article de Lucette Jeanpierre :
« Le précédent , ce sont les excuses présentées par Jacques Chirac, au nom de la France, pour les crimes de Vichy. Discours indigne, comme si le régime de Vichy, qui avait renié les principes républicains, après la défaite militaire de notre pays, était encore celui d’une France souveraine. »
Passage que je comprends ainsi :
Il est indigne que J. Chirac présente les excuses de la France pour des actions faites alors que la France n’était pas souveraine.
Et je suis en total accord avec cette vision.

Mireille Kukawka rappelle que le Maréchal Pétain a reçu les pleins pouvoirs à 87,67%, d’une Assemblée dont elle omet de rappeler qu’elle était en majorité DE GAUCHE.
Une gauche pacifiste et anti-militariste, qui avait refusé de voter les crédits pour équiper l’armée française, pendant qu’on n’ignorait rien des manœuvres d’armement et de surarmement de l’Allemagne.
Une gauche munichoise qui s’est imaginé que les concessions à Hitler allaient le juguler. (« Les cons ! » Daladier)
Une gauche dans laquelle le parti communiste, allié sur ordre de Moscou, avec l’occupant depuis le traité de non agression germano-soviétique et la défaite de juin 1940 jusqu’à l’invasion de l’Urss en juin 41, avait joué un rôle important.

Cette gauche, clairement responsable de la défaite, n’a eu aucun scrupule à faire endosser l’intégralité de la responsabilité au Chef de l’État français, et n’en a jamais répondu, prenant au contraire la posture du Vertueux Résistant Chevalier Blanc du Bon et du Juste.

Mireille Kukawka précise que son «parcours politique m’a conduit toute ma vie à combattre les idées de Jacques Chirac, mais que je lui pardonne tout grâce à ce discours qui, à chaque fois que je le lis ou l’entends, m’émeut aux larmes… »

Je ne sais quel est le bord politique de Mireille Kukawka, mais, compte-tenu de la bipolarisation de la politique française, la probabilité pour qu’elle soit de gauche est forte.
Dans ce cas, pour une personne qui avance des rappels historiques, on peut noter une certaine incohérence, car logiquement, elle aurait du  tenir compte des faits…

Mais le plus intéressant est dans l’affirmation de la victoire de l’émotion : le discours par lequel Jacques Chirac engage la responsabilité de  la France, donc de tous les Français, même ayant combattu contre l’Occupant, même ayant perdu la vie, même ayant été déportés, même n’étant pas nés à l’époque, même étant nés aujourd’hui, par lequel il plonge des générations dans l’opprobre et l’infamie, c’est ce qui le dédouane de tout.

Au bénéfice de qui ?

Pour Mireille Kukawka, ce sont des paroles apaisantes, qui soulagent une douleur vive, … mais aussi soigneusement entretenue.

Pour nos enfants, c’est le rouleau compresseur de la repentance et des exigences qui en découlent, qui mettent toute notre civilisation dans un danger mortel.

L’autre élément du même rouleau compresseur, ce sont les organisations dites sans scrupule « anti-racistes », et qui pourchassent depuis des décennies tous ceux que le fait d’être blancs et chrétiens ou d’origine chrétienne désigne à la vindicte d’auto-désignés anti-racistes, en vérité plus racistes que quiconque par les idéologies inégalitaires auxquelles ils déclarent appartenir.

Les lois mémorielles et la judiciarisation d’un prétendu racisme des Français sont les codes de la Police de la Pensée dont les organisations anti-racistes sont l’instrument.
Par cynisme par les uns, par émotivité irrationnelle pour les autres, par aveuglement béat pour les derniers, par combinaison des trois, ceux qui ont œuvré au développement de cette machine de guerre contre la Liberté sont responsables de la prise du pouvoir par une idéologie anti-démocratique dont ils se plaignent, car ils sont touchés.

Depuis des années, ils s’activent, occupés exclusivement de leur intérêt personnel ou de celui de leur groupe, indifférents à celui des autres, incapables de faire le lien entre des événements éloignés en apparence.

Oui, le génocide des Arméniens ne s’est pas passé en France.  Oui, les Arméniens ne sont que des chrétiens, pas de quoi s’émouvoir. Et pas très futés, a dit Claude Sarraute.
Mais un pays qui a commis ce génocide, qui a réussi a exterminer d’une façon ou d’une autre la totalité de sa population initialement chrétienne, veut entrer dans l’Union Européenne, où il détient déjà de très fortes communautés, auxquelles il enjoint de ne pas s’intégrer, afin de ne pas commettre un « génocide culturel ».

Comment ne pas voir que cette loi mémorielle-ci contrebalance celle-là ?

Mireille Kukawka correspond parfaitement à ceux dont Bossuet disait :
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes. »

Je suis fatiguée de l’empathie à sens unique.

Nadia Furlan

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