Genre : bien qu’ennemi de l’islam, j’approuve le rapprochement musulmans-catholiques

Publié le 14 mars 2014 - par - 1 332 vues
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[youtube]622b2VqG1uk[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=622b2VqG1uk

Plusieurs personnes m’ont demandé mon avis, et en tout dernier lieu mon ami Pierre Cassen, au sujet de la convergence de catholiques et musulmans dans la résistance à la théorie du « gender ». Au risque de décevoir ceux qui m’imaginent comme un ennemi acharné des musulmans, ce que je ne suis pas, ne l’étant que de l’islam, je soutiens entièrement la convergence constituée par Farida Belghoul et Alain Escada dans la lutte contre l’enseignement du « gender ». En l’occurrence, pour lutter contre cette perversion de la sexualité, et donc de l’humanité, qu’est cette abominable théorie, être musulman, athée, laïciste ou n’importe quoi d’autre, n’importe pas, puisqu’il s’agit d’une question relevant de l’ordre naturel, auquel nous participons tous, au titre de notre commune nature humaine, et que cette perversion est si profonde qu’elle se situe bien loin en deçà des éventuelles distorsions qu’infligent à leur vision de la nature humaine ces différentes appartenances philosophiques ou religieuses.

Ma profession de foi catholique m’oblige à travailler au vrai bien des personnes, de toute la personne et de toute personne, y compris de mes ennemis (Mt 5.44), et comment le pourrais-je sans commencer par reconnaître ce qu’il y a de bon en chacun, tout ennemi qu’il soit par ailleurs ? Exclure ipso facto les musulmans parce que musulmans de toute entreprise commune n’offre pas de solution au problème qu’ils posent en tant que musulmans, mais ne sert qu’à les enfermer dans le statut victimaire, qu’ils revendiquent si bien. Avant d’être musulmans, ce sont des êtres humains qui, en tant que tels, sont capables de s’ouvrir à la vérité et à l’amour, si bien cachés par l’islam (Coran 60.4). Je crois que cette action commune est au contraire une occasion de montrer aux musulmans que nous ne les haïssons pas du fait que nous haïssons l’islam, qu’il y a donc autre chose que l’islam et le kufr (l’impiété) : la nature humaine, créée bonne, qu’il convient de respecter en tant que telle, ce qui est donc déjà pour eux accepter une hérésie… et lutter efficacement contre l’islam. Par le partage d’un même combat, leur donner l’occasion de reconnaître et honorer celui qui pour eux n’est « qu’impureté » (Coran 9.28), est déjà beaucoup. C’est une grâce qui ne doit pas leur être refusée. Quoi de pire en effet pour eux que de rester en vase clos dans leur pré-carré conquis à mijoter l’assurance d’être « la meilleure communauté » (Coran 3.110) ? Je sais bien que certains d’entre eux prétendent utiliser cette convergence pour se donner un moyen au service de leur projet d’islamisation, mais j’espère qu’au contraire, le contact avec des chrétiens mettra à mal leur asservissement à l’islam, pour peu que ces derniers s’y montrent cohérents par l’explicitation des limites et raisons de leur coopération.

marchandpagesJe déplore que nombre de mes amis, notamment à Riposte laïque, si bien inspirés et méritants pourtant de lutter contre l’islam, ne semblent pas comprendre la distinction à toujours sauvegarder entre islam et musulman. Oublier cette distinction ne peut pas nous faire aimer des musulmans, qui sont avant tout des hommes et nos frères en humanité, et ne semble pas offrir d’autre alternative qu’une guerre à mort. Il nous faut toujours vouloir non la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et vive (Ez 33.11) ! Le bien que je vise est non seulement celui de chaque personne par sa conversion au Christ, mais aussi, et en conséquence, la paix sociale. L’amour des ennemis commandé par Notre Seigneur Jésus-Christ ne demande certes pas d’aimer leurs péchés ou leurs erreurs, mais de les conduire à la communion avec nous (1 Jn 1.3), pour autant que possible. Et comment y arriverions-nous si nous les enfermions dans leur statut d’ « ennemis » ?

Dans le différent qui m’oppose ici à nombre d’amis de Riposte laïque me demandant de choisir entre la lutte contre la déconstruction socialiste ou celle contre notre islamisation programmée, comment ne verrais-je pas la supériorité donnée à notre combat commun contre cette dernière, la reconnaissance de l’Amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus, qui seul nous fait échapper à l’engrenage mortifère de la haine divisant sans fin l’humanité entre bons et méchants ? En effet, pour le chrétien, au-delà de la méchanceté et de la bonté des hommes, il y a l’Amour inconditionnel de Dieu, qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5.45)… C’est cette foi universelle, catholique, qui a permis à la France de rayonner dans le monde, d’être « éducatrice des peuples » (Jean-Paul II, Le Bourget, 1980). N’est-ce pas en la retrouvant qu’elle pourra résoudre ses actuels problèmes, à elle précisément venus pour prix de son apostasie ?

Mais à ce sujet, comment ne pas déplorer que ce ne soit justement pas l’Église qui ait eu l’initiative de cette si belle entreprise de résistance, mais en apparaisse au contraire comme aux antipodes avec notamment l’invitation par son Conseil Famille et Société de la militante pro-avortement et adepte de la théorie du « gender », Fabienne Brugère[1] ? Y a-t-il vraiment lieu de se mettre religieusement à l’école d’un tel personnage ? Il faut dire que le président du dit Conseil avait déjà fait valoir que puisque la loi du « mariage » des paires avait été votée, celle-ci devenait légitime pour les catholiques[2]

Bref, je me réjouis donc beaucoup de cette convergence des catholiques et des musulmans sur la réponse à apporter à cette abomination sans nom qu’est la théorie du « gender », et j’espère que tous les parents ayant des enfants en âge scolaire se joindront aux JRE[3], auxquels j’avais moi-même déjà appelé dès 2011[4]

Abbé Guy Pagès

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